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je m'appelle jennifer leroi veuve française âgé de 66ans. n'ayant aucun héritier, depuis la mort de mon époux,
Par jenniferleroi, le 16.02.2018
je sais pas qui tu es pour juger un voyage où tu étais pas, mais cette histoire n'est pas une découverte de la
Par moi même, le 14.08.2017
tu es insupportables à lire ; il manque beaucoup de ponctuation ...de plus tu es comme beaucoup de jeunots qui
Par Cave Jacky, le 05.08.2017
t'as l'air de mieux t'y connaitre que moi en costard. tu peux faire ce que tu veux, broder des trucs, avoir de
Par ulysserepart, le 05.09.2012
euh excuse mois , tu dis faux , mais ou crois tu que les ''grandes marques '' se procure leur costard a 600 €
Par Akli, le 05.09.2012
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Date de création : 18.07.2010
Dernière mise à jour :
12.07.2011
87 articles
Siem Reap est connu pour les temples d'Angkor mais mérite d'y passer du temps juste pour sa ville et ses alentours. C'est une représentation de l'Asie en elle même. C'est du moins ce que je ressens ce dernier matin à l'aube quand je traverse la ville pour me rendre à l'embarcadère pour prendre un bateau qui remontera la rivière et un immense lac pendant prêt de 8h. Là encore je vois le peuple de l'eau. Ils vivent dans des bateaux, des jonques, des maison sur l'eau. Ils se lavent les dents en se gargarisant de l'eau du fleuve dans laquelle je ne me laverai même pas les mains de peur de les salir. La pauvreté une nouvelle fois, mais tout le monde ici vit ainsi et ça n'y paraît pas.
La traversée est longue, 6 heures et le bateau étroit. Plus qu'un lac, un océan; Le début de la traversée nous permet de voir des villages sur l'eau de temps en temps, des hameaux flottants où les habitant semblent attendre le temps qui passe. Pourtant pour vivre ici, se ravitailler, cuisiner, pêcher, je suis sûr qu'il faut une journée de travail harassante et que malgré la tranquilité apparente il n'y a jamais de journée de vacances, sauf pour nous qui faisons les touristes de luxe dans un bateau de fortune.
Une fois un peu plus au large, on sillone des bras de rivières aux allures sauvages ou de vastes étendues d'eau qui s'étendent comme à l'infini. Je suis content d'arriver à Battambang après tout ce temps assis sur des sièges en bois.
Une fois arrivé, les mobylettes entament leur balet pour nous emmener dans leurs hotels (et non hostel). Je décline tout, préférant les auberges qui sont d'habitude moins chères et où on croise d'autres voyageurs. Mais en vain toutes les mobylettes partirent et je restais seul comme un imbécile. Je vais vers un mini van qui attend et le chauffeur me demande où je vais, je lui dis n'importe quel hôtel pas cher et il me dit qu'il attend deux autres personnes et on y va. De toutes façon c'est pas le temps qui me manque puisque j'ai rien à faire. Une demi heure plus tard, je prends place dans une chambre pour moi tout seul avec deux ou trois lits pour le prix d'un dortoir dans une auberge. C'est le luxe pour moins de 5 euros et encore on pourrait y dormir à plusieurs.
Le soir pour manger je fais les rues de la villes qui sont plutôt dépourvues de tout restaurant. Je m'attarde devant un au nom évocateur, le khmer délice, pour regarder le menu.
Une femme me dit que je peux faire confiance à la carte et que c'est très bon. Cette grande blonde avec son foulard sur la tête est en train de discuter avec un ami, un homme aux cheveux grisonnants. On se présente tandis qu'ils m'invitent à leur table. Elle c'est Julia, de suède et lui c'est Philippe du Québec. Ils se sont rencontrés il y a quelques jours. On discute un peu en attendant de se faire servir et je dis que suis venu pour faire du bamboo train, une des spécialités du coin qui est un train en bambou fait d'un essieu, d'un petit moteur et recouvert d'une latte en bambou qu'on monte et démonte en fonction du trafic ou quand on croise un train. Le seul endroit où on en trouve au Cambodge. Julia est séduite de l'idée et veut aussi en faire, Philippe n'est pas trop tenté et c'est ainsi que je passe la journée du lendemain avec Julia à jouer aux aventuriers sur nos minuscules train en bambou qui ressemble à un train de la mine d'une aventure d'Indiana Jones.
On croise plusieurs autres train en bambou, et le moins chargé se démonte pour laisser passer l'autre. On croise toujours celui avec une motorbike dessus ou tout un chargement de je ne sais quoi. Donc on s'enlève de nous même à chaque fois.
Julia m'explique qu'elle vient de travailler dans un orphelinat un mois et que ça a changé sa vie. Elle veut quitter sa vie superficielle en Suède pour retourner s'investir auprès des enfants du Cambodge. Comme de nombreuses nanas qui traversent l'Asie !!
Finalement après avoir fait une halte dans un petit village (plus histoire de faire marcher leur petit commerce que de le visiter), on reprend le chemin inverse. Notre chauffeur est un gamin, comme tous les chauffeurs de bamboo trains. Le manque de législation sur le travail permet à tout à chacun de gagner sa vie. J'en profite pour prendre les commandes quelques instants. Enfin plus que les commandes, c'est la pause que je prends
Quand on arrive à notre point de départ, notre chauffeur nous attend. Ce chauffeur est l'ami de Julia et on peut dire que c'est un gars qui se plierait en 4 pour elle et qui nous offre le service le plus honnête qu'il soit et jamais avare de bons plans pour nous. Il a toujours un sourire pour nous, d'une sympathie à toute épreuve alors qu'il bosse comme un dingue pour faire vivre sa famille. Ils ont tellement sympathisé au cours des jours passés que Julia ne traite qu'avec lui et le paye plus que de raison. Pour le remercier Julia l'invite demain à manger avec nous au restaurant. Ce voyage n'a pas fini de la transformer.
Je reste 3 jours sur la ville, elle est juste agréable pour pouvoir s'y reposer un peu. Il fait un peu chaud et je mets le ventilo à fond, vitesse 5, histoire d'avoir un peu d'air frais. Cette ville sera ma dernière étape cambodgienne et se dire qu'on a réussi à traverser un nouveau pays rassure tout le temps et on se remémore les bons souvenirs. Je prévois de partir le lendemain et Julia qui elle aussi s'en va me proposer de prendre le même bus qu'elle. Allez, je vais au bureau des bus et prends mon billet pour quitter le pays. Le lendemain matin en mettant mon tshirt alors que je regardais à TV5 à quelle heure était le dernier match des 6 nations, je lève le bras pour enfiler ma manche et soudain une vive douleur me saisi et je plonge à terre me tenant les doigts de la main. Je venais de mettre mes doigts et précisemment le majeur de ma main gauche dans le ventilateur du plafond qui était bien bas et qui tournait à pleine vitesse.
Vu le choc, j'ose à peine regarder, espérant qu'il n'y ait qu'un bleu sachant qu'au pire mon doigt est sûrement gravement sectionné. Je regarde... Ca ne saigne pas encore et je peux donc voir que l'entaille est bien profonde. C'est bien ma veine, surtout ici où tout peux s'infecter. Le sang commence à couler mais la vue de l'entaille me donne presque la nausée. Je me sens comme faible, l'œil à deux doigts de tourner. En fait je suis juste dégouté qu'un accident arrive dans un endroit où je sais pas vraiment comment soigner ça. En tout cas l'entaille est grave. Je descends à la réception pour demander où se trouve la clinique la plus proche. Je montre mon doigt. Le réceptionniste appelle un gars qui travaille comme aide soignant dans un camps de réfugiés. Il regarde mon doigt et me dit qu'il y a pas de clinique et que ça sert à rien de toutes façon d'y aller pour ça. On va aller à la pharmacie, nettoyer la plaie et panser le tout. Quoi c'est tout !! Pour moi il faudrait recoudre. Mais éviter ce genre d'acte médical me rassure aussi. Il me nettoie la plaie et me bande le doigt avec précaution; Il me dit que c'est pas grave. Bien entendu que c'est pas grave, c'est juste un doigt qui saigne, lui qui travaille avec des réfugiés qui doivent être bien plus mutilés ou blessés que je ne le suis. De quoi je me plains ? Pour lui tout est relatif. Il me dit de changer le pansement tous les jours. Plus qu'à espérer que les chairs ne se colleront pas dans la gaze et que ça cicatrise au plus vite. Le doigt bandé, je pars au restaurant où Julia m'avait proposé de manger ensemble avec une amie à elle, avant de partir pour la Thailande.
On se régale une nouvelle fois et je fais connaissance de deux autres français, la 50aine dont un qui me propose de me filer un tube d'antibiotique en crème pour quand je changerai mon pansement. Pour lui c'est la chose indispensable à avoir quand on voyage pour toutes les plaies qu'on se fait et qui deviennent vite des nids à microbes quand on marche dans la jungle ou dans des endroits insalubres. Quand il m'a vu avec Julia et qu'on lui a dit qu'on partait dans l'après midi pour la Thaïlande et qu'on allait voyagé ensemble, je l'ai vu sourire et tandis que je l'accompagnais à son hôtel pour récupérer ses antibiotiques, il me parlait de ses aventures de voyages. Une fois mon acte médical fait, je rejoins Julia et son amie de Julia qu'elle a rencontrée à l'orphelinat. Elle c'est Dee ou Adi, une jeune australienne avec qui elles sont devenues les meilleures amies du monde et qui a une pêche pas possible. De ses histoires en anglais je comprends qu'elle est amoureuse d'un cambodgien qui vit dans une autre ville et avec qui elle semble avoir trouvé le vrai bonheur et qu'un autre n'arrête pas de la suivre et qu'elle tente desespérement d'éviter. Je les laisse à leur discussion et part boucler mon sac. Quelques heures plus tard, je partais pour la thaïlande sur une nouvelle route de terre défoncée avec une grande suédoise à mes côtés. Elle aurait pu être sauteuse en hauteur si elle aurait voulu.
Dans le bus, monte un jeune homme métissé. Il est d'origine guadeloupéene. On s'échange qques mots et me dit qu'il doit partir coute que coute aujourd'hui du pays car son visa expire là. Moi j'ai moins de stress, étant arrivé au début du mois, il me reste jusqu'au dernier jour du mois et là on est juste le 28. La frontière arrive, une espèce de gigantesque porte qui sépare deux mondes. Le riche du pauvre.
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Une frontière qui doit être bien dure à passer quand on est cambodgien. On descend du bus pour traverser ce no man's land à pieds. Bangkok n'est plus qu'à quelques encablures d'ici. La Thaïlande et ses souvenirs où j'étais arrivé il y a longtemps pour mon premier voyage asiatique. Dans quelques mètres j'y serai de nouveau cette fois en y arrivant à pieds et des souvenirs d'Asie déjà plein la tête.
On avait rendez vous avec les filles à 5h et elles ne se pointent pas. Je pars les chercher, toquer à leur porte, leur sommeil doit d'être d'une grande lourdeur.
Alors je pars seul, je saute dans un mototaxi et pars vers ces splendeurs.
C'est comme dans les photos, des ruines avec des centaines de bouddhas, l'histoire khmers écrite sur les bas et hauts reliefs des temples, des temples qui s'étendent sur des kilomètres carrés. Majestueux.
On pourrait n'y voir que des pierres, mais ça fait partie du patrimoine mondial de l'humanité. C'est tellement grand qu'il faut 3 bons jours pour tout voir. Les temples sont éparpillés dans les environs sur des dizaines de kilomètres. L'entrée pour les 3j coûte 40 dollars, ce qui est cher je trouve maisce lieu est juste l'ancienne capitale du Cambodge qui nous fait voir les restes de son ancienne puissance et est le plus grand monument religieux du monde. Il fait 1000km² et abritait 750 000hbts... Je profite du lever de soleil sur le temple principal, Angkor Vat. Cette fois on est dans les clichés bien connu et des centaines de touristes éparpillés dans les jardins, appareils photo en main, photographient les teintes rosées qui illuminent les tours du temples.
Toute l'histoire de ces temples sont écrits sur les bas reliefs qui composent le palais principal. Ceux qui savent décrypter les sculptures ou qui ont pris un guide peuvent se plonger dans l'histoire de l'empire khmer, du royaume des Chams et du roi Jayavarman.
Les temples d'Angkor sont composés de plusieurs dizaines de temples chacun ayant sa représentation religieuse ou historique. Pour tout dire. L'un des plus beaux est le Bayon qui est dédié au Buddha dont le visage est représenté partout sur toutes les faces des tours.
Mais le temple le plus pittoresque est le Ta Prohm. Il est connu car la Nature y a repris ses droits et les pierres se mêlent aux racines et aux arbres et qui lui donne un air de cité perdues au milieu de la jungle.
L'après midi je vais en visiter plus loin, mais j'y vais en vélo. Je roule bien 10km, mais arrive dans des petits temples isolés où peu de touristes viennent.
Ils viennent mais en petit comité. Au loin un groupe de musique fait retentir des mélodies khmers. Ce sont des mutilés des mines qui font une sorte de quête pour eux. La musique est cristalline et transporte qui veut bien l'écouter.
Ces temples aussi beaux soient ils, ne me plairont jamais plus que les gens qui vivent dans ce pays. Ils en sont la véritable splendeur !!

Sur cette carte, tout le parcous fait au Cambodge et tout à l'Est, la route qui va à Banlung, capitale et sans doute seule grande ville du Ratanakiri, est celle qu'on a faite en motorbikes en ne prenant que les petits sentiers vu qu'il n'y a aucune route.
On reste 3 jours sur Ratanakiri, à jouer au chat et à la souris. On rencontre un espagnol qui tombe amoureux de Anneleen et avec qui on part à un lac en vélo non loin de là. Une longue balade récompensée par la quiétude d'un lac où Sergio et Anneleen vont nager et moi et Veerle on reste à se dorer la pillule mais à l'ombre et passons notre temps à lire et à dormir.
En fin d'après midi on se rejoint tous, on prend un dernier bain et tandis que deux américains se font un concours de plongeon d'un petit ponton, on se rentre tranquillement au village pour rendre les vélos avant la nuit.
Une bonne dizaine de kilomètres que l'on avale le temps d'un soleil couchant.
Le soir on mange dans un petit restau bien sympa, le même chaque jour où on mange assis par terre sur des lattes en osier et où un soir je revois une tête qui m'est familière, Fabian, un jeune allemand qui lorsqu'on était à Yangshuo (Chine) avait racheté la moto de Joeri pour partir au Vietnam accompagné d'un canadien. On se remémore les souvenirs et il me dit qu'il n'a pas pu passer la frontière et qu'il a revendu sa moto peu après. Demain il part avec ses nouveaux amis faire 4 jours de randonnée. Je lui dis au revoir cette fois car je ne serais plus là à son retour.
Agréable moment dans cette région plus sauvage et naturelle qu'urbanisée. La bonne compagnie aide aussi.
Pour notre dernier jour ensemble on se prévoit un road trip en motorbike pour visiter les villages reculés de la région et les peuples qui y vivent. On se loue 2 motorbikes pour 4 et on se lance sur les routes cabossées du nord est du Cambodge. Les filles ne sont pas trop rassurées par ces chemins qui ressemblent à du hors piste, Sergio ne laisse rien paraître et emmène Anneleen et moi qui suis venu en Motorbike avec Mister Mot et mon expérience d'avoir traversé le nord du Vietnam me donne l'assurance d'emmener Veerle et même de lui laisser les commandes de temps en temps.
Et on roule pendant deux bonnes heures dans ces chemins de terre et de poussière avant de s'arrêter dans un petit village peuplé de femmes auprès desquelles on achète quelques denrées pour la journée. On sympathise très rapidement et on s'étonne de l'apparent bonheur qui règne dans ce village de maisons sur pilotis où il ne se passe rien.
Sur la route deux autres motorbikes s'arrêtent pour une rapide halte. Leur motorbike est rempli de bric à brac qui occupe un bon mètre cube.
L'équivalent du transporteur local. Ils doivent être de vrais funambules pour livrer tous leurs articles sans tomber et sans rien perdre sur la route.
On continue notre route jusqu'au fleuve qu'on décide de traverser. C'est là qu'on voit les vrais asiatiques, ceux pour qui la motorbikes est le prolongement d'eux même. Pour atteindre le fleuve il faut descendre une grosse pente en terre qui déboule sur l'eau, ensuite sans voir où on met les roues ni la profondeur, il faut traverser une vingtaine de mètres juqu'à un banc de sable où attend un bateau dans lequel il faut embarquer la moto en passant par une planche puis la parquer où on peut. Avant de s'élancer on observe la trajectoire de nos prédecesseurs qui connaissent les pièges de ces eaux sombres.
Les filles décident d'y aller à pieds et moi et sergio on jouent aux acrobates jusqu'au bateau, non sans mettre plein gaz dans le fleuve pour ne pas rester enlisés comme des cons. Et on y parvint, non sans gloire, même si tous les petits vieux ou jeunes qui nous entourent y sont aussi arrivés sans encombres. Mais pour nous c'était le Paris Dakar.
Une fois de l'autre côté, c'est un autre monde là où on sent que peut de touristes ont leur place. On nous dévisage un peu plus et le temps de se rassembler, on continue notre chemin dans l'arrière pays d'un pays déjà arriéré (géographiquement nullement culturellement). On se laisse guider par les sons d'une fête, mais on ignore le thème de la fête qui fait venir plein de gens du village et qui peut aussi bien être un enterrement qu'un mariage vu qu'il se peut que les deux soient une fête. On nous regarde et on se ravise d'y faire un tour. On continue notre tour pendant une petite heure sur ces chemins d'un autre temps, le temps de voir toutes ces maisons en bois avec quelques poules, quelques coin de culture et plusieurs générations qui vivent sous le même toit. Faut dire que les hospices, les crèches ou les écoles ne font pas foison dans le coin. La famille est le vrai pilier de ces gens et même si les jeunes parfois tentent leur chance dans d'autres grandes villes, ils reviennent toujours pour prendre soin des leurs et ramener l'argent qui leur manque dans ces campagnes. Ici l'Homme fait partie de la Nature, point de gaz ou d'électricité, la vie à l'ancienne pour toutes ces communautés et cette apparente harmonie donne cette impression de bonheur simple. Le genre de retraite parfaite pour se vider l'esprit, mais quant à y passer sa vie... On décide de repartir et de retraverser le fleuve. Cette fois non sans mal. Sur de mon coup je ne retire pas mes chaussure pour au cas où je calerais, non je fonce chaussure aux pieds et en plein milieu du fleuve je croise une moto qui me force à dévier ma trajectoire et je me prends des cailloux et je dois mettre pieds à terre enfin sous l'eau et pousser la moto sur les derniers mètres, de l'eau jusqu'à mi mollet pour mon plus grand plaisir. Ma seule paire de chaussure, celle qui fait tout, soirée, visite, ville ou aventure qui dégoulinent d'eau sale.
On refait le chemin à l'envers, on sait qu'on en a pour deux bonnes heures et surtout notre jauge de carburant s'alarme à vue d'oeil. On espère trouver une borne, enfin une maison avec une pompe artisanale pour nous mettre quelques litres. On en trouve une à un prix qui nous plait pas, on continue non sans feindre la panne sèche sur plusieurs kilomètres, on affole des chiens en s'approchant d'une autre maison qui nous indique une autre maison qui pourra nous dépanner et cette fois on paie ce qu'on nous demande. Sergio lui nous dit qu'il lui reste encore un quart de réservoir alors qu'on a fait le plein ensemble !! Bizarre. Il décide de continuer sans se ravitailler préférant attendre la ville et ses prix du marché (ah ces économies de quelques centimes). Notre moto rassasiée on poursuit notre route, faisant la course avec la nuit qui commence à tomber et vue la route cabossée, les trous, le sable etc... on préfère avancer sans attendre. On dérape de temps en temps et tente de rassuré Veerle de la conduite la plus souple possible. Dans notre rétro juste la lueur des autres motorbikes et devant on croise parfois des motos qu'on distingue à la dernière seconde ou du moins leur chargement qui dépasse (comme des tuyaux ou des barres de fer) qui manque de nous toucher. La chute guette et c'est à la lueur des phares qu'on navigue sur ces chemins de sable et de terre.
On sort enfin du sentier et retrouvons le bitume. On pipe pas un mot, pressé d'en finir. On arrive enfin à l'entrée de Ratanakiri: Mission completed. On s'arrête pour attendre Anneleen et Sergio qu'on pensait être juste derrière et on attend ainsi dix bonnes minutes... On se demande ce qui se passe, sont ils en panne d'essence, sont ils tombés ? Après une longue attente les voilà enfin. Anneleen et Sergio ont eu un accident tandis qu'on les attendait à la nuit tombée. Ils ont été percuté par le chargement d'une autre motorbike mais plus de peur que de mal.
Une fois ensemble, on apprécie enfin le retour en sillonant la ville sur nos belles mécaniques.
Pour fêter notre aventure on va manger une dernière fois à notre restaurant préféré, avec des plats locaux et de grandes bières pour nous tenir compagnie. En sortant on entend de la musique qui semble battre son plein dans le village. Une fête ?? On sese laisse guider par la musique jusqu'à une maison où on célèbre un anniversaire. En tout cas ils ont mis le paquet. Grosse sono, bières à volonté... on nous fait signe d'entrer mais on n'ose pas déranger. Leur enthousiasme finit de nous convaincre et on entre dans la fête. On nous met d'entrée des bières dans la main et on nous présente à la famille. C'est l'anniversaire d'une jeune fille et toute la famille est là, c'est à dire une cinquantaine de personne. On nous fait entrer dans la maison et on nous présente à la grand mère ce qui doit être un honneur je pense, on nous montre le temple aux divinités qui est dans le salon et chaque personne que l'on croise nous gratifie d'un magnifique sourire. On retourne dans la cours où la fête bat son plein au rythme d'une musique des plus bruyantes. On nous prend par les mains et on nous fait danser. L'oncle de la fille tient à danser avec moi (le genre de danse de couple) et ne me lâche pas d'un pas. Coutume locale ou coup de foudre, en tout cas ça fait bien marrer Veerle qui me fait signe que j'ai un ticket avec lui !!
On nous demande si on a faim, on dit que non, par contre on ne peut pas refuser les bières qu'on nous offre pour trinquer. On se sent un peu gêné d'être venu les mains vides mais pouvait on savoir ?? Finalement au bout d'une bonne demi heure à danser avec eux je dis que je vais rentrer, je suis claqué (et j'en ai marre de danser avec l'oncle ;-). Les autres me suivront peu après. On reste bluffé de cet accueil inopiné et du plaisir qu'ils avaient à nous faire partager la fête comme si on avait été le plus beau cadeau de leur fille... Alors qu'on a fait que les aider à finir leur bière et danser un peu. Mais ça devait être le genre de situation qui n'arrivent jamais pour eux, faire la fête avec des gens de l'autre bout du monde. Ce fut une soirée spéciale pour tous, le dernier soir entre nous aussi et tous les soirs avec Veerle furent des casse têtes chinois à la limite de ne pas se parler parfois voir de se faire la tête imperceptiblement. Alors pour ce dernier instant avec cette fille croisée dans le bus de Sihanoukville, alors que Sergio et Anneleen nous ont quitté (après que Sergio se soit pris son rateau) et qu'on est juste tous les deux arpentant les allées de l'hostel on décide juste de se dire au revoir dans le couloir comme deux amis et on se prend cette fois dans les bras pour se souhaiter un bon voyage. On discute un peu mais sur le banc qui est à quelques mètres de ma chambre et juste devant l'escalier qui mène à la sienne. Puis elle s'en va, me demandant si je dois la retenir ou la laisser partir. Alors je la regarde s'éloigner avec l'envie à chacun de ses pas de lui dire "Non attends, reviens..." Mais ça marche que dans les films et c'est sûrement mieux ainsi. Je ne la reverrai plus. Elle sera l'une des plus belles rencontres de mon voyage, mais l'histoire aurait elle pu être autrement ? Quelques mois plus tard, elle m'écrira pour me dire qu'elle part avec sa petite amie avec laquelle elle s'est remise pour traverser la Thailande mais que ce voyage ne sera pas pareil. Elle finit par ce mot qu'on se disait toujours le fameux "Maybe" (voulant dire peut être) qui ponctuait nombre de nos phrases quand on se taquinait et elle me dit, "maybe I miss you" (peut être que tu me manques). Maybe I miss you too !!
Le lendemain, je pars pour Siem Reap et les temples d'Angkor par le bus de 6h00 du matin. L'aube pour moi mais déja la ville est en pleine effervescence.
Dans le bus je croise deux suisses qui étaient avec nous dans l'hostel. Lors des 4h d'attente pour changer de bus, on joue aux cartes en discutant avec les gérants du petit restau où on attend juste tous les 3. Puis quand le bus arrive avec une paire de français qui raconte leurs facéties croyant que personne ne les comprends, me faisant presque honte d'être français car il se plaignaient de tout, des prix, des gens, d'une manière amusante mais qui fit tout de même dire aux deux suisses "tu comprends pourquoi on se moque des français !"
Puis dans la nuit on arrive à destination. Elles ont une amie canadienne à rejoindre dans un hostel, il est un peu cher alors je poursuis la route pour trouver un matelas sur des planches de bois et sous une moustiquaire pour 2 dollars (1,4 euros). Le tout bien sûr dans la cours d'une auberge. De toutes façons de quoi ai je besoin de plus. Je cale mes affaires et m'endors pour une courte nuit. Demain je pars à l'aube visiter les légendaires temples d'Angkor.
On était sensé partir à des heures différentes, ne pas sensé se croiser et rester sur la magie d'un soir. Mais l'envers du matin vint à pointer. En me levant je les entends dans leur chambre. Elles ne sont pas encore parties, mais il ne me reste qu'à descendre, payer et aller dans la rue, devant la boutique où j'ai acheté mon billet de bus. Je finis de me préparer. Quand je descends dans le hall elles sont là assises sur le banc. Pendant la nuit, la muraille de Chine a du se fortifier ou bien organiser une journée porte ouverte. J'ai 5 minutes à passer dans ce hall pour savoir de quel côté du mur je suis. Alors quand je la vois assise à côté de son amie, je parle pour rien dire, vais payer, m'invente des actions pour ne pas affronter la situation, notamment celle de lui dire bonjour. Depuis qu'on s'est croisé, il n'y a pas eu les sourires habituels. On fait l'air de rien mais la gêne est des deux côtés. Peut être aurait il juste fallu que l'un de nous face le deuxième pas. Leur bus arrive, elles partent dans la rue. On se dit au revoir de loin. Si rien ne s'était passé on se serait au moins serrer dans les bras en se souhaitant plein de choses. Mais là rien, un au revoir maladroit, froid. Damned it !!Elles sont encore dans la rue, je pourrais les rattraper et sauver un peu la situation ou risquer de l'enfoncer un peu plus, alors rien, je reste planté là. Je pars en cogitant un long moment, attendre devant ma boutique où un mini van viendra me chercher pour m'emmener à un gros bus qui partira vers l'est, vers ce qu'on appelle la Suisse locale due à ses collines boisées. La ville et la province de Mondolkiri. Pendant que j'attends, les occupants d'une voiture me salue avec de grands signes. Le hasard a voulu que ce soit la joyeuse bande de la mangrove, Manu le prêtre, Mister Noi le guide et leur pote Tarzan qui venaient de passer quelques jours dans la capitale et qui repartent. J'avais envie de dire à Mister Noi "Merci pour le jour de retard dans la mangrove, j'ai rencontré une fille géniale grâce à toi", mais la voiture m'a déjà dépassé. Dix minutes plus tard un gars me demande si je vais à Mondolkiri, je dis oui, il me dit que le van m'attend un peu plus loin et qu'on part rejoindre le bus. On est un peu à la bourre alors je cours dans la petite boutique où j'avais commander un plat à emporter pour le récupérer et pars rejoindre le van puis le bus, simple mais où on a l'impression de voyager en VIP.
Je fais la boucle vers l'est pour finir dans les temples d'Angkor dans le nord. Les filles de leur côté, partent vers le nord pour atteindre le Laos par l'est. Si nos plannings sont respectés, on devrait se recroiser dans la ville du Nord Est, à Ratanakiri, dans 3 jours. On aura donc l'occasion de se redire au revoir.
La route est longue et presque hors des sentiers battus. Chemins de terre, arrêts au milieu de nulle part, je me demande encore pourquoi je pars là bas si ce n'est pour la nature prisée par les amateurs d'aventure et d'authenticité.
Aventure car il n'y a pas de route pour y aller. Que du sentier et pour certaines liasons, seule une moto et un conducteur émérite peut s'y engager. Notre bus, s'improvise en tout terrain et avant d'arriver sur Mondolkiri, il prend un chemin que je n'aurais pas même tenter en voiture. Mais on passe, dans un virage en épingle à fort degré de montée sur du sable ou du déblais. Route habituelle pour le chauffeur. Ils ont l'air de construire un pont et on doit contourner le chantier en passant par le chantier puisqu'il n'y a qu'une route.
Arrivés au village, l'attroupement habituel des motorbikes qui veulent se faire une commission en nous emmenant à leur hostel, entoure le bus. Je trace loin du bus, le temps de réfléchir mais une motorbike isolée m'accoste.
C'est Mister Mot, un gars dynamique qui me propose tout en 10 secondes chrono. Hostel, tour dans la forêt, et même d'aller à Ratanakiri avec sa moto car il m'apprend qu'aucun bus n'y va, sauf en faisant un détour et en faisant demi tour pour passer par le centre du pays. Finalement je sais pas où aller, alors comme il m'est sympathique je le laisse me conduire à un hostel pas cher. Là bas je retrouve une jeune cambodgienne avec qui j'avais échangé quelques regards lors d'un de nos arrêts dans une station service au milieu de nulle part. J'ai une grande chambre avec ma douche pour 3 dollars. Cette fille que je croise et avec qui je tape un peu la discute, à un truc à me montrer, comme des photos je crois, qui sont dans sa chambre. C'en est presque cliché, mais j'y vais quand même. Elle me pose plein de questions sur moi, ma famille. Me fais je des idées. On a le même âge, célibataire et me jauge un peu comme pour voir si je pourrais être avec elle et peut être la sortir de son Cambodge. Je m'en veux de penser comme ça car elle est peut être juste en train de me parler sans arrière pensées, mais quelque chose dans son attitude ma fait deviner qu'elle me drague. Je lui souhaite bonne nuit, alors que je sens bien que j'aurais pu rester plus longtemps. Mais j'invente une fatigue et retourne à ma chambre. C'est parfois la seule façon pour une jeune cambodgienne de sortir de son pays, de voyager, d'avoir une meilleure vie. Elle s'appelle Da Chea et de voyage connaît Phnom Penh, peut être à t'elle été au Laos une fois et pour la première fois elle tente de visiter l'est de son pays. Mais ça ne lui plait pas vraiment elle pense déjà revenir sur la capitale. L'an prochain elle tentera quelques jours au Vietnam, mais ça semble le gros projet. Elle aime voyager, mais ne voyage pas vraiment, du moins ses économies ne lui permettent pas toujours d'aller où elle aimerait aller. Et moi qui fait le tour du monde, bien sûr que ça la fait rêver. D'où me vient tout cet argent pour voyager. Comment lui dire que le plus bas salaire de mon pays est 3 fois supérieur à un bon salaire d'ici ! Je dois lui expliquer que la vie dans mon pays est hors de prix et que même avec beaucoup de Riels (la monnaie du Cambodge) on est pauvre et pas tous des Crésus.
Le lendemain Mister Mot vient nous chercher. On est 4 jeunes touristes à partir. Julian et Laura, un couple d'allemands d'un vingtaine d'année et dont la fille ressemble à Cécile de France, Da Chea et moi. Mister Mot qui a monté sa propre entreprise a bien travaillé pour organiser sa sortie. On part à deux motos, une que les deux allemands montent eux même, et celle de Mister Mot où l'on monte à trois. On part à travers le long chemin de terre. Route poussiéreuse mais un goût de lointain et d'exotisme. Il est tôt et déjà tout est éveillé. Les gens se lèvent et travaillent avec le soleil. On s'arrête dans une maison au bout d'une demi heure de route. C'est un petit village familiale d'une communauté où on s'arrête dire bonjour, boire un coup et prendre le sentier à pieds qui est derrière leur maison.
On marche à travers bois, découvrons des cascades tout en parcourant des petits sentiers boisés. Les deux allemands reviennent de Ratanakiri (ma prochaine ville), en moto justement. Il me disent de le faire aussi, les sensations sont bonnes et le chemin, le même que l'on prend à pied, c'est à dire petit escarpé, paumé et à travers bois. C'est un peu cher car c'est 7h de moto mais si j'en ai les moyens de le faire car ça vaut vraiment le coup. Le cher cambodgien n'étant jamais bien cher européenement parlant, je me laisse tenter peu à peu. Belle journée de ballade avec un Mister Mot qui n'est pas juste dynamique mais super actif. Il n'arrête pas, il parle vite, blague, et a toujours un tic en anglais en disant "I'm telling you" à toutes les 3 phrases. Il est marrant. Il est touchant même car en vrai il galère à faire le guide pour joindre les deux bouts et de rester enthousiaste avec ses touristes.
Parfois Da Chea marche à ma hauteur et on parle un bon bout de chemin, parfois c'est avec les autres qu'on échange quelques mots et avec qui je sympathise peu à peu. A midi il nous fait une salade de légumes en deux coups de couteau près d'une cascade en plein milieu de la forêt.
Da Chea parle souvent avec Laura. Laura lui apprend quelques mots d'allemand ou d'anglais et improvise une mini classe de langue lors d'une pose près d'une rivière où on peut se baigner et se rafraîchir. Les cambodgiens sont très curieux et avides de connaître les autres cultures, tout comme Mister Mot qui parle un anglais impeccable sans jamais avoir été à l'école et juste en écoutant parler les touristes qu'il accompagne. Il nous fait même une démonstration du vrai accent anglais qu'il caricature et qui nous fait bien rire.
Le soir, après une longue marche et une baignade dans une rivière assez fraîche, on regagne le petit village familial puis nos motos et enfin la ville, du moins le village.
Journée bien remplie et c'est avec plaisir qu'on se laisse aller sur nos engins. J'ai besoin de tirer de l'argent pour payer mon séjour ici. Mister Mot me propose de me déposer au distributeur du coin car il est pas facile à trouver. Le chemin qu'il prend, nous fait aller loin, et il me dit qu'il n'y a que deux distributeurs dans la ville. Manque de bol la machine devant laquelle on arrive est en train d'être réparée et on attend. Mister Mot me parle de ses amours et de son amour australien qui est d'une jalousie maladive. Alors on parle un peu de sa copine lointaine. Une fille qui est tombée amoureuse de lui et qui lui mène la vie impossible. D'ailleurs il l'appelle. Il est amoureux, mais pas heureux. Le coup de fil qui suit en est une démonstration. Engueulades, mots doux, engueulades, il menace de raccrocher, lui dit qu'il ne la trompe pas, semble écouter une longue diatribe, s'énerve. Il me rappelle certains de mes coups de fils d'antan. Une fois qu'il a raccroché, on parle un peu, je lui dis de pas rester avec une fille qui ne le rend pas heureux et qui lui mène la vie infernale surtout si ils ne se voient jamais. Le téléphone re-sonne, second round. J'ai toujours pas mon argent, lui a perdu de sa superbe et semble dépité, j'ai plus trop envie de parler de sa copine et lui dis que j'aimerais au moins manger avant que tout ne ferme. Il me dit qu'il m'invite à manger chez lui, qu'on a qu'à rentrer ensemble et qu'il me présentera sa famille. Alors on part à travers la campagne pendant quelques kilomètres, route nocturne à la lueur des phares avant d'arriver à une maison que je n'avais pas même distinguée. On entre, et sa famille me regarde avec intérêt et toujours cet accueillant sourire. Je découvre les jeunes enfants de Mister Mot et j'apprends qu'il est donc papa. Son père est assis contre le mur et regarde la télé avec eux. L'un d'eux est un peu malade. Je vois les photos de sa copine australienne avec qui il a été jusqu'en Malaisie. Elle lui a offert le passeport. Sa famille demande d'où je suis, je répond de France, mais il font une drôle de tête. Je comprends que pour eux un français est blanc et non coloré. Alors j'explique le métissage qu'on rencontre en France, et Mister Mot traduit à ses parents qui font des grands signes d'étonnement et d'acquiescement. C'est un peu comme si j'apprenais qu'il y avait des cambodgiens noirs. Ce soir ils ont appris quelque chose qui a fait voler leur croyance en éclat. On s'échange plein de sourires tandis qu'on mange assis par terre, une bonne gamelle de riz avec de la viande et une soupe aux délicieux légumes. Les enfants, les grands parents, me regardent, je suis leur invité d'honneur. Sur une table j'aperçois un globe terrestre. Je m'empresse de le prendre et de leur expliquer tel un astronaute venu de l'espace, le chemin que j'ai parcouru et qu'il me reste encore à parcourir. Je vois que je suis vraiment qu'au début d'un long voyage.
Pour eux sortir de leur région est un voyage en soi, sortir du pays une aventure, alors traverser le monde, c'est un truc qu'il n'avait pas même imaginer. Un français noir qui fait le tour de la planète.... je dois leur être un extraterrestre. Un voyageur du futur ! Après ce cours de géographie improvisé, je prends congé de cette gentille famille. Mister Mot me ramène et on passe à l'hostel des allemands. Ils sont là sur la terrasse à finir de manger et à boire un verre avec Da Chea. Je me joins à eux quelques instants avant de leur dire aurevoir et de rentrer me coucher.
Je promets à Da Chea de lui écrire, on a nos mails et il n'est pas rare d'en recevoir un tous les 3 mois où elle me demande comment je vais et où je suis.
Un peu avant dans la soirée j'avais dit à Mister Mot que demain je partirai avec lui sur Ratanakiri. Un mini dakar en perspective mais dont je n'aurais pas à me soucier car je serais simple passager à l'arrière de sa moto.
Alors le lendemain, pendant 7 heures de pistes et de sable, je regagnais le nord du pays à coup de prouesses de pilotage sur des chemins de sable dans un labyrinthe de sentiers.
Pas le moindre panneau. Ici c'est naviguer à la carte et à la boussole ou de mémoire. Content cette fois de juste me laisser guider et d'apprécier le paysage. Le chemin est long et tape cul. On s'arrête dans un petit village où j'offre quelques sodas à des enfants qui jouent avec moi.
Mister Mot me dit qu'on va passer chez sa tante car elle se marie aujourd'hui. On remonte le sentier une bonne demi heure et on tombe en plein mariage. On s'arrête, je regarde un peu le folklore qui fait cette fête. Le marié et la mariée sont en costume traditionnel et sont assis au milieu tandis que d'autres jeunes filles et jeunes hommes, également en costume dansent autour d'eux. Ils doivent avoir bien chaud car les costumes sont fort élaborés;
Les codes m'échappent un peu et une horde d'enfants intrigués par mon appareil photo évoluent dans une sorte de cache-cache avec moi. Seules deux petites filles s'approchent, je les prends en photos, leur montre, elles rient et tous les enfants sont comme par magie autour de moi. Alors je prends pleins de photos d'eux et les leur montre. Parfois je demande à l'un d'eux d'essayer et de prendre ses amis ou frères en photo. Je vois leur étonnement et leur fierté d'avoir capturer une image.
Même un adulte veut que je le prenne avec sa femme. Bref partout où je me déplace, une horde d'enfants m'entoure.
On m'appelle pour manger un morceau dans la hutte principale. Repas de fête. Je m'assois avec Mister Mot et sa tante et on mange juste lui et moi, avant tous les invités.
A la porte je vois tous les enfants qui nous regardent. Ils sont là et me regardent avec une grande curiosité. Parfois on s'échange quelques grimaces, quelques sourires, et quelques clics de photos. Je suis leur idole et ils s'amusent ainsi.
Après une bonne demi heure passée à ce mariage, il est temps de reprendre la route qui est encore longue. Je bénis les mariés dans une coutume qu'on m'explique sur le tas et je laisse un billet dans la corbeille pour leur future vie.
Et sous leurs au revoir, on reprend la route. Une bien jolie halte. J'ai bien fait d'acheter un masque en tissu pour la poussière avant de partir car on en avale. On se fait dépasser par deux motards avec leur grosse bécane mais l'un d'eux va avoir une crevaison quelques kilomètres plus tard. Quand on les rejoint ils réparent la roue. Ils ont du mal et Mister Mot les aide et invente une rustine.
Je remarque que l'un d'eux a un maillot du Monkey Jane's, la célèbre guest house de Guilin dans le sud de la Chine. J'échange quelques mots avec le motard qui me confirme qu'il y était bien passé aussi et qu'il a eu son maillot après avoir gagné le concours de beer pong. Marrant. Puis on les laisse finir et on continue. Je me demande si les deux motards auront l'idée de passer là où nous passons car certains sentiers mènent à confusion ou à la perdition. On ne recroise plus les motards qui pourtant vont 3 fois plus vite que nous. Je repense à mes Bermudes vietnamiennes et m'imagine à leur place à trouver le chemin sur une carte avec aucun repère autour. Nous on avance sur ce chemin qui est une merveille et j'admire l'adresse de Mister Mot qui passe les bandes de sable, des cailloux et des roches, les sentiers cahoteux alors qu'on est deux sur la moto et tous mes sacs aussi dont un devant lui.
Au bout d'une journée d'enduro, on aperçoit enfin les lueurs de Ratanakiri.
Ce soir je vais revoir Veerle et Anneleen. Elles arrivent en bus vers 19h. Nous, nous arrivâmes vers 17h, juste avant la nuit. Mister Mot me dépose à un hostel qui est si rudimentaire que je ne sais pas si je resterais même si il a tout ce qu'il faut. Il faut un peu marcher le long d'une côte pour aller au centre, mais en quelques minutes c'est fait. Il aimerait trouver d'autres clients pour redescendre demain par la même route et ne pas partir à vide.
L'atmosphère de cette nouvelle région se fait sentir. Les petits villages qu'on a passés avant d'arriver, ces ethnies qui vivent de ci de là. On va en ville manger un peu et attendre l'arrivée des bus sur la place centrale. Mister Mot commande des oeufs où avec des embryons de poussins à l'intérieur. Un délice pour eux mais un peu dégoûtant pour moi et je le regarde manger. Les bus s'enchaînent mais aucune tête connue n'en descend. Un bon moment plus tard, par le plus grand des hasards je vois au loin les deux flamandes qui marchent au bout de la place. Je cours les voir, mais c'est plus comme avant. Malgré le plaisir de se revoir, la distance s'est un peu creusée entre nous. On ne sait pas comment agir et Veerle ne s'attendait pas à me voir là. En plus on est trois ! Comme elles ne savent pas où aller elles logent au même hostel que moi, le moins cher de la ville. On y retrouve Mister Mot qui m'avait laissé il y a un bout et qui parle à deux italiennes potentiellement intéressées pour descendre sur Mondolkiri. Il propose de partir à 3 sur la moto. Il l'a déjà fait. Chapeau, surtout sur ce chemin. Les filles disent qu'elles vont y réfléchir mais je vois bien que le côté hyper actif de Mot les font plutôt réfléchir à ne pas y aller. En attendant je fais les présentations. Puis Mister Mot part se coucher car demain il a de la route à faire. Son affaire avec les italiennes n'a pas abouti. Ca fait 50 dollars en moins. Du moins il part avant de dormir, boire un peu de vin avec un ami à lui et nous propose de le rejoindre. Son côté hyper actif et ses phrases rapides qui font tac tac tac toutes les deux phrases, fatiguent aussi les deux flammandes qui n'ont pas l'habitude et je le laisse partir et lui dis sûrement au revoir. Un sacré personnage qui mérite de s'en sortir. Il est courageux de refaire toute cette route seul, mais un jour à rester ici est un jour de travail perdu.
Il se fait un peu tard et la fatigue du voyage se fait ressentir. On regagne nos chambres. Veerle reste un peu avec moi et on continue de discuter dans ma grande chambre. Je dors quelques instants à côté de la muraille de Chine, mais juste quelques instants pour éviter que tout ne se complique, puis elle retourne dans leur chambre. Mais au moins la glace était brisée et la dernière nuit de Phnom Penh avait bien eu sa raison d'être et n'était finalement pas un conte chinois (1) !
(1) En espagnol "un cuento chino", est une histoire dont on peut douter à tout point de vue.
Jour sans, sans grandes envies que de se laisser écraser par la chaleur et d'économiser ses efforts. Et puis ça tombe bien on est un peu crevé. On va sur la terrasse en haut de notre hostel, là où on peut manger ou juste se poser sur quelques canapés. Chacun le sien, on lit, on écrit, on tente de dormir ou de regarder le DVD qui passe. Robyn et Treasa apparaissent et zonent avec nous. Treasa dort, Robyn écrit, les flammandes aussi et moi je tente de tout faire en même temps, dormir, écrire pour finalement ne rien faire. Classique !
La journée passe. Anneleen a un plan avec Mike, l'américain. Ils ont prévu de boire un verre ce soir. La journée passe. Veerle dort, et moi cette fois je lis. Le soleil décline, pas envie d'en faire plus mais pas envie de perdre cette dernière soirée. Veerle se réveille, se redresse, me regarde et me sourit. Un moment qui nous lie d'un lien invisible mais fort. Ce simple regard et ce sourire qui dit comment tu vas ? Je suis content de te voir et que tu sois là. Le même que dans le bar des sport de samedi soir. Du moins c'est ce que mon filtre émotionnel me fait voir. Alors le plan d'une soirée parfaite se dessina soudain. On parlait parfois de nos plaisirs culinaires et la cuisine flamande m'est un vrai mystère. Veerle me l'avait un peu démystifiée en me parlant de pain et de fromage flamand tel le gouda tartiné avec de la moutarde. Fromage à la moutarde, pourquoi pas !… Alors je lui propose la soirée suivante. Lors de nos sorties prêt du bar à rhum, j'avais vu des restos très sympas, un peu zen, végétarien mais surtout une boutique (un peu luxueuse et pour expatriés sans doute) de vin et fromage. Alors je lui dis qu'on a qu'à rester ici, que je pars faire les courses et qu'on se fait une soirée vin et fromage avec qui veut bien nous joindre. Je le propose aux anglaises, à Anneleen, mais chacunes à son plan de début de soirée. Tant mieux pour nous et tant pis pour elles. Il s'avérerait qu'on se fasse la soirée juste à deux ce qui réjouis presque Veerle. Soirée simple sur ces mêmes sofas mais où tout deviendrait luxe calme et volupté le temps de quelques bouchées.
Alors je pars dans cette boutique et tente de choisir pour un budget raisonnable, une table de fête. Vins chilien ou californien ? Français ou Australien ? Et le fromage, ça faisait longtemps que je n'en avait plus vu autant. Lequel prendre et lequel va avec quel vin ? Trop compliqué et vite fait trop cher. Je demande au gérant qui m'indique ce que je veux savoir et n'oublie pas de prendre du pain dit français et surtout le petit plus dont personne ne s'attend, un petit pot de moutarde forte.
Je reviens les bras chargés d'une bouteille de vin et de fromages, mais tout en restant dans l'esprit flamand. Pas de pâtes molles et puantes, que du dur à l'odeur presque insipide mais très bon.
En sortant de la boutique et marchant dans la rue, bizarrement cette fois là je ne trouve aucune motorbike. Normalement il suffit de marcher sur le trottoir pour qu'une dizaine à la suite propose ses services, même des particuliers qui veulent se faire un dollars ou deux proposent la course d'un signe de tête. Mais là j'ai beau marcher au milieu de la route, d'attendre sur le trottoir, rien. C'est donc un peu tard que je rentre à l'hostel, après avoir enfin réussi à stopper un deux roues qui a bien voulu me ramener. Quand je déballe le tout devant Veerle, le fromage hollandais, le pain et un vin australien, je vois ses yeux pétiller. Mais je la vois littéralement s'émerveiller quand je pose le pot de moutarde au milieu du tout. S'il n'y avait pas cette muraille de Chine entre nous, elle m'aurait bien sauté au cou. On avait presque l'air d'un petit couple qui se faisait son repas gourmet devant la télé, accostés sur le canapé au son des "humm" "hummm" à chaque bouchée de pain. Cette fois ci j'en étais sûr. Y avait quelque chose entre nous. A t'elle trouvé mon côté féminin ou son côté hétéro, je ne sais pas, mais une porte est apparue en plein milieu de la muraille. De toutes façons c'est ainsi depuis la nuit des temps. C'est toujours devant une bonne table que les plus grandes décisions ou contrats se font. Ce soir notre table était parfaite, mais une réserve entre nous nous fit toujours rester à un pas de l'autre. L'une impératrice de Chine et l'autre empereur mongol, séparés par un mur de plus en plus invisible mais que personne ne veut franchir. De plus Anneleen ne devrait pas tarder à rentrer et on préfère être bons amis, plus facile pour continuer de passer une bonne soirée. Mais d'ailleurs pensent elles comme moi ou suis je juste sous l'effet euphorique du Shiraz ?
Notre piquenique frugal au saveur de Flandres fini, on part au bar d'à côté, on se cherche l'endroit bien, bonne musique, bon esprit et on en trouve un, un peu hippie et décalé mais à la musique sensass. Un billard nous attend, alors on joue et on fait des pauses cocktails de temps en temps. La muraille fond à vue d'œil, mais on fait l'air de rien. Plusieurs fois quand on se croise pour jouer son coup, je suis à deux doigts de lancer mes cavaliers des steppes à l'assaut, à moins que ce ne soient ses artilleurs chinois qui me bombardent de flèches. Je réfléchis trop et perd la partie de billard ce qui me détourne l'esprit pour trouver une excuse à cette défaite face à une fille qui m'avait dit ne pas savoir vraiment bien jouer…
Anneleen revient. Sauvés. On la hèle, elle monte nous rejoindre. Elle est heureuse de sa soirée. Avec Mike ils ont parlé de choses profondes, ils se sont aider mutuellement à parler de choses intimes de leur passé. Elle est transcendée d'avoir pu se confier et d'avoir pu écouter. Nous on raconte notre soirée fromage et comment on zone dans ce bar depuis une bonne heure sur de la musique sympa. Puis la conversation part en flamand, discussion de filles où je suis écarté. J'aurais du apprendre le hollandais quand je vivais aux pays bas. Là je regrette. Ca parle de moi, je le sens, puis la conversation reprend en anglais.
On descend à l'autre bar, Anneleen a envie de se fumer un joint, un de ceux en vente au bar, et nous on se commande un verre qu'on a pas vraiment envie de boire. Un moment Anneleen se tourne vers moi et me dis "Si tu sais pas c'est pas grave, c'est okay !!" Alors je réponds que bien sûr que je sais. Sauf que je me rends compte à ce moment là que ni elle ni moi ne savons de quoi l'autre veut parler. Je m'embrouille à moitié, j'ai l'impression qu'on tente de m'arranger le coup, ce qui casse l'invasion barbare que je m'étais imaginée. Bref je refoule le tout et décide d'oublier. De toutes façons c'est trop tard, c'était avant, c'était quand on était juste deux, quand je menais encore au billard, quand on voyageait juste elle et moi. Pour finir la soirée, alors qu'un petit creux se fait sentir, on propose à Anneleen de se faire quelques tranches de pain français, de fromage flammand et de moutarde avec nous. Après tant de temps de voyage, la proposition l'enchante et on monte prêt de nos chambres, sur une petite terrasse où l'on s'assoit à terre et finissons notre piquenique. On parle de tout et de rien, j'ai toujours rien compris à ce que voulais dire Anneleen avec "si tu sais pas c'est pas grave…" Est ce que ça veut dire qu'il faudrait que je sache que Veerle est interessée par moi et que je l'ignore ou est ce que ça veut dire qu'elles voient que j'arrive pas à me décider car tout n'est pas très clair. Tout était tellement plus facile quand elle n'était pas là. La conversation dévie un peu, Veerle me parle d'un massage que je lui devais si je perdais au billard. C'est donc pour ça que j'ai perdu. Non car si je gagnais elle me le devait. D'ailleurs mystérieusement à ce moment là, Anneleen nous dit qu'elle est morte de fatigue et qu'elle va se coucher. C'est comme si les gardes de la muraille de Chine s'en allait dormir laissant l'empire sans défense alors que les mongols assiègent le mur.
Veerle reste, offerte !
Je suis seul face au gardien, c'est zidane en finale de coupe du monde face à l'Italie réputée pour sa défense, la balle au point de pénalty. Faut pas réfléchir, faut s'élancer et placer le tir en finesse et en beauté, une pananka !!
Quelques instant plus tard, d'un tour de main digne d'un danseur de tango je la bascule pour mettre sa tête sur mes jambes, elle m'offre son visage que je prends entre mes mains et avec lesquelles j'opère quelques passes chinoises ancestrales. Zidane s'élance… je fais la dernière passe non pas avec mes mains mais en déposant un baiser sur ses lèvres. La balle lobe le gardien qui reste à terre. Les filets tremblent. La muraille est tombée et ce baiser s'éternise. La nuit se fige sur cette petite terrasse. Après avoir été prisonnier d'une mangrove et guide des citadelles de la ville par le plus grand des hasards, Genghis Khan devient empereur de l'imprenable Chine.
Puis tout aussi surpris l'un que l'autre, surtout que je compris que la phrase dAnneleen n'avait rien à voir avec ça, on rentre se coucher. Il est déjà bien tard. Mais la muraille a ses mystères, et on se quitte une nouvelle fois sur le pas de nos portes, juste en face de l'autre et on se dit bonne nuit et peut être au revoir car demain à la première heure chacun prend un bus qui partiront dans deux directions différentes. C'est peut être mieux ainsi !!
Retour à la vie, retour à la fête, aux vacances… mais dansons nous sur les tombes comme des personnages de Boris Vian ?
Laissons l'histoire à l'histoire et n'oublions pas, ni le passé, ni de vivre le présent. Alors on sort faire le marché de nuit, un grand marché où l'on mange dans la rue, assis par terre sur des cartons après avoir choisi ses légumes. On enjambes les mangeurs qui font un grand sitting sur cette place de marché. Puis on arpente les allées marchandes, on peut acheter de tout pour rien. Mais on continue de marchander, simple réflexe, alors qu'en France sur des articles à 5 fois le prix, on ose à peine demander une ristourne. J'achète un t-shirt sur les mines anti personnel avec une tête de mort. C'est mon état d'esprit après cette journée. Montrer que le Cambodge s'est construit sur la mort de milliers d'innocents. Sauf que le message c'est qu'il ya moult mines antipersonnelles dans les campagnes, vestige de la guerre qui continue chaque année de mutiler et de tuer quantité de gens. D'ailleurs dans certaines sorties à l'écart des villes il est bien spécifié de ne pas sortir des sentiers où marche le guide même pour aller pisser. Mieux vaut se payer un peu de honte qu'une amputation. Mais il ne faut pas voir le mal partout, c'est juste qu'une mine peut être n'importe où malgré le grand travail de déminage fait depuis des années.
Malgré avoir mangé au marché, la faim est encore de mise. Moi je n'avais rien pris, juste un jus de canne et les deux filles peut être un simple encas à moins qu'elle n'ai tout mangé. Bref je leur propose le restaurant où on instruit les enfants des rues au métier de la restauration; le Friends où j'avais été avec Eric. Je tente de le retrouver de mémoire, et on marche un bon moment et je vois Veerle qui se décompose au fil des rues. Qu'y a t'il ? Un petit soucis de santé qui fait qu'elle ne peut pas marcher trop longtemps et que j'avais oublié. Je lui promets qu'on arrive bientôt, espérant voir le restau apparaître. Les souvenirs se reforment, je reconnais les bâtiments, la rue, et enfin le friend. Effort récompensé, on se commande deux plats qu'on partage et un dessert avec un fondant de chocolat. Un simple délice dont le seul vocabulaire qu'on a est "hummm !!" C'était notre mot à Veerle et à moi quand on mangeait ensemble et on prévient Anneleen qu'elle dira de même. Ca ne loupe pas, à la première bouchée, le premier son qu'on entend fut ce fameux "humm" qui nous amuse et dont on abuse à chaque bouchée.
Pour finir en beauté on retourne au bar à rhum, tenu par un français dont je fais un peu plus connaissance tandis que mes deux flammandes goutent le Southern Comfort, un délicieux whishy et quelques verres de rhum que je leur conseille. Au bar 4 français dont une française que je trouve magnifique. Entendre parler français, se reconnaître entre compatriote fait que de suite y a un point commun, une affinité et elle me regarde entrer dans le bar tout en parlant à ces amis et moi je rêve à ce moment de vivre à Phnom Penh juste pour pouvoir la recroiser puisqu'elle s'en va, demain c'est certainement boulot et le week end a été bien festif. Etienne le barman me dit que la veille pour le match de rugby, ils avait un grand écran et le bar était rempli de supporters des bleus. Ah !! c'était là que j'aurais du venir… avec un match de rugby en plus, les liens se fortifient encore plus…. Mais là c'est juste une ambiance de fin de dimanche soir qui nous accueille et on a le bar pour nous. La musique aux sonorités bien familière retentit et nous délasse encore plus. Dommage qu'il n'y ait pas plus de monde, car on a pas envie de partir, mais on ne va pas boire toute la nuit. Si seulement on été venu la veille en pleine furie ovale !
On retourne au lac, on s'accoude au bar, on commande un dernier verre, pour la route, la route du pays des rêves. Demain est notre dernier jour ensemble, au matin du surlendemain nos chemins se séparent. Veerle et Anneleen vont vers les temples d'Angkor dans le nord. Pour moi et il est temps de me séparer d'elles. On est des voyageurs solitaires et il y a toujours un moment où on sent que soi même où l'autre doit retourner dans son propre voyage. Alors j'ai décidé de partir là où je savais même pas que j'avais envie d'aller, tout à l'est, sur le Mondolkiri, sa forêt et sa vie rurale où toute modernité a disparu, du moins n'a jamais mis les pieds. Moi aussi j'irais aux temples d'Angkor mais je fais un grand détour vers ces terres isolées qui devrait me faire plonger dans un autre Cambodge. Après la plage, la mangrove, la rivière et la ville, place au monde des forêts.
Aujourd'hui n'est pas un jour comme un autre. De toutes les visites que l'on peut faire en Asie, peu peuvent marquer autant les esprits. Il y eu le musée de la guerre d'Ho Chi Minh ville au Vietnam avec des photos assez fortes, mais l'endroit où nous allons aujourd'hui n'est pas un simple musée, c'est l'endroit même où l'un des plus grand génocide de l'histoire à eu lieu, l'extermination de la population intellectuelle du Cambodge par son propre dirigeant, Pol Pot, qui voulait faire basculer son pays dans une espèce de maoïsme, un socialisme poussé à l'extrême, partant d'un faux bon sentiment, donner le pouvoir au gens qui travaillent la terre, mais là où la folie l'a emporté, fut que pour cela, la dictature des khmers rouges a condamné à mort tout ceux qui ferait ombre au projet, c'est à dire tous les partisans de l'ancien régime (qui a été renversé en 1975), les étrangers et les intellectuels du pays jugé "ennemi de l'état". Le rapprochement avec la Chine est évidente, sauf qu'en Chine on laissait le choix aux intellectuels de se faire rééduquer dans des fermes au fin fond des campagnes ou de se faire violemment réprimer. Au Cambodge, ceux qui n'ont pas pu fuir à temps, n'avaient aucune chance et tentaient de fuir coute que coute une mort certaine. 20% de la population a ainsi été exterminée par son propre régime à travers tout le pays. La famille de mon pote de CE1, Kim Kaon Eap, a du débarquer en France lors de cette période après avoir fui leur pays à bord d'un boat people.
Pourquoi une telle guerre civile et le renversement d'un régime pour la mise en place d'une dictature ? La guerre du Vietnam ! Au cours de cette guerre le pays qui fut le plus bombardé fut le Cambodge pris en la Chine et le Vietnam nord tout comme les USA et le vietnam sud. Les Viêt-Congs y avaient mis leur bases pour piéger le Vietnam sud et les américains sous Nixon se sont fait une joie de tout bombarder. Le pays à feu et à sang vu surgir les extrêmes, le régime de Pol Pot du Kampucha, plus connu sous le nom des khmers rouges, passa de 4000 partisans à plus de 70000 des effets de la guerre froide. La même histoire avait vu la montée du nazisme, qu'on pourrait penser pur produit de l'impérialisme américain, mais on oublie vite l'histoire.
AnneLeen, Veerle et moi prenons un mototaxi pour se rendre à l'autre bout de la ville, dans une école qui fut l'un des pire théâtre de cette horreur. C'est comme aller à Birkenau ou à Auschwitz. Même si tout paraît tout propre, l'énergie est pesante.
C'est bizarre aussi en arrivant tout proche de l'école de voir ces quartiers où les gens vivent et vivaient, témoin de cette horreur qui doit encore hanter la mémoire de ces rues et de ces habitants. Cette école s'appelait Chao Ponhea puis fut rebaptisée du nom de Tuol Sleng, qui voulait dire en khmer, la colline des arbres empoisonnés puis transformée en centre d'interrogatoire, le bureau de Sécurité 21 : le tristement célèbre S-21. Entre 1975 et 1979, plus de 17000 prisonniers y transitèrent et seuls 7 ont survécus. La totalité d'entre eux étant mort de tortures pour avouer des crimes qu'ils n'avaient pas commis ou tout simplement exécutés (après quelques tortures).
La plupart furent enterrés à côté de l'école, mais quand la place vint à manquer face à cette machine à tuer, ils construisirent un camp de la mort à 5km de là : Choeung Ek plus connu sous le nom de "Killing Fields" (les collines de la mort). Son nom veut tout dire. C'est comme un immense charnier et camps d'extermination où venaient finir d'être exécuté les déportés de S21.
On commence ainsi la visite de l'école ou de S21, avec la même ambiance que si on visitait un cimetière. Tout est vide, mise à part dans quelques salle avec un lit, juste un lit et une petite caisse et des tâches sur le sol. Une photo sur le mur montre ce qui se passait sur ce lit.
Un homme ou une femme, attaché, torturé, en sang (les tâches sur le sol) qui devait avouer un crime. S'il ne l'avouait pas, il était torturé jusqu'à ce qu'il avoue. S'il avoue, il est condamné à mort ! Les photos sur le mur montrent des chairs sanguinolentes et un être humain qui n'en est plus.
Chaque salle de classe avait son propre lit. Quant à la caisse, c'était les toilettes. Ce lit et cette caisse furent certainement la dernière chose que les prisonniers devaient voir de leur vie. J'imagine les cris quand on les emmenait ici. C'était la mort certaine dans d'atroce souffrance. Comme je lisais sur un autre blog, celui d'Eric, cela ce passait en 75, alors que je faisais mes premiers pas, au Cambodge on exterminait des innocents.
On continue la visite de l'école qui a des airs d'école en vacances, ensolleillés, vide, mais remplie d'esprits torturés. Il y a deux étages. Dans une salle, il y a les photos des prisonniers. Photos prises à leur arrivée. Des femmes, des hommes, des enfants. Certains sourient pour la photo, d'autres tirent une tête comme si ils savaient leur fin proche.
Parfois des visages m'interpellent, j'ai l'impression de partager un moment de leur vie, cet instant de la photo et je m'approche et regarde dans leur pupille, leur iris, il y a les ombres de ce que la personne regarde. Son photographe, ses tueurs, à qui ils donnent leur dernier regard.
Je vois aussi la photo d'un étranger, mais il y en eu quelques uns qui périrent d'être venu dans le mauvais pays au mauvais moment. On dénombre 4 américains, 3 français, 2 australiens, un anglais et un néo zélandais mais également divers vietnamiens, thaïlandais, laotiens, indiens, et arabes. Aucun survivants de leur côté. Parfois pour certain d'entre eux, ils étaient en bateau au large du cambodge et une patrouille khmer rouge les a détourné sur les côtes et les ont emprisonnés, puis interrogés et tués. Ennemis d'état, quoiqu'il arrive. Le plus jeune de ces étrangers avaient 26 ans.
Je reste de longues minutes à regarder tous ces visages dans leur costumes noirs, toutes ces personnes qui vont mourir d'une manière ignoble, certains pensent certainement encore qu'avec quelques sourires dans quelques jours ils seront sortis.
A côté une salle avec quelques ustensiles et des peintures qui expliquent quelques tortures. Il faut savoir que l'un des survivants fut un peintre qui a peint les horreurs de ce camps et dont on peut voir les œuvres accrochés aux murs. On voit ainsi comment ils transportaient les prisonniers, comme des cochons pendus, comment on leur arrachait les ongles, les noyait, les électrocutait et toute autre diabolique inventions pour les faire parler.
On peut visiter les cellules aussi, 2m carré tout au plus où les prisonniers attendait leur heure, celle de l'interrogation ou de la prochaine interrogation.
Bref l'horreur interpelle notre imagination, car bien entendu aujourd'hui, il ne reste que des écrits et des photos pour nous témoigner ce qui se passait entre ces murs. Au bout de deux bonnes heures, on part vers les killing fields, le camp d'extermination, où un mémorial nous acceuille. Ce mémorial est une sorte d'obélisque en verre où sont exposés des centaines ou des milliers de crânes trouver lors de l'excavation des ossements. Quelques habits sont exposés, le reste sont des os.
On pourrait croire un parc aujourd'hui où on fait le tour en suivant des petits chemins, mais c'était un véritable charnier à l'époque. Des enfant vivent de l'autres coté des grillages qui clôturent le camps. Ils parlent un peu avec nous avant de nous demande de l'argent. Je sais pas d'où ils sortent, comment ils vivent, je discute un peu avec certains garçons qui miraculeusement parlent un peu anglais, mais l'anglais commercial, celui de la money.
La pauvreté du Cambodge et ces petites maisons qui peut être étaient déjà là il y a 30 ans et qui étaient peut être déjà hantées par les morts de ces killing fields.
Je rejoins Anneleen et Veerle à un petit musée, dernières images avant de partir et de retourner à notre vie sans soucis prêt du lac.
Ce matin là on déménage donc vers le quartier du lac. On part en reconnaissance une première fois pour voir l'état des chambres et leur prix. On demande à voir le même hostel que celui que Robyn m'avait conseillé, il coute 4 dollars, soit presque la moitié du notre et le quartier est vraiment sympa. Limite si on a besoin d'en bouger pour s'amuser. On revient avec tous nos bagages et on emménage à nouveau, les chambres sont cette fois l'une en face de l'autre. Une fois installés on hèle un chauffeur de motorbike et on trace en ville pour visiter ce fameux palais royal au toit en or.
C'est un chef d'œuvre d'art khmer, mais le prix et la queue pour y rentrer nous font réfléchir, à la place on se fait le musée qui est sur la place à côté. On perd au change, on fait le musée assez rapidement même si les sculptures qui datent du temps des temples d'Angkor sont sublimes, mais le tout manque un peu d'âme.
Alors on se pose dans la cours et on regarde les moines qui visitent l'endroit dans leur toge orange et on s'installe à une table dans la cours pour se boire un coup et se réhydrater. On reste là une bonne heure juste à apprécier le charme de cette cours.
On se demande si on a loupé quelques chose de ne pas aller au palais royal, alors pour la peine on en visite un autre, au toit magnifiquement coloré avec des bouddhas qui gardent le temple. Sur le chemin on passe prêt d'un magasin aux chemises disco et je dis à Veerle que je vais en acheter une, une rose, histoire de lui taper dans l'œil et ça l'amuse. En attendant, il fait chaud, très chaud et Veerle n'a pas une peau qui supporte beaucoup le soleil. Alors elle s'enveloppe de châles et de crème solaire. Mais la chaleur la fait devenir rouge et elle m'évite un peu. La raison, elle a honte que je la voie rouge comme une écrevisse. Je lui dis que ça ne se voit pas et que ça va bien avec ses cheveux. Mais elle n'est pas à son top de confiance. Alors on part retrouver notre chauffeur de moto taxi qui nous attendait et lui demande de nous déposer en ville où on pense aller boire un coup.
Il nous dépose sur la jetée, la promenade des anglais de Phnom Penh et on marche un peu sur les trottoirs à l'ombre pour trouver le petit bar sympa. En fait ma vraie raison de chercher un bar sympa est qu'on est samedi et que ce soir la France joue son 3ème match du tournoi des 6 nations et que j'ai bien envie de le voir. Il me faut juste un bar des sports avec écran géant et qui capte TV5. Soudain un bar avec un écriteau marqué "Rugby tonight" attire mon attention. J'entre demander au serveur l'heure du match. Nos accents français nous trahissent et il me dit que le match est tard dans la nuit pour cause de décalage horaire. Lui c'est le gérant, un français marié à une cambodgienne qui vient de monter son bar. Alors il m'explique un peu Phnom Penh, comment ça fonctionne. Il me parle en français et Veerle ne comprend rien, mais comme il se lance dans une longue explications sur les dessous de la ville, je ne peux le couper pour lui dire de changer de langue et Veerle reste esseulée pendant une bonne 20aines de minutes. Je suis mal pour elle, mais l'explication est trop intéressante pour chercher nos mots en anglais. Il me raconte qu'ici les gérants de bar ont leur protecteur, une sorte de mafia des bars sévit. Le premier jour de son ouverture, 15 gars en motorbike sont venus devant son bar comme pour l'impressionner. Il a du nommer le nom de son protecteur pour qu'on le laisse tranquille. Depuis on le salut. Il me raconte aussi qu'avec l'épuration fait par les khmers rouges, les intellectuels sont partis de la ville ou ont été exterminés. Ce qui fait que les moins cultivés sont restés et que les étrangers leur soutirent facilement leur terre. Un exemple avec les chinois et les paysans du coins. Les paysans n 'ont pas le sens de l'argent, du moins de beaucoup d'argent. Quand ils vendent des terres, les dizaines de milliers de dollars qu'ils ont soudainement partent dans l'achat de 2 ou 3 voitures pour montrer qu'ils ont de l'argent et se ruinent pour rien. Un autre exemple, c'est lorsque les chinois leur achètent leur terres. Il me montre un grand bâtiment blanc au loin, il me dit que c'est le casino et qu'il est tenu par les chinois. Le business de la capitale après le massacre des intellectuels en 75 est détenu par des étrangers. Donc quand les chinois achètent les terres, ils invitent le paysan cambodgien à venir passer une soirée au casino. L'appât du gain, l'ambiance de riche etc… fait que le paysan joue tout son argent et perd tout l'argent gagné par la vente de son terrain dans les machines à sous, propriété de ces mêmes chinois qui récupèrent ainsi la somme investie et s'appropriant ainsi le terrain gratuitement. Une autre conséquence du massacres par les khmers rouges est que lorsque les intellectuels ont fuit leur belle maison coloniale, les khmers rouges se les ont appropriés pour une bouchée de pain, quelques dollars parfois. Ce qui fait que certains riches de Phnom Penh ont leurs biens hérités d'un passé bien douteux.
La discussion est intéressante mais Veerle tourne en rond depuis un bout de temps, alors je prends congé et quitte le bar, tout en prenant Veerle par les épaules en m'excusant de notre impolitesse. En retour je lui explique vite fait toutes ces informations que j'ai glanées sur la ville puis on saute dans un moto taxi.
On retourne se délasser prêt du lac. On y retrouve Robyn et Treasa par hasard et on part avec elles boire un verre sur la terrasse qui donne sur le lac. Ambiance chill out.Comme je n'ai que de grosses coupures pour payer, je pars faire de la monnaie et comme personne ne veut de mon billet de 100 dollars ou alors on me prend 4 dollars de commission, je passe par un jeune qui tient l'hostel d'à côté et dont on me dit qu'il sait où faire la monnaie. Treasa vient de passer par lui. Alors je lui file mon billet, et il revient avec des petites coupures. Il compte devant moi et comme je suis pressé, je prends la somme et recompte quelques mètres plus loin. Il manque un billet. Je retourne lui dire qu'on ne lui a pas donné la somme exacte et de me filer le reste de la somme, mais il me dit que c'est trop tard, qu'il fallait le constater quand il m'a filer l'argent car rien ne dit que je ma demande est honnête. Je lui dis que je ne suis parti que depuis 5 secondes, je ne peux pas avoir dépenser cet argent si vite. Après insistance et à contre coeur il retourne demander à son agent de change la somme manquante et quand il revient il me dit que le bureau est fermé et que c'est trop tard. Alors je reste à lui dire que je pige pas son truc, et qu'il se débrouille pour me filer le billet manquant. On discute quelques minutes, lui dit que je suis okay qu'il prenne sa comm', mais qu'on ne me déduise pas autant. Lui ne démordant pas et moi disant que c'est pas fairplay, il s'énerve et prend dans son porte monnaie un billet qu'il me tend et me dit d'aller me faire voir avec mon fric, que c'est le jour de son anniversaire et qu'il avait pas envie de se prendre la tête. Petit malin, tu me mets dans une situation inconfortable de te prendre ton billet et de t'appauvrir alors que tu étais censé me rendre service. Alors je lui redonne son billet et me barre. Je ne saurais jamais la vérité, si c'est lui qui a pris sa comm' exhorbitante ou si c'est le bureau de change qui s'est réellement trompé. Mais je ne pouvais pas prendre son argent, question d'éthique. Je retourne au bar du lac et dis que j'aurais mieux fait de payer les 4 dollars du bureau de change que de perdre 20 dollars et tout ce temps. On continue la soirée et Annelien, l'amie de Veerle arrive enfin. On change d'endroit pour aller manger, et on se retrouve à une table de 8 au final. Veerle et moi, Robyn et Treasa, deux suédois amis des deux filles et Annelien et Phil, un ami voyageur américain d'une 40 aines d'année avec qui elle a voyagé en venant.
Ils prévoient d'aller boire un coup a un bar anglo-saxon où l'américain a ses habitudes. A ses explications, Veerle et moi nous nous regardons et pressentons le bar à filles. Je leur dis que j'ai prévu de regarder le match de rugby ce soir et que je n'irais pas avec eux, j'ai prévu de le voir dans le bar français avec je l'espère d'autres français. Comme l'américain a rendez vous au bar sous peu, lui, Annelien et Veerle y partent (ils l'accompagnent par politesse). Moi, les suédois, Robyn et Treasa, ont les y rejoint une bonne demi heure après. Comme les deux bars sont distants de deux blocs, je les accompagne au premier bar où je vois Veerle qui s'ennuie un peu et qui me confirme que c'est un bar à fille. En tout cas quand je viens lui parler elle me gratifie d'un grand sourire et tout de suite on se met à se parler, comme pour s'échapper du monde ambiant. Y a pas à dire y a un truc. Je lui dis que je m'en vais, j'ai un match à regarder et qu'ils n'ont qu'à venir m'y retrouver quand ils auront fini sinon je reviendrais ici. Et soulagé, je pars en courant vers le bar du français où le match a déjà commencé sur l'écran géant. La France mène face à l'Irlande et le bar avec pas autant d'affluence que je l'espérais et bien calme puisqu'il est rempli d'une poignée de vieux irlandais qui constatent leur défaite en silence.
J'ai la nostalgie des bars de Madrid ou de Toulouse lors des matchs de rugby et toute cette jeunesse qui vibre au rythme des passes et des maules (et des pichets de bière). En fin de deuxième mi-temps alors que la victoire est totale, mon petit groupe me rejoint, se pose à une table dehors et au lieu de regarder le match, se boivent des coups. Comme ce sont mes potes et que le gérant est sympa avec eux, offrant même un verre à Treasa qui blague avec lui (ou car elle est irlandaise et que son équipe vient de perdre). Je suis content de voir qu'ils aiment bien ce bar, mais le coin est loin d'être le plus festif de la ville alors on décide de bouger à nouveau.
Je leur propose le bar à rhum pour boire de bons verres et le bar gay juste à côté pour s'amuser Robyn qui adore le rhum brun est enchantée. Le seul problème c'est que je ne retrouve pas la rue et après avoir tourné à pied dans des rues qui a ces heures sont de moins en moins accueillantes, on monte dans la première moto taxi que l'on croise et on rentre à notre lac. Seuls les deux suédois descendent en cours de route pour trouver une fête quelque part dans la ville. Arrivés à l'hostel, la fatigue nous prend de court et les deux flamandes montent se coucher. Robyn, Treasa et moi on va au bar juste à côté de notre hostel pour un dernier verre avant de se coucher nous aussi. Ce bar à un écriteau bien spécial. En plus de commander de l'alcool on peut se commander un joint pour 2 dollars.
C'est l'ambiance du lac, y a que là qu'on voit ça. Les filles se prennent un verre, moi je ne prends rien mais goûte leur verre, on discute un peu, elles me demandent si je sors avec Veerle vu qu'on est toujours ensemble, je leur souris, leur dis que non, on parle de deux trois autres choses puis les laisse et pars me coucher. Petit samedi soir mais samedi bien rempli. Pour notre dimanche on a décidé, Annelien, Veerle et moi de faire un tour dans les pages sombre de l'histoire du Cambodge et le musée de l'horreur caché sous le fameux nom de S21 ainsi que faire un tour dans les killing fields (comme le nom du film).
Départ tôt le matin pour 5h de route qui nous amène à la capitale en début d'après midi.
En bon guide cambodgien et connaissant déjà Phnom Penh, je dis à Veerle que pour commencer on passera la nuit dans l'hostel où j'étais la première fois et qu'ensuite on changera si ça ne lui plait pas. Je connais les tarifs des taxis, et quand le premier qui nous propose de nous emmener nous demande 4 dollars pour la course, je l'envoie paître. Veerle est surprise car divisé par deux ça fait juste 2 dollars chacun, mais je lui dis que le tarif maximum c'est 2 dollars et que par principe il faut pas payer plus sinon on met le marché en l'air et que c'est à cause de voyageurs qui payent plus qu'ensuite on nous propose des prix qui sont élevés au double ou au triple. Pour effacer tout doute, je lui dis que si il se fait 10 courses à 2 dollars dans la journée, ça lui fait 20 dollars journalier ce qui est bien payé pour le pays. Donc on va vers un autre taxi qui nous propose encore un prix au dessus du tarif, ce que Veerle s'empresse sans scrupule de descendre à deux dollars. Voyant qu'on connaît les prix, il accepte et on arrive à notre hostel. C'est pas forcément l'hostel qu'elle pensait, celui ci est tout blanc, un peu éloigné du centre et de l'animation de la ville, et un ou deux dollars au dessus des prix usuels. Mais on a notre confort. Toujours séparés d'une chambre alors qu'il y a 3 étages pour s'éparpiller. Quand j'arrive dans la chambre, je branche la télé et je tombe sur la cérémonie d'ouverture des JO de Vancouver. Je serais tout seul je passerais l'après midi devant l'écran. Mais en bon guide de Phnom Penh et en guise de bienvenue, je me suis arrangé avec un moto-taxi pour qu'il nous emmène faire le tour de la ville pendant une heure ou deux en échange de quelques dollars bien négociés. Et nous voilà partis, profitant du dernier carré de soleil sur la ville et je montre à Veerle la jetée où se trouve les bars sympas au style colonial de la ville. On passe les temples, on voit le toit en or du palais royal et on se dit qu'on ira se faire un tour dès demain. Premier arrêt un temple en plein milieu de la ville.
Le chauffeur nous dépose un peu à l'écart et nous dit de passer par la sortie pour ne pas payer l'entrée. Dans ce temple on peut admirer quantité de bouddhas et d'ornement. Je ne sais pas combien de prières sont faites dans ces endroits, tant il y a de divinité.
Il y a même un bouddha avec des lasers bleu et rose qui fait très kitch, mais qui doit être très vénéré.
On retourne à notre mototaxi qui continue son voyage à travers la ville puis passe le pont pour traverser le Mékong et on arrive dans une partie de la ville inconnue pour ma part.
Nombre de personnes sur cette berge sont musulmans et travaillent sur leur barque au fil de l'eau.
Le chauffeur nous dit qu'on va aller voir deux temples bouddhistes et la future zone branchée de la ville où vivent les gens qui ont de l'argent. Alors on se laisse guider et on découvre ainsi des quartiers pauvres où se trouvent les temples et où des femmes avec leurs enfants nous suivent pour qu'on leur achète quoique ce soit.
On a peine à les repousser alors que notre chauffeur les chasse comme de la vermine.
On entre dans le premier temple, il a une forme de bateau et des moines nous regardent en souriant.
Ils ne doivent pas être habitués à croiser des femmes blanches puisqu'ils évitent tout contact avec Veerle, principe religieux me dit elle. Le temple est beau et respire la sérénité. Tant de motifs et de symboles qui nous échappent et qui doivent certainement montrer le chemin du Nirvana invisible à nos yeux. On continue la balade et on pénètre dans un autre temple, où les moines travaillent à couler une dalle en béton.
Ils nous regardent arriver, l'un me sourit et je lui parle un peu pour savoir son nom, ce qu'ils font, tandis que Veerle va au fond de la cours pour prendre des photos des enfants qui jouent. J'ai l'impression qu'elle a raison, les moines ne doivent pas être distrait par une présence féminine, leur parler ou être en contact avec elles. Je pars rejoindre Veerle et je suis étonné de voire autant d'enfants jouer dans cette cours. C'est comme une petite cité pour enfants perdus. Quelques sourires d'enfants nous accueillent et on les capture d'un simple clic. Tous ces beaux visages et ces sourires francs sur fond de temple ancien font paraître l'endroit paradisiaque.
D'autres plus grands jouent au foot et nous regardent de loin. On repart vers la moto taxi, je salue les moines et serre la main de celui qui m'avait parlé pour faire les présentations puis on repart vers le Mékong en passant par les beaux quartiers, on retraverse le pont alors que le soleil se couche, puis on part vers un nouveau quartier, celui du lac.
Un lac qui paraît loin de tout, mais d'où on voit plein d'hostals sympas et une vie plus locale. On se dit qu'on aurait du prendre l'hostel par ici, mais on ne savait pas que ce quartier populaire était aussi celui des voyageurs. En tout cas on est sous le charme et on continue la route jusqu'à rentrer. Je dis au chauffeur de nous laisser au FCC, puisqu'on a rendez vous avec Robyn et Treasa. On est juste à l'heure. On monte les marches, arrive dans le salon principal mais je ne les vois pas. Alors on se commande une bière avec Veerle et comme la balustrade est prise d'assaut, on décide de visiter un peu les lieux et de s'asseoir à une table et là surprise, Robyn et Treasa sont déjà là en train de boire leur verre. Le bar ne leur plait pas tant que ça, trop bourgeois et je le conçois, il est pas comme d'habitude quand on peut voir le coucher de soleil sur le Mékong accoudés à la rambarde. Je leur demande où est ce qu'elles logent, justement leur hostel est prêt du lac et elles nous disent que c'est franchement plus sympa pour s'y amuser.
Avec Veerle on se dit qu'on déménagera au lac demain pour faire un peu plus la fête. De plus une amie de Veerle arrive demain, elles voyageaient ensemble, leur routes se sont séparées puis se retrouvent demain. Robyn et Treasa veulent retourner dans leur quartier, plus festif et moins cher. Nous on est pas trop chaud pour bouger si loin ce soir, on est un peu fatigué, on préfère se rentrer tranquillement et on dit aux deux britanniques qu'on les verra demain, qu'on viendra habiter au lac nous aussi.
Alors une fois les retrouvailles et les au revoirs fait, on rentre un bout à pieds, au moins pour trouver une moto qui nous ramènera. Je me souviens d'une rue avec des bars sympas qui est sur le chemin. On s'y engage et là, c'est le bonheur. Un bar français qui sert du vrai punch, oui celui de Martinique avec sa clientèle française et à côté, un bar gay où des drags queens doivent donner une représentation. Chacun trouve son bonheur. Alors on se boit quelques rhums et on va dans la chaleur du bar gay qui est bondé. Un groupe de cambodgiens efféminés me demandent d'où je viens, je leur dis de France, regrettant presque de sortir le pays du dit romantisme. Et ça ne loupe pas, ce quatuor se lance dans un chanson française en chœur qui me fait sourire et qui fait rire Veerle.
Bref entre ces deux bars, aidés par les effluves des alcools de cannes et la bonne ambiance du bar gay, on repart heureux dans notre lointain hostel. On monte sur la motorbike et Veerle assise derrière moi me sert plus que d'habitude, parfois son étreinte ressemble à quelques passe de massage. La muraille s'écroule. On arrive à l'hostel et elle me demande ce que je compte faire ce soir !! Alors là je suis pris au dépourvu, elle m'offre le but en or, les buts sont grands ouverts et le gardiens a plongé du côté opposé. Pourtant je ne shooterais pas en pleine lucarne. Je lui dis que je vais me coucher et surpris je lui retourne la question. Elle me dit un peu décontenancée par sa question qu'elle va voir ses mails pour voir si son amie a enfin donné de ses nouvelles. On sent l'un et l'autre qu'une occasion vient de passer. Je monte à ma chambre en me traitant de pauvre con, mais c'est mieux ainsi, la muraille est ébréchée et peut être éméchée, pas la peine de tout faire écrouler. On a encore pas mal de choses à faire avant de s'embrouiller et notre amitié est bien plus importante. Demain c'est palais royal et visite culturelle de la ville et peut être si Veerle arrive à contacter son amie, notre duo deviendra trio.
Plus on passe de temps ensemble et plus on se sent de plus en plus proche. Nos discussions sont faciles, l'impression de se connaître depuis toujours. Pourtant on continue de se quitter et se revoir en bon voisin sur le pas de nos portes distantes d'un petit pas. Un petit pas pour l'homme et un grand pas pour elle et l'humanité. Ce matin je lis à la table du petit déjeuner, tranquille, tout seul. Veerle vaque à ces occupations. Je regarde une mototaxi qui passe sur la route, qui fait demi tour et s'apprête à repartir. Sauf que la passagère de la mototaxi je la connais. Avant que la moto ne redémarre, je siffle et fais des signes à la passagère. Elle me voit, dit au chauffeur qu'elle s'arrête là et me rejoins. C'est Els, la belge, celle qui a le plus beau métier du monde et qui conduit des trains. Je lui dis que je pensais la revoir au bar de la plage mais qu'en vain. Elle me dit qu'elle a finalement parlé à son ancien copain de vacances, cet anglais qui ne savait pas qu'elle était revenue, et qu'il l'a accueillie chez lui. Il est prof de plongée et toute la journée elle reste seule. Je lui propose de rester la journée avec nous, entre belge flamand. Veerle arrive, je la présente, elles s'échangent quelques mots en viking puis la discussion reprend en anglais.
Je dis à Els qu'on était à sa plage préférée, à Otres beach. Elle nous dit qu'elle aussi y était, mais on ne s'est pas vu. Elle était à un bungalow à boire quelques bières en regardant la mer. Nous étions 300m plus loin. Comme on a rien à faire et que cette plage nous plait bien on hèle un mototaxi et on y retourne. Els me demande si j'ai mangé les fameuses gambas dont elle me parlait dans le bus. Je lui ai dit que non. Alors on en commandera.
En attendant seul homme à bord, je prend mon air de protecteur ténébreux pour qu'elle se sentent en sécurité ;-)
On arrive au bungalow, le même que quelques jours plus tôt je m'étais renseigné pour le prix et dormir. 5 dollars la nuit à dormir à dormir dans une chambre en palmier sécher et en bambou. La jeune fille qui tient le bar, toute jeune adolescente, a le sens du business, elle sait y faire, gérer les clients, faire sa pub, laisser sa carte. Un peu le genre de la jeune Hmong qui avait plus de maturité que bien des femmes plus âgées qu'elle.
On s'installe sur des fauteuils ronds et confortables. On se commande nos gambas, on prend le soleil, les filles discutent puis me privent de leur compagnie en sombrant dans le sommeil, telles des lézardes au soleil.
Encore une après midi qui passe sans stress, juste à profiter du moment. On avait dit au chauffeur de la motorbike de venir nous rechercher au soleil couchant, alors il est là et nous attend. On regarde encore un peu le soleil avant de disparaître dans sa cariole.
Ce soir, c'est le dernier soir à la plage. Les deux profs viendront, Els sera là, et tout ceux qui voudront bien se donner la peine de danser ce soir au bar de la plage.
Dernier barbecue de poisson avec mon serveur et mon cuisinier préféré. Je leur dis que c'est la dernière fois que je viens manger ici. Le jeune serveur me fait penser à un personnage de "Killing Field". Je les prends en photo pour souvenir et Veerle et moi dégustons ce poisson et ces pommes de terre avec cette sauce délicieuse avant de partir rejoindre ses amis au Monkey Republic se boire quelques verres.
Au bar il y a Els et son copain, Robyn et Treasa et des amis et puis nous. On se met à une table entre nous et on écoute les histoires de chacun comme absorbé par les récits de voyage.
Alors on vas de bar en bar, entre le bar de l'hostel de Robyn et Treasa qui est juste en face et qui a une piscine, le Monkey Republic où on est et un bar qu'on avait jamais vu, normal y avait jamais personne, mais avec nous tous qui a bonne allure, le "Corruption". Ce bar est juste un bar qui n'a de bar que le bar. Pas de salle, il est dehors. Le serveur nous sert des verres qui sont d'un prix tellement dérisoire qu'il ne se fait aucun bénéf. Il nous dit que c'est son truc pour avoir des clients, et que le reste des bars sont corrompus. J'ai un peu oublié l'histoire, mais le nom de son bar est comme une provocation aux autres, leur piquer des clients en offrant des prix défiant toute concurrence. Alors on y passe la soirée. Treasa danse une danse irlandaise, d'autre dansent comme ils peuvent. On se croirait dans son jardin à sa propre soirée. On n'ira même pas au bar de la plage, tellement on restera longtemps à celui ci. Petit à petit chacun s'en va. On se dit aurevoir, notre bus part demain matin pour Phnom Penh. Veerle dit adieu à ses deux amis, moi aurevoir à Robyn et Treasa qui vont aussi sur Phnom Penh. On se dit qu'il faudrait qu'on s'y recroise et comme je ne connais qu'un endroit, je leur donne rendez vous le lendemain soir au bar du FCC à 19h, si elles s'en souviennent. Je raccompagne Veerle et on marche tel un couple qui s'en retourne à ses appartements, mais qui se quitteront une fois encore juste un pas avant.