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je m'appelle jennifer leroi veuve française âgé de 66ans. n'ayant aucun héritier, depuis la mort de mon époux,
Par jenniferleroi, le 16.02.2018
je sais pas qui tu es pour juger un voyage où tu étais pas, mais cette histoire n'est pas une découverte de la
Par moi même, le 14.08.2017
tu es insupportables à lire ; il manque beaucoup de ponctuation ...de plus tu es comme beaucoup de jeunots qui
Par Cave Jacky, le 05.08.2017
t'as l'air de mieux t'y connaitre que moi en costard. tu peux faire ce que tu veux, broder des trucs, avoir de
Par ulysserepart, le 05.09.2012
euh excuse mois , tu dis faux , mais ou crois tu que les ''grandes marques '' se procure leur costard a 600 €
Par Akli, le 05.09.2012
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Date de création : 18.07.2010
Dernière mise à jour :
12.07.2011
87 articles
On retourne à l'hostel entre chien et loup. Il me propose de m'emmener manger à l'un des restaurant de rue où je suis sûr de trouver le meilleur plat au meilleur prix. J'en profiterai pour lui payer le repas pour le remercier de ses services. Longue route pour revenir, on double deux filles à l'arrière de motorbikes qui étaient elles aussi en haut de la montagne. Elle était bien belle cette montagne. Entre deux mondes, elle a du en voir des choses se passer. L'invasion du Cambodge par le Vietnam pour chasser les khmers rouges, l'entrée des troupes américaines qui étendirent leur guerre au pays voisins… là c'est juste un soleil couchant qui passait.
On arrive au centre ville, on mange une assiette de poulet et de riz avec des légumes puis on convient lui et moi de se retrouver demain pour visiter avec sa motorbike un peu de la région.
Le lendemain je me retrouve à l'arrière de sa bécane pour parcourir les chemins le longs des rizières. Il me dit qu'on lui a offert sa moto. Un jour un touriste suisse a voulu visiter la région pendant 15j, alors au lieu de le payer en liquide, il lui a acheter la moto et en retour lui a demander d'être son guide. Le prix d'une motorbike doit être de 350 euros. Les deux y ont gagné. Depuis il peut sillonner la région et faire guide à ses heures. Le matin même j'avais demander au réceptionniste de l'hostal de me réserver une place pour le bateau du lendemain qui remonte les bras du mékong jusqu'au Cambodge. Ce fut chose faite et j'ai donc une dernière journée à profiter de ce pays en compagnie de XXXX (le nom de mon guide).
Je lui fais confiance pour le trajet, et on traverse petit village, on passe prêt d'un endroit où on négocie le poisson que l'on vient de pêcher dans les rivières. La pêche de ses poissons est un gros commerce ici. Un moment il me propose de conduire sa motorbike. Eh ! ça me fera des souvenirs, alors je prends les commandes et j'avais oublié comment c'est fatiguant pour l'avant bras de piloter ces engins, surtout quand on est deux dessus. Il me donne quelques conseils de conduite mais vois que je les connais déjà, comme klaxonner dès qu'on dépasse quelqu'un. Donc dans un concert de klaxon je roule une petite demi heure dans ces paysages de rizières et de champs avant de lui rendre les manettes.

Il m'emmène à Ba Chuc, un petit village tristement célèbre où les khmers sont venus assassiner tout un village. 3000 personnes périrent. On voit un mémorial où sont exposés les crânes des villageois.
Seules deux femmes sur tout le village ont survécu. Deux fillettes à l'époque laissés pour mortes aux milieux des cadavres. Je vois deux photos d'elles, on n'imagine pas à leur regard paisible l'horreur quelles ont vécu. On visite un petit temple où un moine me montre des endroits où les khmers rouges exécutèrent des villageois.
Ses parents ont du faire partie des victimes alors qu'il étudiait ailleurs. Je suis pas encore arrivé dans leur pays que déjà l'épouvantable histoire des khmers rouges croise mon chemin. Cette fois ce ne sont pas juste des histoires, les crânes devant moi en sont la réalité. Je lis les papiers mis sur la vitrine. Les crânes sont classés par âge et par sexe. Ici les bébés, là les filles entre 7 et 10 ans, là les garçon entre 12 et 15 ans, là les adultes. Je suis face à eux, leur visage effacé dont on peut voir pour certains les anciennes photos sur les murs d'un petit musée. Juste deux grandes orbites vides et quelques dents sur ces squelettes en vitrine pour ne pas oublier. C'était il y a à 30 ans, à peine une génération de cela.
Mais que s'est il passé pour en arriver là ? Surtout ici dans ce village au milieu de rien !
On continue notre route, direction un fort dans la montagne où se cachait l'armée vietnamienne. Alors on roule un bon moment dans ce décor merveilleux.
Puis soudait on arrive et il me montre dans une montagne, les rochers où se trouvent des caves qui servaient de QG à l'armée. Il me dit qu'il m'attend et que j'ai qu'à faire un tour. J'avance dans ce petit parc ou deux familles côte à côte vendent les mêmes fruits. Concurrence directe et un peu maladroite. Si on achète à l'une on n'achètera jamais à l'autre deux mètres plus loin. J'achète un petit sachet à la première en m'excusant à la deuxième. Et oui qui choisir quand elles sont les unes à côté des autres !!
Je me dirige ensuite vers les rochers et les grimpe.
Je suis les flèches blanches sans savoir ce qu'elles indiquent. Je grimpe une bonne dizaine de minutes avant de voir en bas un jeune garçon du parc qui prend le même chemin pour me suivre. Je saute de rocher en rocher me demandant si je vais pas faire demi tour car je ne vois aucune cave. Le jeune garçon me dépasse et passe devant. Je le suis, peut être connaît il les endroits où les trouver. On quitte les rochers et on passe à la partie terreuse et forestière. Où m'emmène t'il. Je le suis, on escalade des côtes abruptes pour arriver à un gros rocher qu'il faut lui aussi escalader tant bien que mal en s'aidant d'un arbre pour arriver au sommet et surplomber la vallée. Je me demande comment on redescendra tout ça, mais en attendant je contemple le paysage et la vue à 360 degrés.

On tente de se parler, mais il parle pas un mot d'anglais. Il a les traits cambodgiens et je suis sûr qu'il me parle en khmer. Je ne connaitrais que son prénom et deux trois choses de plus que l'anglais basique permet de savoir. On reste quelques minutes, il m'a apporté une bouteille d'eau, sans doute se disait il que j'en aurais pas assez pour grimper tout ça. De temps en temps on entend la détonnation d'un fusil. Il sursaute comme si on lui tirait dessus. Avec tout ce que j'ai vu aujourd'hui j'imagine même qu'il sursaute car il a été traumatisé, mais il est trop jeune pour cela.
On redescend mais pas par le même chemin. On continue de traverser la forêt. Parfois il veut sauter au dessus d'un fossé assez haut pour trouver le chemin mais je lui dis que je le suis pas. Le saut dans un sens est assez ardu, mais dans l'autre sens c'est quasi impossible, surtout qu'il est pas sûr que le chemin continue ensuite. Alors on coupe à travers une bananeraie aux pentes assez raides pas moments, on se perd un peu, on demande notre chemin à un paysan qui nous indique le bon versant à prendre et au bout d'une bonne heure de marche en tongue dans ce terrain hasardeux, on est tout en bas de la montagne mais à l'opposé de là où on est monté et il faut une autre bonne demi heure de marche pour rejoindre l'entrée du parc.

Mon guide doit se demander ce que je fais depuis tout ce temps. Quand je le retrouve il est sur un hamac à attendre. Je lui raconte ce que j'ai fait, et que j'ai pas vu l'ombre d'une cave. Il me dit qu'elles sont à l'entrée des rochers. Le jeune khmer qui m'accompagne me dit qu'il va me montrer. Sauf qu'il a pas du comprendre ce que je cherchais. On retourne dans le parc et me montre des autruches, des crocodiles dans un bassin, on va même tirer au fusil de guerre sur une cible pour 5000 dongs. Je lui propose de lui payer son tir, il ne veut pas. Il se met derrière moi et se bouche les oreilles. Je tire !
Le recul fait percuter la crosse sur mon épaule quant à mes oreilles, elles sifflent. J'ai tout de même entendu le petit cri au moment où le coup est parti de mon compagnon. Il a peur des coups de feu. Ce que je comprends. Un tir fut assez impressionnant. Alors l'impression d'être au milieu du champs de bataille et d'être la cible doit être effroyable.
Les oreilles toujours sifflantes on retourne vers la sortie, il rentre chez lui, je le remercie, je lui tends un billet pour le remercier de tout ça et il refuse. Peut être travaille t'il ici, peut être l'a t'il juste fait en ami. Je ne sais pas. Je retrouve mon guide qui me demande si j'ai vu les caves. Je réponds par la négatif. Alors il m'y accompagne. On retourne vers les rochers, on tourne vers de petits escalier, ceux que j'avais loupé, et on descend dans l'obscurité. Tout d'un coup une ombre, un homme armé. Le cœur qui bondit, mais ce n'est qu'un mannequin pour décorer et que l'on distingue à peine dans la pénombre. On arrive dans une salle où d'autres mannequins sont en demi cercle devant un qui montre sur un tableau le déroulement des opérations. On s'y croirait presque.J'ai même presque l'impression qu'ils vont se retourner et me capturer.
Il y a plusieurs caves, mais il se fait tard et il me propose de reprendre la route.
Le soleil décline un peu. Il est 16h et on roule sur ces routes de soleil pour le chemin du retour. On double motorbikes avec femme et enfants et autres objets bizarres.
On tourne sur une route où on s'arrête au bout de quelques centaines de mètres. Il me dit que si je ne m'étais pas perdu dans les rochers et avec plus de temps on serait aller au bout de cette route pour voir son endroit magnifique avec les oiseaux et tout. Je suis presque déçu de ne pas pouvoir y aller, mais le soir est en train de tomber. Derrière nous sur l'autre rive, deux hommes discutent. Deux hommes dans les silhouettes se découpent sur ce paysage magnifique. On se sent bien ici. Tout semble immobile. Et au milieu coulent des rivières.

Alors on fait demi tour, laissant les oiseaux et les endroits de paradis pour une autre fois ou pour jamais et on retourne sur Chau doc. La nuit tombe, mais je pourrais dire que le delta du Mékong je l'ai vu. Il reste des dizaines d'endroit à voir et même une île, mais demain je dois quitter le pays sur mon bateau pour rejoindre une autre histoire, une autre peuple, une autre culture, une autre aventure et d'autres paysages. Demain je pars au Cambodge.
Dernier jour sur Ho Chi Minh ville. Je m'apprête à prendre un bus pour le delta du Mékong et ses rizières. Le grenier à riz du Vietnam avec plus de 4 moissons par an alors que dans le nord aux abords du fleuve rouge ils n'en font qu'une. Avant de partir je retourne manger à ce délicieux restaurant végétarien pour une bouchée de pain, puis je tente de trouver le bus qui part pour Can Tho un peu plus au Sud non sans croiser des jeunes écolières qui ressemblent dans leur costume à de toute jeunes infirmières.
Je demande aux gens dans la rue, on me dit de prendre le bus numéro 1. Je le trouve, je paye et je m'assois paré pour quatre heures de voyage. 50 cents pour ce vieux bus de ville. Le trajet le plus économique du monde. Le bus traverse les districts moins touristiques de la ville, jusqu'au 5èmeoù on me dépose vingt minutes plus tard au milieu de rien. Je demande au chauffeur ce qu'il en est et il me dit que la station de bus pour Can Tho est de l'autre côté de la rue. Ce n'était qu'une navette et je dois me rendre au terminal de bus. A peine descendu du bus qu'une femme et un homme me demande si je vais sur Can Tho. Je réponds oui et me disent de monter sur leur mobylette jusqu'à je ne sais où pour prendre un bus. Je leur dis que c'est bon, je vais juste traverser la rue et prendre le bus normal. Mais ils insistent et me disent de les suivre que j'aurais un meilleur prix avec eux. Je me dis qu'ils veulent surtout me faire leur prix et profiter de mes dongs de touristes. Seul avec tous mes sacs je me sens pas en position de force pour quoique ce soit. Je les remercie mais leur dis de me laisser prendre le bus normal quitte à payer un peu plus (ce dont je doute forte). Mais ils continuent à me dire de monter derrière la motorbike et de les suivre. Pourquoi moi !! Ils peuvent pas me laisser prendre le bus comme tout le monde. En même temps je suis le seul à être descendu à cet endroit. Ils me proposent de m'emmener jusqu'à la station service à 100m d'ici. Malgré moi, je décide de leur faire confiance et je monte à l'arrière, me demandant quel est leur business. Là un van attend, avec des gens dedans et il reste une place. Ma place !! Le van va à Can Tho pour un peu plus cher mais plus vite et climatisé. Je dis que j'ai le temps pas besoin de tout ce confort. Mais comme partout, il suffit de parler pour engager la négociation sans le vouloir. Alors on parle de prix, je le descends, il le remonte, je le redescends, finalement comme il attend de se remplir avant de partir, on s'accorde sur le prix et je me laisser aller pendant deux heures et demi avec l'air climatisé jusqu'au cœur du delta.
Le paysage change peu à peu, on a l'impression de changer de pays, tout devient plus plat, plus campagne et la température plus agréable. Il se dégage de ces paysages un calme et une douceur de vivre que l'on devine au fil de l'eau. On arrive sur Cantho. Il faut passer un pont pour passer le fleuve et arriver sur la petite ville. Le chauffeur me dit qu'il y a un péage a payer et qu'il faut que j'ajoute quelque milliers de dongs (un euro tout au plus). Je réponds qu'on a convenu du prix jusqu'à Cantho pas jusqu'au pont. Il me sourit et ne me demandera plus le prix. Il me demande où je dois me faire déposer, je réponds que j'en sais rien. Je regarde vite fait la carte de mon guide et lui indique une rue qui semble centrale et où je devrais trouver où dormir. Alors que je viens de refuser de lui payer le péage, il me dépose tout de même dans la rue que je lui indique. Je ne sais si j'ai bien fait de refuser de payer en plus ou si c'était une ruse de sa part pour se faire un peu plus d'argent de poche, mais il a l'air honnête et je m'en veux d'être sur le quivive sur les prix de peur d'être arnaqué comme le premier touriste venu. N'oublions pas, ne jamais chipoter pour 50centimes mais ne pas payer aveuglément comme un crétin.
Me voilà déposé à Cantho et après avoir tourné un peu dans les rues et ruelles, je trouve où dormir dans un hôtel aux allures d'immeuble tenu par une mère et sa fille. J'aime l'atmosphère qui se dégage de cette région, tout est plus tranquille, l'air plus doux. Du haut de mon étage je peux voir les gens qui vont et viennent manger à la petite cariole en bas de ma rue.
Le jour touche à sa fin, alors je me promène sur la jetée pour voir un peu l'animation de la ville, son marché. Un restaurant touristique affiche une carte alléchante où ne vont que les touristes. Pas cher dans l'absolu trop cher dans ma relativité. J'achète juste une chemisette dragon en lin et de style chinois qui me revient à 3 euros. Je me dirige vers le marché où on me propose de goûter quelques fruits et gâteaux inconnus et j'achète un paquet pour les remercier. Je pars ensuite à la recherche de ce restaurant végétarien que l'on m'avait recommandé la veille. Et je le trouve et j'y mange et m'y régale pour pas grand chose. Le tofu remplace le poulet, les légumes sont un peu plus goûtus et il y a du monde. C'est une bonne adresse. La nuit est tombée et je retourne sur la place du marché profiter de l'air frais des affluents du Mékongs qui coulent juste à côté. Il paraît que si on se lève suffisamment tôt on peu voir les marchés flottants sur la rivière. Mais je ne les verrais pas, je ne me lèverais pas suffisamment tôt et de plus je ne reste pas. Il ne me reste que quelques jours avant que mon visa expire, alors dès le lendemain matin je me rends à la gare routière que l'on m'indique, non sans prendre mon brunch au restaurant végétarien, plein à cette heure mais on me fait manger dans leur salon attenant avec tous mes bagages un peu encombrant et on me sert même du rab. Privilège sans doute d'être venu la veille et d'avoir accepté de ne pas manger dans le restaurant bondés. Vraiment sympathique petite ville.
Arrivé à la gare routière, j'ai une bonne heure d'attente avant mon dernier bus vietnamien pour la commune de Chau Doc. Tandis que j'attends, un être humain que je mets du temps avant de savoir si il est homme ou femme, me fait des clins d'œil. Il/elle travaille ici et plaisante à mon sujet avec la fille du guichet qui vient de me vendre mon ticket. Pas besoin de comprendre le vietnamien pour comprendre ce qu'il dit. Suffit de regarder ses yeux enjôleurs pour savoir que je lui plais.
La voix est féminine, le corps masculin, le visage androgyne. Un peu de poils aux jambe, peu de hanche et de poitrine, même si il est un légèrement enveloppé, me font dire que c'est un homme, mais qui a tout d'une femme et bien plus. Manière très efféminées, clin d'œil, voix très lascive sauf quand il répond à un truc qui l'agace et que la voix redevient en une seconde masculine et grave. Il est marrant et pendant une heure on a le temps faire un peu connaissance. La vendeuse de ticket et son ami s'esclaffent de rire à chaque fois qu'il revient à la charge avec sa petite voix douce. Moi qui pensait m'ennuyer pendant une heure, le temps passe très vite. Mon bus est annoncé. L'heure de partir et il est occupé à encaisser l'argent des usagers qui vont aux toilettes. Je vais lui dire au revoir, il insiste pour qu'on se fasse la bise. Je le vois venir et à peine j'approche ma joue, qu'il tourne la tête me vole un rapide bisou avant de rigoler. Technique purement masculine, il aura garder cela de son chromosome Y. Sacré, XXX il fait au moins les beaux jours de ce terminal de bus avec sa bonne humeur et ses allures de grande dame pipi.
Le bus part pour deux heures de trajet traversant les paysages de ce delta et s'approchant peu à peu d'un autre grand pays, le Cambodge.
On arrive à Chau Doc et on s'arrête au terminal qui pour le coups est au milieu de nulle part, pas même en ville. En pleine campagne. Mais la ville est toute proche. Je prends mes clics et mes clacs et commencent à partir à pieds en refusant toutes les offres des motorbikers qui tels des vautours tournent autour du bus pour nous emmener en ville. Ils demandent 50 000 dongs, 2 euros, pour y aller. Le prix d'un repas ! Même un gars en vélo me propose de me remorquer sur sa carriole. Je dis que je vais marcher un peu. L'un me dit que c'est trop loin, comme 4km de marche. Je dis que c'est bon, je vais marcher une demi heure. A ces yeux je vois que je dis n'importe quoi. Je négocie son prix de moitié pour monter sur son engin et nous voilà roulant vers la ville; Petit détour pour retrouver la bonne route et on arrive au bout de quelques kilomètres.
Mon chauffeur de motorbike m'arrête dans un premier hostal, complet !! Un deuxième trop cher. Il me dit qu'il connaît un où je devrais trouver mon compte. Il est sympa, il m'attend à chaque fois pour être sûr que je trouve. Je trouve une chambre pour 7 dollars. Confort sans plus, mais je vois des voyageurs qui me disent qu'ils y sont depuis 2 jours et que c'est le mieux de la ville pour le prix. Un gars sur le trottoir, me dit qu'il connaît un endroit moins cher dans une rue pas loin. Je décide d'y aller, mais mon chauffeur de motorbike me fait un discret non de la tête. Que veut il dire, que le gars n'est pas fiable, que l'endroit qu'il va me montrer l'est encore moins ?? Alors en désespoir de cause, je prend la chambre qui finalement n'est pas si mal. Parmi les voyageurs que je croise, un irlandais qui voyage en vélo, un américain que j'avais croisé à la station de bus et qui me demandait le chemin de la ville, lui même en vélo. Ils me font presque rêver avec leur deux roues, prenant le temps de traverser cette région agréable en vélo. Ils me disent qu'ils roulent 6h par jour et l'irlandais me dit qu'il en est à son deuxième voyage. Le premier il a roulé pendant un an avec son vélo à travers le monde et là il se reprend un an. Whoah !! Le voyage à vélo, la vraie aventure…
Un peu plus tard, je croiserais un français, la quarantaine, l'air vieux marin, qui justement vient du Cambodge et se rend à Ho Chi Minh où il a trouvé un bateau qui devrait l'emmener sur les Philippines. Je lui demande comment il a trouvé et si il s'y connaît un peu en bateau, il me dit qu'il a répondu à une annonce, qu'il a déjà skippé des voiliers et que pour 100 dollars de sa poche pour la nourriture et le trajet, entre navigation et aide à bord, il devrait débarquer sur Manille dans les prochains jours. Un vieux voyageur qui ne semble jamais trouver de port et qui jamais ne s'arrête. Le voyage en bateau, l'autre vraie aventure… Je laisse ce pirate a sa douche, si je le revois je le questionnerais sur le Cambodge dont il revient.
Je descends à l'accueil, le gars qui me proposait de m'emmener à un autre hostel, me propose de me faire découvrir le coin. Il est jeune et sympa, qui plus est, je verrais que l'hostel qu'il voulait me montrer fait partie de la liste de mon guide. Quand il me propose de me faire découvrir le coin, je me dis pourquoi pas ! Il me dit que l'une des choses à voir ici, est le coucher de soleil sur une montagne qui surplombe la région et qui fait face au Cambodge. Il me dit que c'est le bon moment pour assister à ce spectacle. Etre au Vietnam et voir le soleil se coucher sur le Cambodge. Je lui dis qu'avant je dois faire des photocopies de papiers et poster le tout à mon assurance en France. Les papiers de l'hôpital. Il me dit qu'il m'emmène à la photocopieuse et à la poste et ensuite on part sur la montagne. Vendu. Une heure après, après une rude montée, je me retrouve dans un hâvre de paix, entouré de rizières où l'on voit des chemins fuyants vers des endroits merveilleux d'après mon guide, qui me propose de m'y emmener demain si le cœur m'en dit.
Des endroits où se cachent des oiseaux magnifiques, des rivières, des endroits de toutes beauté bien plus beau que celui ci. Bien plus beau que celui ci ! Mais ici c'est déjà magnifique. Je m'installe avec un thé sur une petite terrasse où sont installés quelques petites tables et hamacs.
En face, au milieu des rizières, on me montre du doigt un endroit et j'imagine la frontière avec l'empire khmer. Même paysage, même couleur, même peuple, mais deux pays complètement différents.
Le ciel change de couleur a une vitesse vertigineuse, le soleil nous montre tous ses dégradés de rouge et entre deux chaudes gorgées de thé vert, je regarde du bout des terres vietnamiennes, le soleil se coucher sur le Cambodge, futur pays d'aventures.


5h du mat, Ho Chi Minh s'éveille, à moins qu'elle ne soit pas encore couchée. Ca fait un bout que le bus traverse la ville avant de nous déposer dans cette rue qui pour moi est comme une rue in the middle of nowhere (au milieu de nulle part). Il est 5h du matin, il fait nuit et je me retrouve avec mon sac sur le dos dans une rue inconnue dont j'ignore sa localisation sur le plan de mon guide. Non seulement il faut que je repère où je suis mais une fois repéré, que je saches dans quelle rue aller pour trouver où dormir. La rue est longue avec un parc entre les deux voies. Sur mon plan je pense avoir repéré où je suis. Reste à savoir à quel niveau de la rue je me trouve. Je demande aux allemands qui sont aussi de la partie si ils ont une idée d'où aller. Pas plus que moi ! Pour commencer je me trompe entre le nord et le sud et commence à marcher pas du tout vers le bon côté de la ville. Je demande à quelques hôtel le prix de leur chambre, mais c'est de l'ordre de 20 dollars la nuit. Je demande si ils ne connaissent pas un endroit où je peux trouver où dormir pour moins cher, ils m'indiquent une petite rue où je devrais trouver. J'espère trouver rapidement car la fatigue plus la nuit et le manque de repère me fait penser que je vais finir dans le premier hôtel que je vais trouver quitte à paumer 20 dollars, mais au moins je serais quelque part.
Je m'engage dans la petite ruelle où je vois que certaines maisons font office d'hostel. Le problème c'est qu'à cette heure les gens dorment et les maisons fermées. Par chance je trouve une vieille dame qui me propose la sienne. Ca doit être l'heure où elle commence sa journée. Je lui demande le prix, elle me dit 100 000 dongs (4 euros), elle me montre sa maison et ma chambre à l'étage. Vendu. Quatre murs, un ventilo et un lit, juste ce qu'il me faut.
Il faut partager la salle d'eau avec la famille et laisser ses chaussures à l'entrée et le tour est joué.
Je me repose un peu et quand je me réveille pour la deuxième fois de la journée, je découvre à nouveau la petite ruelle, mais pleine de vie. Restaurants par ci, vendeurs par là. La plupart du temps les gens ont leur boutique dans leur maison ou leur maison dans leur boutique, ce qui fait qu'ils sont dans leur marchandise 24/24h. Ils passent leur vie au boulot. Il n'est pas rare d'en voir certain dormir sur un lit de camps dans leur boutique. Des vrais fourmis.
Je sors de la petite ruelle animée pour débarquer dans une grande rue animée. Bui Vien en plein cœur du district 1 (il y a 5 districts et 12 arrondissements dans la ville). Je vois des voyageurs, des gens attablés à une table ou en train de siroter un thé. Je vois une fille qui sort d'une boutique, habillée comme une hippie voyageuse, mais je sens qu'elle est française. Elle a ce truc dans sa façon de bouger. J'hésite même à l'aborder pour lui demander. Ca doit faire une dizaine de jours que j'ai pas croisé un français et la francophonie me paraît dès lors exotique. Mais je ne fais que la regarder passer et elle passe. En fait je suis dans le coin des hostels backpackers mais je l'ignore encore. Le bus nous avait laissé dans le meilleur coin de la ville pour trouver où dormir pas cher. Mais de nuit quand les rues sont désertes et qu'on nous laisse dans la rue parallèle, comment le savoir ? Je prends mon petit déjeuner habituel à base de rien de sucré ou de croustillant.
Une fois rassasié, mon objectif de la journée est de faire un seul musée. Mais pas n'importe lequel, le musée de la guerre !

Ho Chi Minh ville est trop grande pour que j'y reste sans y perdre mon temps comme à Hanoï au début. Alors j'ai décidé de voir le maximum de la ville en 24h chronos, histoire de visiter efficacement. Ca va bientôt faire un mois que je traverse le pays et au bout d'un mois mon visa expire. Il me reste après Ho Chin Minh ville à voir le delta du Maekong, réputé pour ses rizières et sa douceur de vivre au fil de l'eau. Je pourrais ne pas y aller et partir directement au Cambodge en bus depuis la capitale, mais je préfère la campagne à la ville et je me souviens que Yula m'avait dit qu'on pouvait rejoindre le Cambodge par bateau, en remontant le maekong depuis une ville qui se trouve dans son delta, Chau Doc. Ca rajoute au rêve des passages de frontières. A moi d'être efficace sur la capitale pour me garder quelques jours de bon temps dans le sud du pays.
Alors je pars à la recherche de ce fameux musée. Un musée où il est marqué qu'il peut choquer par ses images et ses récits. Ca rajoute à ma curiosité.
Une petite heure de marche aura suffit pour entrer dans l'histoire. A peine entrer dans la cours qu'hélicoptères américains, avions et chars d'assaut nous accueillent. On a l'impression d'un décor de film. On imagine le bruit des palmes, l'odeur du napalm, les chenilles des chars qui traversent la jungle.
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Comment les américains ont ils pu amener tout ce matériel depuis leur pays et constituer une armée dans la jungle qui a combattu des années dans un enfer vert alors qu'il n'y a pas une seule jungle dans leur pays ? Et surtout avec tout ce matériel comment ont ils pu perdre au bout de 10 ans de guerre au lieu de s'imposer en quelques semaines ? Réponse, le patriotisme vietnamien sans égal, soudé par des propagandes communistes. Ho Chi Minh fut un génie militaire et politique, éduqué à Paris au PCF, puis en Chine et qui n'a pas hésité à combattre dans la jungle avec les siens pour l'indépendance de son pays et le mettre sous la bannière communiste.
Je commence ma visite par les prisons et salles des tortures vietnamiennes. La guerre opposant l'armée communiste du nord à l'armée de la république du sud (le Viêtnam étant divisé en 2 au niveau du 17ème parallèle depuis Dien Bien Phu et les accords de Genève), les prisons que je vois sont celles réservées aux prisonniers vietnamiens par les vietnamiens. Et c'est pas beau à voir !! Rien qu'à lire les panneaux expliquant ce qu'il s'y passait, je dois m'asseoir un moment, la tête me tournant un peu. Est ce la chaleur ou les mots !! Les tortures décrites sont inhumaines et il fait plus de 30 degrés. Je n'évoquerais pas les tortures, mais je vous laisse imaginer ce qu'on peut faire avec des clous et autres objets tranchants. Les cellules sont appelés les "cages du tigre". Une cellule basse, de largeur d'homme, faite de barbelés forçant le prisonnier à rester allongé. La résistance humaine est parfois impressionnante.
Je rentre ensuite dans le musée où je regarde les photos de la guerre. Certaines photos sont prises juste avant que des villageois ne se fassent fusiller par des américains. Je me souviens du regard d'une mère qui sert son enfant contre elle. Ils ne savant pas encore qu'il vont mourir, ils discutent avec des soldats, mais à leur visage on sent que la discussion va tourner court et n'aura qu'une issue, la mort. D'autres montrent des soldats américains qui seront connus plus tard pour l'un des plus grands massacre dans un village. Le village de My Lai, 500 morts, ordre de nettoyer la zone, hommes femmes et enfants du bébé de 1 an au vieillard de 82 ans. C'était un village où les gens étaient supposés être au marché ce jour là et donc ceux qui restaient étaient pour les américains des viêt congs. Fatal error, c'était pas jour de marché ! Faut dire que faire la guerre dans la jungle où on ne distingue jamais l'ennemi, invisible et partout à la fois, en a rendu fou plus d'un. Je vois aussi des photos montrant l'effet du napalm et de l'agent orange. La guerre du Vietnam a été qualifiée de plus grande guerre écologique de l'histoire de l'humanité. L'agent orange (made in USA) était mis dans la végétation pour empoisonner l'eau et les sources de nourritures. Les conséquences furent terribles. Les effets sont toujours visibles dans la rue, des gens nés sans bras, sans jambes, le corps tordu ou le visage diforme.

L'agent orange est un défoliant (qui fait tomber les feuilles) pour détruire la forêt et empêcher le Viêt-Congs de se cacher. Le problème c'est que outre une déforestation massive qualifiée d'écocide (2millions d'hectares de forêt dégagés), l'agent orange contient de la dioxine, produit hautement toxique et cancérigène. L'armée américaine en a déversé plus de 72 millions de litre par avion et hélicoptère de ce produit qui détruisit outre les plantes, la vie et la santé des habitants en dessous.

Les photos sur les murs sont là pour rappeler la barbarie américaine. A l'étage se sont des photos des combats et la partie que j'aimais le plus était celle dédiée aux photographes de guerre mort au combat. Toute une galerie avec les photos de leur personne recouvre un pan de mur. C'est bizarre de les voir au milieu de ce décor de guerre avec juste un appareil photo sous le bras. En tout cas les photos qu'ils ont prises sont magnifiques et sont exposées dans tout l'étage. Explosion, charge de soldats, blessés se faisant soigner ou rapatrier, bombardements, tout y est. Ca fait bien 3heures que je suis dans ce musée avant de voir qu'ils le ferment et que je dois partir. Je suis le dernier à quitter la salle et je suis même enfermé à clé quelques secondes.
Je finis ma visite par les chars d'assaut qui sont dehors et où parfois des vétérans vietnamiens vendent quelques photos des horreurs de la guerre. Eux même ne sont pas complets. Ils manquent au moins un membre à chaque fois. Peut être même ont ils été torturés dans ces prisons de tigres. La visite est terminée.
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Quant aux autres, à deux roues, ils roulent inlassablement dans les rues de la ville comme dans toutes les villes d'Asie.
Sur le chemin je suis confronté à une histoire que m'avait dit Eric (rencontré en Mongolie) sur un ami à lui qui au Vietnam un jour à aidé un homme pour donner des renseignements à sa fille sur la France et plus particulièrement sur Lyon où elle allait étudier. Il a même été invité à manger chez eux le lendemain, sauf qu'il n'a jamais vu la fille et s'est retrouvé dans une drôle de combine pour plumer une femme (sûrement complice) ou plutôt se faire plumer au poker. Il s'est échappé en courant quand le gars lui a demandé d'augmenter les gains et d'aller chercher un peu plus d'argent au distributeur. Escorté par l'un des gars de la famille et sentant que le plumage allait être pour lui, il s'est enfui par la porte arrière de la banque. Donc marchant dans la rue et pour la deuxième fois de la journée on me demande d'où je suis et quand je réponds de France on me demande si je connais Lyon, je demande pourquoi et on me sert l'histoire d'une fille ou d'une sœur qui doit justement partir étudier ou travailler dans un hôpital là bas ou qui y est déjà et qui aurait besoin de conseils (le temps qu'il fait etc..). On me demande si je veux la rencontrer. Je leur réponds qu'elle n'a qu'à demander une fois sur place ou de se renseigner sur internet, j'hésite même à dire que je ne joue pas au poker. Peut être sont ils honnêtes, peut être sont ils des arnaqueurs. Toujours est il que l'un d'eux m'explique que le Vietnam et la France ont un programme d'échange hospitalier. Mais quand on me demande de venir chez eux pour appeler leur fille et lui dire quel temps comment est le temps en France alors qu'elle y est déjà manque un peu de finesse. J'hésite même si on me redemande à dire que je viens d'argentine ou d'Espagne pour voir si ils ont pas une sœur qui justement a prévu de travailler à Buenos Aires ou à Barcelone.
Je continue mon chemin et de retour dans cette fameuse rue de backpackers, je trouve un endroit pour manger, une promotion sur un assortiment de plats pour 4 dollars. Y a tellement d'échantillon de plats qui plus bien cuisinés que mes yeux et mon ventre sont émerveillés.
D'avoir mangé me fatigue d'un coup et je me repose avant de continuer cette journée déjà bien remplie mais loin d'être finie. Et oui je suis dans la capitale, je ne peux pas ne rien y faire. Je décide de suivre l'itinéraire du guide que j'ai pour découvrir certains aspects de la ville. Durée de la marche, 3 bonnes heures. Après m'être reposé un peu je pars à l'assaut de ces rues pour voir un temple chinois où sont vénérées les femmes, la poste aux allures de musée où l'on peut voir un immense portrait d'Ho Chi Minh dit l'oncle Ho. Cette poste est si belle que même des mariés viennent y faire leur photo de mariage. Ces rues me font voir aussi une cathédrale aux couleurs occitanes, goûter des glaces aux parfums inconnus comme le durian.


Je fais une très longue marche, à me perdre à moitié mais à aller scrupuleusement dans tous les endroits marqués sur l'itinéraire, visiter un petit musée par ci, voir la devanture d'un autre par là...,
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marchant ainsi jusqu'à un zoo où on me laisse entrer sans payer car les portes sont déjà fermés, si je promets de ne rester que 10 minutes. Je ne verrais qu'une panthère tourner en rond. Magnifique machine à tuer, réduite à la prison à vie sans avoir commis le moindre crime. Je finirais ma ballade au dernier étage de l'hôtel Hilton pour admirer la vue de toute la ville depuis le dernier étage tout en regardant les gens dans le grand hôtel d'en face en me disant qu'il y a peut être deux types de touristes : Ceux qui le passent dans leur prison dorée avec le confort de chez eux en regardant le pays d'en haut, et ceux qui vont à la découverte du pays vivant de confort plus vétuste mais un peu plus authentique, allant ainsi à la rencontre du pays par le bas.
En même temps quand je regarde le prix du mojito à siroter au dernier étage de l'hôtel avec vue sur les toits de la ville, je me dis que cet hôtel est dans mes cordes.

7 euros le verre, le même prix que dans un bar de Madrid ou d'ailleurs. En dongs et en voyage ça semble énorme de payer si cher pour si peu, mais quand je vivais en Europe, combien de verre de la sorte ai je payer juste pour passer la soirée entre potes sans même voir Saïgon de nuit en haut d'un hôtel 5 étoiles ? En redescendant je suis dans l'ascenseur avec un vieux couple qui semble aller à un gala alors qu'ils ne vont que manger au restaurant de l'hôtel au rez de chaussée et en sortant dans la rue, je croise une jeune fille au look bcbg plein de paquets à la main, revenant d'une après midi de shopping de luxe pour certainement moitié prix que dans son pays. Vu son âge c'est pas sa carte bleue qu'elle a du utiliser. Les vacances à l'hôtel Hilton avec papa et maman ont du bon. Dire que j'ai l'impression d'être plongé dans l'inconnu, luttant avec moi même, faisant attention à tout pour m'en tirer le mieux possible et en la voyant elle marchant d'un pas léger avec ses ballerines dorées comme sortant d'une rue huppée de New York, je me demande si on est dans le même Vietnam. Comme quoi tout est relatif. Ca pourrait être intéressant d'apprendre de son voyage et elle du mien. Ca ferait un peu belle et le clochard si on décidait de partager un plat de spaghettis ensemble pour parler de tout ça et pas sûr que l'ambiance des chambres nues et les soupes de noodles dans les petites ruelles la fasse rêver. Du moment que chacun en tire satisfaction y a pas de bonne ou de mauvaises façons de voyager. Peut être serais je même complètement surpris ! Je continue mon chemin et retourne dans les rues populaires et en repassant devant la cathédrale, un groupe d'hommes et de femmes chantent des chants religieux devant la statue de Marie.

Je les laisse à leur belles paroles et je rentre. J'aurais réussi à voir le Ho Chin Minh ville que je voulais voir en un jour !! Je suis content de moi. Alors pour fêter cela, en rentrant je passe par un restaurant végétarien recommandé par le guide dans la rubrique "où manger ?" Justement la question que je me pose.
Quand j'arrive dans ce tout petit restaurant à l'ambiance très familiale, je suis surpris par les prix. Les plats valent 10 000 dongs (50 centimes) et surtout je m'assois à une table juste en face d'un couple d'occidentaux qui s'apprêtent à partir. La fille me demande si je suis français, comment le sait elle ? J'ai l'attitude française et surtout elle m'a entendu parlé dans une boutique un peu plus tôt et a reconnu mon accent. Ca tombe bien car ce matin aussi, son allure voyageuse hippie me laissait présager qu'elle l'était aussi. Et oui c'était la fille que j'avais croisé ce matin même dans la rue. Elle et son copain vietnamien sont végétariens et font le tour de l'Asie végétarienne. Je leur dis que demain je pars sur Can Tho, alors ils me conseillent un restaurant dont je leur dirais des nouvelles. Je prends notes et leur souhaite une bonne soirée.
Quand je sors du restaurant, en traversant une rue, deux filles sur un scooter me jettent des regards aguicheurs et aguichés. Manger végétarien à l'air de me réussir plutôt bien !! La conductrice est super jolie et carrément sexy. Hélas, deux prostitués qui en feront tomber plus d'un j'en suis sûr. Je rentre à mon hostel, je vois que la grande rue est animée.
C'est la rue de la fête aussi. Décidemment j'aurais vu cette rue sous tous ces aspects. Endormie et festive mais là, épuisé de cette longue marche aux quatre coins de la ville, c'est moi qui vais dormir.
Le lendemain je fais donc ce tour en bateau où on boit du vin du coin tout en se baignant et où on mange un assortiment de mets vietnamiens (et de riz) dans le bateau.
Certains feront du parachute ascensionnel, moi je resterais à les regarder.
Je fais connaissance avec un suisse allemand qui parle français mais avec qui on parle espagnol et une allemande, Katarina, qui parle un français parfait. Le temps n'est pas au beau fixe ce qui rend le paysage moins spectaculaire, mais la journée est agréable.
Je rentre à la fin de l'après midi, suffisamment tôt pour préparer mes affaires pour partir et pour voir l'une des choses intéressantes conseillée par mon guide, une galerie de photo qui vaut le détour. Ca tombe bien elle est à l'autre bout de la ville et ça me fera voir du pays.
Nah Trang est assez étendue et je marche bien ¾ d'heure avant de voir ces fameuses photos en noir et blanc. Des photos d'instants pris à des gens dans la rue, dans les villages… et qu'on découvre pieds nus. Le plus souvent au Vietnam on rentre chez les gens sans chaussures et on laisse ses sandales sur le perron de la maison. Je rentre déchaussé dans ce musée d'images.
Je me souviens d'une photo d'une grand mère et de sa petite fille dans un village, aucune d'elles ne portent d'habit sur le haut du corps telles des amazones et qui regardent dans la même direction, au loin mais dans le vague, sans aucune lueur d'espoir dans leur yeux. La grand mère a sans doute vécu une dure vie et on sent le poids de cette vie dans ses yeux et on ne sait si elle a 100 ans ou 70 ans. Elle semble très vieille et fatiguée mais dégage une certaine force. La petite fille a toute la vie devant elle et le regard innocent. Elle n'aura sans doute pas d'autres choix que de suivre le même chemin que sa grand mère. Elles ont le même regard perdu vers le lointain; L'une dans ses souvenirs, l'autre dans son avenir. Deux destins unis par une même fatalité dans une vie comme on la vivait il y a encore des centaines ou des milliers d'années, proche de la Nature. D'ailleurs on sent qu'elles font partie de la Nature, qu'elles vivent en harmonie avec elle, tandis que nous on l'exploite et la détruisons. J'ai même l'impression de lire dans leur regard un regard triste qui nous dit qu'on les assassine à petit feu. On vit sur la même planète et à la même époque, mais pas du tout dans le même monde. Du moins c'est ce que m'exprime ce cliché où je bloque devant pendant de longues minutes. Plus loin il y a la plus célèbre photo de la galerie. Deux filles sous un parapluie qui marchent sous la pluie dans une rue de Hanoi. C'est vrai qu'elle est belle cette photo, mais rien comparée à la puissance des regards que je viens de quitter.

En rentrant je tente un raccourcis que je ne trouverais jamais, occasion de voir encore plus de la ville et de ces petits coins pour manger ou boire un coups bien loin du tourisme de la nouvelle ville.
En arrivant prêt de mon hostel je m'arrête devant un étal de lunettes ambulant. J'ai cassé les miennes et là une nouvelle paire me couterait 2 dollars. La jeune vendeuse me demande quelle paire je veux. J'en essaye une dizaine, toujours un truc qui va pas et la nuit tombant, je ne vois plus trop si les verres sont bien ou pas car tout est sombre. La vendeuse n'arrête pas de me dire à chaque paire que j'essaye qu'elle me vont bien. Je lui dis au final que je ne sais pas et vais réfléchir un peu, je repasserais de toutes façons. Alors elle me suit son casque de moto sur la tête. Je me retourne et lui dit de pas me suivre, que je vais revenir avec deux dollars mais plus tard. Je pars, je me retourne et voit son casque au loin, elle me suit toujours. Je vais vers elle et lui dit que si elle me suit, elle me perd comme client. Tant pis, elle me suit toujours à distance. Là elle m'agace un peu et lui dit ouvertement et un peu sèchement que si je la vois me suivre un mètre de plus, je ne lui achète aucune paire et lui dis de partir dans la direction opposée. Je m'en veux un peu car j'ai l'impression de la houspiller mais je ne sais comment faire pour qu'elle comprenne de ne pas me suivre. En même temps c'est leur commerce et c'est de ça qu'ils vivent alors il faut chasser le client comme on peut. Elle s'en va, mais je me retourne tous les 10m pour être sûr, elle n'est jamais bien loin. Finalement elle a abandonné la poursuite. Je reviendrais bien une demi heure plus tard avec deux dollars pour lui acheter une paire. Sacré vendeuse mais ça me fait plaisir de lui acheter ces lunettes finalement, je lui avais promis et c'est chose faîte.
Il ne me reste désormais plus qu'à m'apprêter pour prendre le bus de nuit pour la capitale, Ho Chi Minh ville plus connu autrefois sous le nom de Saïgon avant qu'Ho Chi Minh ne la libère des américains en 75. Tiens la ville à 34 ans comme moi !
Avant de monter dans le bus, je m'achète à manger dans la rue, quelques noodles et une soupe à emporter dont je renverse la moitié dans les escaliers des bureaux de la compagnie de bus où deux jeunes filles attendent elles aussi mais pour passer le temps, le passe à chanter. Délicieux repas en musique avant de faire le dernier trajet de nuit où me rejoignent les allemands de hué, et d'autres voyageurs parés à se mater des films ou écouter de la musique toute la nuit en regardant les lumières de la route défilées avant de s'endormir comme on peut dans ces drôles de couchettes. Demain on arrive à l'aube. Devant je vois une fille plutôt obèse engoncée dans sa prison de plastique. Elle ne laisse transparaître aucune émotion malgré son inconfort, mais je sais qu'elle ne passera pas une très bonne nuit. J'ai l'impression dans son regard qu'elle ne se permet pas de se plaindre pour se faire aussi invisible qu'une petite souris. Elle a cet air de culpabilités de ne pas être comme les autres filles du bus, qui rentrent comme un gant dans ces sarcophages à ciel ouvert. Les lumières s'éteignent et chacun vaque à sa propre solitude tandis que le bus traverse la nuit.
Dernier jour sur Hoi An. Dernier regard sur cette vieille ville.

Jour des derniers essayages aussi. Quand j'arrive, la petite tailleuse me commande encore ce délicieux plat et me fait rester une demi heure dans la boutique en attendant que toutes les retouches arrivent. Je comprends pourquoi elles m'offrent le repas. C'est juste pour que je reste et que pour les personnes qui passent dans la rue pensent "si il y a du monde dans cette boutique c'est que c'est un bon tailleur". Donc je reste pour manger et parler un peu. Depuis le temps qu'on se croise dans la boutique ou dans la rue c'est devenue monnaie courante de discuter avec elle et j'apprécie sa compagnie. Mon pantalon en lin arrive, il me tombe impec, plus qu'à les saluer et les remercier une dernière fois du travail effectué avant de partir à la poste poster tous ces habits que j'espère mettre un jour. Deux colis, un pour Madrid et un pour la France. Dans celui de Madrid, je pensais mettre une petite carte avec un petit mot, là c'est juste 3 pantalons qui s'en vont sans rien dire. Après le mail que j'ai envoyé, je sais pas si je dois en envoyer un autre en demandant la note. 55 euros ! Une histoire qui se terminerait sur une banal histoire de fric, sauf que cet argent j'en ai besoin, mon compte n'est qu'un éternel débit pour de longs mois encore. A un jour près les choses simples deviennent soudainement compliquées.
Une fois le tout posté, je refais le tour de mes rues préférées dans les vieux quartiers de Hoi An. Quelle douceur de vivre, j'ai presque peine comme toujours à quitter les lieux.

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Journée farniente dans cette ville devenue si familière, juste à attendre mon bus à 19h pour un voyage de nuit vers la ville balnéaire du pays : Nah Trang !

Nouveau bus de nuit où je retrouve Yula à un autre arrêt qui est déjà installée et qui me fait signe de la rejoindre. Elle est tout à l'arrière où 4 banquettes allongées côte à côte donnent l'impression d'un immense lit. Ce n'est pas ma place mais le bus n'est pas plein et le chauffeur me laisse m'y installer. On sera rejoint par une autre fille un peu plus loin, une suédoise qu'avait accompagnée Yula pour trouver un tailleur. Ce qui fait que Yula et elles bavarderont en langage viking pendant que je me regarde un nouveau petit film sur ma confortable banquette avant de m'endormir pour me réveiller au matin dans cette nouvelle ville. Où aller ?That is the question.Dans mon guide j'ai repéré un endroit pas trop cher et pas trop loin.
Yula et sa copine suédoise ont une idée pour leur hostel aussi mais pas au même endroit que moi. Alors nos chemins se séparent et on se dit peut être à plus tard. Je prévois de ne rester qu'une nuit histoire de voir la plage. Elle prévoit d'en rester 4 !
Je parcours la rue que j'avais repérée sur le plan et fais le tour des hostel pour trouver le meilleur qualité prix.

Je trouve un hostel avec un petit dortoir ou juste un homme s'y trouve, pour 3 dollars. Le Sao Mai. Je prends.
Une fois douché et changé, je m'en vais découvrir la ville et sa fameuse plage. Dans la rue qui descend vers la mer je croise Yula qui sort d'un magasin de nourriture organique. Le typique magasin pour filles. Je lui dis au revoir car je pense qu'on ne se recroisera plus. C'est déjà une chance de se croiser par hasard une nouvelle fois. On gardera le souvenir d'une belle soirée.
Je traverse le boulevard pour arriver sur la plage, mais qui me donne l'impression d'être sur une plage entourée de béton. Un truc à la Palavas les flots.

Aucun charme et quitte à faire de la plage, autant rester à Hoi An, au moins la ville ne manque pas de charme.
Donc je poursuis ma route en marchant un peu sur le sable et en longeant la ville. Je ne reste pas sur la plage mais vais à un bureau de bus quelques rues plus loin pour réserver mon prochain départ puis je rentrerais dormir un peu avant de retourner regarder le coucher de soleil sur la plage et voir la ville s'animer pour la nuit. Au soleil couchant, je suis de retour sur cette plage urbaine.
Un homme s'installe prêt de moi et entame la discute; Mais que veut il vraiment ? Il me demande d'où je viens, je dis de France, il me dit qu'il s'est fait tiré dessus à Dien Bien Phu par des français. Mais il me dit qu'il s'est aussi fait tiré dessus par des américains dans l'autre guerre. Il doit nous haïr pour les deux balles qu'il a reçu dans chaque jambe. On discute un moment puis il s'en va. Je reste seul à regarder cette plage où se donne rendez vous la ville pour admirer les dernières lueurs du soleil.

C'est pas mal, mais ça ne vaut pas Hoi An pour moi. C'est certes plus festif, plus moderne, mais il manque une âme comme Hoi An en a le secret. C'est décidé je ne resterais pas longtemps ici. Mais en même temps je lis sur mon guide qu'il vaut la peine de prendre une journée pour découvrir les archipels au large. Quelques îles et une ballade en mer est la chose à faire ici. Alors pour donner une chance à la réputation de cette ville et ses activités en mer, je m'inscris à un des tours en bateau proposés par plusieurs tour operators dans la rue. 6 euros la journée, ballade et repas compris autant en profiter. Il me faudra juste rester un jour de plus.
La plage plonge peu à peu dans l'obscurité et il est temps de partir manger un peu.
Je parcours les rues à la recherche non pas du restau branché comme il y en a dans toute la ville aux abords de la plage, mais de ces fameuses petites tables et petits tabourets que l'on pourrait trouver dans les rue de Hanoï. Et j'en trouve sauf qu'il n'y a plus de place. Je m'installe à une table ou 4 chinoises sont déjà assises mais me demande de me joindre à elle. On fait connaissance et on parle un peu de nos pays. Quand elles me disent leur prénom je leur demande leur signification et toutes ont un nom poétique dont j'ai oublié le vers. Elles se dépêchent de finir leur repas car elles ont un bus à prendre pour retourner à leur ville où elles étudient. Je les remercie de m'avoir invité à leur table et de m'avoir fait passer un bon moment. Puis vint mon tour de rentrer et je rentre en prenant mon temps jusqu'à l'hostel pour y passer la nuit. Dehors, tous les bars s'en vont de leur musique et leur fête.
Cette ville bouge bien, mais personne avec qui sortir, alors j'écoute la musique depuis le trottoir et rentre me coucher.
Réveil aux aurores. L'infirmière qui m'a dit de repasser m'avait aussi dit de repasser juste avant la fin de son service qui finissait à 7h… Donc je suis à l'hôpital à 6h30 du mat à moitié endormi mais pressé d'en finir avec cette histoire de rage. Le jour est à peine levé. L'infirmière ou le médecin de la vielle est là et quand elle me voit me fait venir dans son bureau. Elle me montre d'un sourire narquois le flacon de Verorab. Désolé d'avoir douté.

Enfin le cauchemar est fini. Je lui montre mon bras, une infirmière apporte la seringue et d'un geste savant et 20 dollars plus tard, me voilà libéré d'une mort baveuse. Enfin si ce chien était enragé et pas juste joueur. Non c'était un chien fou, c'est mieux de se dire ça après avoir dépenser 90 dollars de vaccin. Sinon ça fait cher le jeu.
La santé c'est vraiment ce qu'il y a de plus important. Quand la santé va, et on ne s'en rend pas toujours compte, tout va et là je marche dans les rues de Hoi An l'esprit léger. Mais jusque quand ? En tout cas je me méfie de tous les chiens et à l'avenir quand un s'approche de moi, je regarde sa gueule pour voir si il a l'air okay. Comme l'heure est bien matinale et que les touristes dorment encore, j'en profite pour visiter la ville.
Hoi An est une ville très intéressante historiquement. Elle a reçu l'influence des japonais, des chinois et des français et d'autres qui commerçaient jadis dans le coin comme les hollandais. Son architecture diverse et épargnée et sa riche culture en font une ville classée dans le patrimoine de l'UNESCO unique dans tout le Vietnam et ce matin je prends le temps de la découvrir et la cueille à son réveil.
Afin de continuer de la préserver, l'entrée dans la ville historique est payante. Pas les rues, mais les accès aux vieilles maisons et à certains musée. Donc on s'acquitte d'un permis d'entrée de quelques dollars qui permettent d'entrer dans certains temples, musée ou maison d'époque parfaitement entretenue. Quatre au choix.
Je commence ma visite par le pont japonais en forme de pagode, construit en 1593 au dessus de la rivière Thu Bôn qui reliait le quartier chinois au quartier japonais.


De chaque côté, les statues d'un singe et d'un chien gardent l'entrée du pont.
Je continue ma visite dans les rues agréables de cette vieille ville qui changent du tout au tout d'avec la rue des tailleurs. On a envie de chiner, de s'arrêter prendre un café, de faire le marché.

Dans certaines boutiques on trouve des objets qu'on rêverait voir un jour dans sa maison comme des trésors ramenés de la vieille Indochine.
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Je passe le marché qui longe la rivière. Certains viennent en barque, d'autre comme moi viennent à pieds.

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Les marchandes sont assises sur les étales et vendent leur viandes et légume. On peut aussi y manger. Il y a de tout, tout ce qu'on veut, sauf que la plupart des choses j'ignore leur goût ou comment ça se cuisine. Il vaut mieux demander qu'on nous cuisine tout sur place.
En souvenir du Vietnam j'achète une casquette avec l'étoile rouge du Vietnam dessus. Une classique ici.

Parfois sur leur barques appelées sampans, des villageois me propose de faire un tour pour quelques dollars. Je leur dis non et innove un nouveau signe, je fais un zéro de la main pour dire "okay mais gratuit". Façon détournée de dire non. Alors je ne sais pas ce que veux dire ce signe en vietnamien mais dès que je le fais, la personne s'en va et ne tente même pas une négociation.

Je le referais un peu plus tard, rebelote, c'est le signe magique qui me permet de me frayer un chemin au milieu des vendeurs de toutes sortes sans être importuné. C'est comme marcher en brandissant une croix en marchant au milieu de vampires.
Je retourne dans les vieilles rues pour visiter ces vieilles maisons qui datent de l'époque de la route de la soie, époque ou Hoi An était un petit port prospère et qui depuis s'est ensablé et à laisser la prospérité à sa voisine Da Nang. Pas moins de 800 bâtiments historiques sont répertoriés dans la ville et le plus amusant est de la plupart des toits ont des tuiles en forme de ying et yang. Pour un meilleur écoulement des eaux, ils alternent les tuiles tantôt convexes et tantôt concaves. Ca améliore l'écoulement des eaux mais aussi protège les habitants de la maison. Preuve que ça marche, ces maisons n'ont jamais été bombardées.
Je visite quelques unes et quelques temples aussi. Leurs ornements sont magnifiques. Dans certains des encens en spirale brûle et suspendu à cet encens, le nom des gens qu'on aime. Je l'aime bien cette ville. L'impression d'être hors du temps.

Dans la rue passent des touristes japonais. Difficile des les louper. Pas moins de 20 vélos "pousse pousse" à la suite. On dirait un cortège.

Les touristes japonais ne passent jamais inaperçus. Un peu plus loin on veille un défunt. Tout ceux qui sont conviés au temple sont vêtus de blancs et le temple ressemble à une immense kermesse où on peut y boire, manger et prier cet âme qui s'en va vers une autre destiné à moins qu'elle n'atteigne le nirvâna.


D'ailleurs en parlant de cérémonie funèbre, il est une chose étrange à Hoi An c'est que dans certaines boutiques, commes celle d'un tailleur par exemple, on peut acheter son cerceuil certainement surmesure ou sa couronne mortuaire. C'est normal...
L'après midi sera un peu moins culturelle, puisque je retourne voir ma petite tailleuse pour les essayages. Il est midi et j'hésite à manger avant d'y aller. Quand j'arrive à la boutique, je suis accueilli par les filles qui me font de grands sourires. Je me demande combien de touristes elles ont l'habitude d'habiller.

Tous venus faire les beaux et profiter de la main d'œuvre locale. En fait dans la boutique, les deux filles ne sont pas vraiment tailleuse. Elles ont les tissus et prennent les mesures puis envoient tout en atelier pour la couture ou de pauvres gens coudent à longueur de journée à la mains rarement mais à la machine souvent des habits qu'ils n'auront jamais la chance de porter. Mais au moins ont ils du travail.

Les filles me disent que les habits ne vont pas tarder à arriver de l'atelier. Je dis que je repasserais plus tard mais elles veulent que je reste et me disent d'attendre 10 minutes. Les deux tailleuses me demandent si j'ai mangé. Je réponds que non et elles me demande si je suis intéressé par un plat aux sonorités appétissantes et que si oui elles le commandent pour moi. Elles me disent qu'elles connaissent le meilleur de la ville. Un coup de fil plus tard un livreur m'apporte une barquette de ce délicieux met. Je demande combien je leur dois, nada, c'est offert par la maison pour mon attente. Etrange mais moi ça me va bien. Elles me demandent même en souriant de rester une heure de plus à cette table si l'envie m'en prenais. Je commence à comprendre.
Les habits arrivent et je commence par essayer le costume. J'ai beau être en t-shirt, quand je le mets je me sens la classe incarnée. C'est fou ce que quelques bouts de tissus peuvent vous changer. De gars en claquette, je passe à un gars prêt à signer un contrat. Il me tombe comme un gant. Les tailleuses voient tout de même deux trois retouches à faire et je leur demande de me desserrer un peu la taille. Elles me répondent okay de revenir vers 16h pour un nouvel essayage tout en griffonnant les retouches à faire sur leur carnet, comme si on pouvait desserrer une taille en un clin d'œil. Pour moi qui ne comprend rien à la couture ça ressemble à un casse tête impossible. J'essaie les chemises : impeccables, rien à redire. J'essaie la chemise blanche, celle du genre qui se met avec des boutons de manchettes. Pas du tout habitué à en porter, je me demande pourquoi j'ai demandé ce modèle et je me dis que c'est la chemise que je porterais qu'aux occasions très spéciales. On me dit de faire attention avec ce tissu car il ne va pas en machine sinon les mailles se détériorent et il deviendra moche. J'ai bien fait pour celle là de prendre en plus ce tissu sillagé de fines rainures pour faire plus joli. Il faudra donc la laver à la main ou en pressing. Je sens que je la porterai très très rarement. Style juste à mon mariage.
On me file les pantalons pour Agnès, ils ont l'air bien et n'ai de choix que de les accepter en l'état. Quand à mon dernier essayage, le fameux pantalon d'aventurier, du premier coup d'œil je leur dis que ça va pas. C'est pas ce que je voulais, je m'attendais à un pantalon en lin, mais le tissus que je leur ai montré était du coton. Je l'essaye. Hey pas mal du tout… il me tombe parfaitement, mais demande juste de desserrer aussi la ceinture. Il est idéal pour aller au boulot, mais là en vacances je suis quand même déçu de m'être trompé de tissus moi qui me voyait déjà déambuler dans les rues avec cette fine toile sur les jambes. La petite tailleuse me dit qu'elle peut m'en faire un. J'avais pas prévu d'acheter autant de pantalons, alors je dis non, puis trop déçu je dis okay, mais celui là à 15 euros. Je me demande même si je l'ai pas eu un peu moins cher. Vu les circonstances, elles acceptent. Je choisi bien mon tissu cette fois. J'ai le choix entre du lin blanc, noir, rouge, marron et beige. Je reste sur le marron et me voilà avec un nouveau pantalon parti en atelier, aux allures un peu baggy et surtout léger. Dans l'avenir ce pantalon sera celui que je mettrai quand je voudrai avoir l'air un peu plus classe que d'habitude en sortant en ville.
Je repasse à 14h pour les derniers essayages qui sont bons cette fois et repars avec mes paquets sur les bras. Je dois repasser demain pour le pantalon en lin. Je rentre à l'hostel non sans oublier de passer à l'autre tailleur récupérer un pantalon pour femme vert pomme. Plus qu'à envoyer tout ça en France pour les porter un jour. Quand à Agnès, j'espère qu'elle sera contente de ce que je lui envoie.
En rentrant, de nouvelles personnes sont dans le dortoir. Les allemands de Hué qui sont venus à Hoi An en motorbike, et une américaine qui passe son temps à la plage. Ah y'a une plage ? En attendant je consulte mes mails pour dire que la livraison des pantalons sera bientôt effectuée, et là je suis saisi d'une colère qui m'inonde d'un coup. Le risque de rage écarté, c'est juste le contenu du mail qui me fait sortir de mes gonds et de répondre un pamphlet qui mettra un terme définitif à l'amitié qui me liait à mon ex copine, ses pantalons juste à côté de moi. Après s'être étonnée que je ne veuille pas la voir à Noel, elle a chercher une explication et a trouvé mon blog sur internet il y a deux mois sans me le dire, moi qui ne voulait surtout pas qu'elle le lise pour mieux tourner la page, me voilà traqué. Je venais de poster un texte sur Pékin et elle est jalouse d'une fille que j'ai rencontré, alors que ça ne la regarde plus. Ca plus tout le passif, je lui demande après 35 lignes toujours aussi énervé de sortir à jamais de ma vie. Je ne sais ce qui m'énerve le plus, son mail ou le mien. Sûrement les deux. Je vide mon venin et appuie sur envoi sans relire. Ca c'est fait !
Je reçois dans la foulée deux autres mails d'elle qui me répond déjà. Règlement de compte virtuel. Avec internet on a beau être à l'autre bout du monde, on vous connecte à des soucis d'un autre continent en deux clics de souris. Je sais que je recevrais encore une volée de mails qui vont partir dans tous les sens. Alors je filtre ses mails à défaut de les effacer et les déroute dans un dossier que je ne lirais jamais que je baptise "Z", tout au fond de ma boite mail. Enfin je les lirais un jour, mais dans longtemps, c'est pas tous les jours qu'on fait le tour du monde et j'ai besoin de garder l'esprit libre. Ma boite mail retrouve un calme apparent. Apparent car je sais que le dossier "Z" doit être en train de se remplir à une vitesse vertigineuse, mais je préfère l'ignorer ou faire semblant de l'ignorer. Impression de laisser tomber quelqu'un en détresse qui tient à vous, mais je n'ai pas envie de me retourner, pas cette fois. Hoi An si paisible semble dans une furie invisible. Je ne peux plus me concentrer et ai encore moins envie d'écrire mon blog. Pourtant il me faudra bien le finir un jour, même en sachant qu'elle lira les lignes et entre les lignes de tout ce que je marquerais. Au moins la bonne nouvelle c'est que je vais pouvoir donner ce blog à lire à mes potes de Madrid vu que je n'ai plus à le lui cacher.
Pour me changer les idées, je pars dans un coin loin des tailleurs et des monuments pour aller à cette fameuse plage à l'arrière d'une motorbike. 4km pour arriver sur une plage, pas forcément la plage de carte postale, mais une qui donne l'impression d'être en vacances, loin.



Dans le ciel un avion qui quitte les terres pour survoler la mer. Je tente de repérer la direction : plein est. Sûrement un avion pour l'Australie ou l'Amérique. Il vole vers mon futur. Moi aussi un jour j'irais, sauf que ça ne me prendra pas 5 heures mais 5 mois.
Un moment alors que j'étais tranquille tout seul sur cette immense plage, arrive une vendeuse de plage qui me fait un sourire. Surtout ne pas le lui rendre… je lui souris ! Elle se pose à côté de moi et entame la discussion et me montre ses marchandises. Elle c'est Mango et de fil en aiguille en plaisantant on parle d'autre chose que d'acheter ou vendre. De temps en temps elle m'explique ce qu'elle a dans son panier. Un baume pour les bleus, une lotion pour mots de tête, et d'autres choses. Je lui parle bien 5 bonnes minutes avant de lui acheter du baume du tigre et de la lotion du tigre. Ca peut toujours servir contre les piqûres de moustiques, la tête qui fatigue et autres choses que ces baumes sont censés guérir.
Elle me dit pour la lotion, si j'ai mal à la tête de me masser les tempes avec et le mal disparaît. Au loin une autre vendeuse lui hurle des choses en vietnamien. Mango n'est pas sur son coin de plage et pique un client à l'autre vendeuse. Echange de mots entre les deux femmes que je préfère ne pas comprendre. Mais Mango reste souriante et je lui dis aurevoir. C'est toujours bizarre même en parlant quelques minutes de rentrer dans la vie de ces gens. C'est pas les même sujets de conversation ou centre d'intérêt que dans nos pays. Même si du à la langue la discussion est moins profonde, elle demeure plus sincère.
Le soleil se couche. Je reprends la même motorbike qui est revenue me chercher pour rentrer en ville.
En arrivant à l'hostel, ne voulant plus toucher à mon ordi de la journée, je me pose devant l'entrée qui donne sur la rue avec mon livre pour me plonger dans le passé médiéval. Dur de se concentrer sur les pierres des cathédrales et la vie des moines. Yula sort aussi, elle me voit lire et on bavarde un peu. C'est le livre qui y a fait. Je savais qu'il fallait mieux avoir un chien ou un landau pour qu'une fille vous aborde, mais un livre c'est beaucoup plus pratique. Elle me demande si j'ai mangé, je lui dis que non mais que je commence à être affamé. Elle me dit qu'elle connaît un endroit pas trop cher où on y mange très bien. Elle doit retourner pour les essayages dans une demi heure mais qu'après si ça me dit on peut manger ensemble. Bien sûr que ça me dit ça me changera les idées!! L'ombre de mes mails et de la jalousie passent dans mon esprit. Il faut que je remette mon esprit dans le voyage et le faire échapper de madrid où il n'a plus raison d'être.
Pendant que Yula part essayer ses robes, je continue de suivre l'avancement des travaux de la cathédrale et des conflits cléricaux. Entre deux lignes je me dis que ça doit bien faire 15 jours que je n'ai pas mangé avec quelqu'un. Pourtant j'arrive pas à être complètement heureux de cette occasion. Je culpabilise de ne pas affronter les réponses de mon mail explosif, mais je redoute que les lire ne me rende mon humeur atomique. Alors dossier "Z" ou "Y" comme Yula . Fichus mails…
Yula ressort de son tailleur, de nouvelles retouches ont été faites. Elle devra repasser demain. Alors on part manger dans la vieille ville à une petite table sur une jolie terrasse joliment illuminée. Elle est déjà venue la vieille alors on commande la même chose puisqu'elle s'était régalée. Un assortiment de différents plats aux délices variés. On passe une très bonne soirée et on finit à un bar en terrasse pour se tenter quelques cocktails. Amusant, quand sort seul le budget est serré mais dès qu'une fille partage votre soirée le budget devient bizarrement illimité. On se prend un deuxième cocktail pour faire flotter un peu plus nos esprits. Délicieuse soirée entre roman suédois, voyage asiatique et la vie en générale. On rentre au dortoir. Dernière nuit sur Hoi An. Demain le bus de nuit m'emmènera à mon 3èmearrêt 12 heures plus loin dans la dite cité balnéaire du Vietnam.

De nouveau le bus. Si sur la carte Hoi An paraît proche de Hué, en réalité il nous faut bien 5h de bus pour y arriver. Ces 5h nous font aussi sortir de la zone de pluie. Sur la route on passe Danang, là où j'étais censé faire mon deuxième rappel antirage. Le bus s'y arrête, mais je continue sur Hoi An.
Tout le monde dit qu'à Hoi An se trouvent les meilleurs tailleurs du Vietnam et qu'on peut se faire faire un costard sur mesure pour 60 euros et des chemises à 10 qui seront de qualité. Faut juste trouver la bonne boutique sur la dizaine de tailleurs ou peut être centaines de la ville.
On arrive en début d'après midi et je prends le premier hostel que je trouve, à 10m d'où nous dépose le bus. Le khach san Hop Yen (auberge Hop Yen).Je prends un dortoir où on dormira à 8 mais aucun lit n'est superposé. Seule une fille s'y trouve pour le moment, une australienne et le temps de m'enregistrer à la réception qu'une autre fille y prend un lit aussi. Une fille que j'ai vu sortir du bus aussi et qui me dit qu'on était dans la même auberge à Hué. Je me souviens juste qu'elle était derrière moi dans le bus en partant de Hanoï. Elle c'est Yula, une allemande qui traverse une partie de l'Asie pendant 3 mois avant de reprendre ses études de littérature. Sa spécialité, la littératureæ scandinave. Ca nous donne au moins un sujet de discussion ;-)
Elle me dit qu'elle va profiter d'être ici pour se faire quelques robes et un chemisier. Du moins en fonction de la place qui lui reste dans son sac à dos. Elle pense aller à celui qui est prêt de l'hostel et que lui a recommandé la réceptionniste. Fort à parier que la réceptionniste et la tailleuse sont de la même famille.
Je sors le plan de la ville qu'on m'a donné à la réception. Je tente de repérer avec mon guide et ce plan là où je pourrais aller pour trouver un bon tailleur. Même si je voyage et que j'en porte jamais, l'idée de me faire faire un costume sur mesure me plait bien et il pourra toujours servir. Je m'en étais déjà fait un à Bangkok il y a 4 ans, la veste me tombe bien mais le bas du pantalon ne me plait pas alors je ne l'ai jamais mis. Juste la veste pour deux mariages et peut être une réunion de travail. Par contre la chemise que je m'étais faite me tombe si bien que je la met pour toutes les grandes occasions, c'est à dire pas plus de 10 fois en 4 ans… Bref je sens bien que ce sont des dépenses dont je pourrais me passer mais c'est trop tentant. Ici c'est le paradis des filles qui se font faire toute leur nouvelle garde robe. Elles peuvent se faire faire toutes les robes qu'elles veulent et dieu sait qu'il y en a. Pour les hommes, ça reste classique, chemise, costume et on a fait le tour.
Mais pour ce qui est du choix du tailleur, tous ce ressemblent alors je me fierai à la devanture et au feeling.
Je sors la carte que m'avait filé les deux australiennes sur le bateau de Ha Long. Leur boutique est dans la rue principale. J'irais et je verrais si on me fait un bon prix. Un autre endroit me tente et que j'ai lu sur internet, une vieille dame qui en une nuit aurait fait 2 costumes, une robe et 3 chemises à des touristes qui n'avait que quelques heures sur Hoi An et qui ont été plus que satisfaits. Ce genre d'adresse pas marquée dans les guides sont souvent les meilleures, mais la maison est un peu loin. D'ici que j'y arrive, j'imagine que des tailleurs m'auront déjà vendu 3 costumes et 10 chemises.
Et c'est vrai que toutes ces boutiques se ressemblent. De petites boutiques avec plein de rouleaux de tissu et quelques modèles exposés. Dans certaines on voit des juenes touristes en claquettes et en short, loin du style de ceux qui vont chez les tailleurs en Europe, qui choisissent dans un catalogue l'habit et le style qu'ils veulent. La plupart, tout comme moi, n'ont pas besoin de nouveaux habits, mais on se laisse prendre au jeu. C'est comme si c'était les supers soldes pour des fringues qu'il faudra même pas retouchées tellement elles nous tomberont bien et combien de fois dans sa vie on a la chance se faire faire ses habits sur mesures par un tailleur ?
Ce qui est le plus incitant, c'est qu'on leur montre n'importe quelle fringue en photo et ils vous la refont à l'identique. C'est le moment de se faire faire des costumes à la Hugo Boss ou à l'Armani. Sinon vous dites juste comme vous aimez vos habits et ils l'imaginent pour vous. J'arrive devant Kha Huy, la boutique que les deux australiennes m'avaient recommandée. Je sais que si je rentre je n'en sortirais pas sans mal. Je mets un pied puis l'autre. Et là tout commence.
Une fille me demande si je veux un costume, une chemise ou un pantalon. Je lui dis que je viens car deux australiennes avec qui elle aurait lié amitié ou business amitié me l'ont recommandé. Je lui dis qu'elle m'ont dit qu'elles s'étaient faites surnommées "mapmap". Là la tailleuse se remémore et sourit. Ah mapmap ! Je demande ce que ça veut dire car les australiennes ne voulaient pas me le dire. Ca veut dire "costaude". Pourtant elles ne l'étaient pas, mais quand une fille se fait prendre ses mesures et tout, surtout deux grandes australiennes, pour une petite asiatique elles semblent "mapmap" ah moins que ce soit les filles elles même qui comme toutes les filles se trouvent toujours trop grosse et ont un mal fou à trouver ce qui leur va.
Je dis à la tailleuse que si je viens ici de la part des mapmap, c'est pour avoir un bon prix et je demande le prix mapmap d'un costume. La vendeuse me fait un calcul sur sa calculette, ça plus ça auquel j'ôte ça… ce qui est toujours amusant en Asie quand vous demandez un prix, c'est qu'il vous le font toujours à la calculatrice, parfois un calcul savant, parfois juste pour écrire le prix (alors qu'ils pourraient vous le dire). 100 dollars le costume. 75 euros ! Je tente de négocier un peu plus, mais elle ne vont pas plus bas. En même temps le prix est plus que bon.
Je dis que j'aurais aussi besoin d'une chemise, ou deux, ou trois mais à un bon prix. En fait plus je prends et plus je peux négocier. Economie d'échelle !! Elles me font les chemises à 12 euros.
Je commande aussi deux pantalons pour femmes qu'Agnès m'avait demandé de lui prendre. Un pour le boulot et un large en toile au style thailandais plus loisir. Le problème d'Agnès, c'est sa taille. Introuvable en europe ! Donc je lui ai proposé de lui faire faire un pantalon qui lui irait sans aucune retouche, enfin j'espère car tout se fera sans essayage. J'ai noté sur un carnet les mesures qu'elle m'a communiquées. Bien évidemment il en manque. Style la distance entre la ceinture et l'entre-jambe. Déjà qu'on connaît pas la date d'anniversaire de sa copine (ou ex copine) ni son poids, ni sa taille, alors la distance entre sa ceinture et son entre jambe me laisse perplexe.
En attendant en moins de temps qu'il n'en faut je suis entouré d'un mètre mesureur et dans une langue inconnue, la tailleuse dicte à sa copine toutes mes mensurations. On espère toujours qu'à la fin des mesures, leur conclusion sera qu'on a un corps exceptionnel. Mais on me dit juste c'est bon. J'ai toujours pas dit que j'étais okay pour acheter, mais bon, je me laisse faire. Je dis que je reviens pour donner le reste des mesures d'Agnès. A coup de mails et de règle décimètre, elle me file les mesures que je lui demande. Elle est au boulot et est obligée d'aller prendre ses mesures aux toilettes avec une règle. La proba que le pantalon lui aille du premier coup s'amenuise, je lui demande aussi de me confirmer son tour de taille car les vietnamiennes me disent que c'est trop petit. Elles mêmes qui sont assez menues, du moins de petite taille ont un beaucoup plus grand tour de taille. Quand elles m'avaient monter avec le mètre mesureur ce que représentait la taille que je leur avait dit, effectivement ça semblait minuscule. Mais c'est pas pour rien qu'Agnès ne trouve jamais pantalon à sa taille. Je reçois la confirmation du tour de taille. Elle est vraiment très mince !!
Je reviens à la boutique et confirme tout et paye tout. Agnès m'avait même dit d'en profiter pour me faire faire un pantalon de voyage en toile. Hey très bonne idée ça changera des fûtes de rando en polyester.
Je retourne à la boutique et dicte toutes les mesures sous l'œil un peu étonné de la tailleuse. Your girl friend is really small !!Je lui dis que c'est plus ma girl friend. Elle se demande pourquoi je lui fais des habits alors ? Je lui dit à cause de sa taille introuvable. J'en profite aussi pour leur demander de me faire faire un pantalon en toile. La tailleuse me demande d'aller choisir mon tissu et la couleur comme je l'avais fait pour mes chemises. Je prend une toile marron. Ensuite je vais dans le catalogue qui est sur la table et je choisi un style qui me plait. Large et au look voyageur. Je le négocie à 15 euros, elles me le font à 20.
Là la note fait un peu mal. 2 pantalons pour femme, un costume, trois chemises, et un pantalon pour homme. Mais je m'en tire pour moins de 200 euros. Mais en dong ça frôle le million.
En retournant à l'hostel je passe devant un autre tailleur qui expose un pantalon pour femme à la coupe légère et fantaisiste et au vert clair qui pourrait plaire à Agnès. Je le prends en photo et le propose par mail.

Réponse positive et je repars le lui prendre. Si les mesures sont bonnes, ça lui fera 3 pantalons impeccables dont un que personne dans son entourage n'aura.
Ma mission à Hoi An est terminée. On me dit de repasser demain dans l'après midi pour les essayages et retouches si nécessaire. 24 heures pour refaire faire sa garde robe. Ici si on a une réunion importante et qu'on à rien à se mettre, on descend dans la rue en shortet 24h plus tard on ressort avec un costard à la classe italienne.
J'espère juste qu'ils seront bien faits et de bonnes qualité. Je rentre à l'auberge et me pose pour lire un peu dans la petite cours devant l'entrée, sur une petite chaise avec mon livre, celui sur les cathédrales, un pavé de 1000 pages que j'ai grand plaisir à lire. Je m'évade au temps des chevaliers.
Le soir commence à tomber. Je me dis que je devrais en profiter pour trouver l'hôpital de la ville car demain je suis censé faire mon deuxième rappel. Alors je pars à la visite des rues et demande mon chemin. En haut de ma rue je m'arrête devant la devanture d'un salon de massage. L'idée de me faire masser pendant une heure me tenterait presque. Mais je ne suis pas là pour ça, l'hôpital en priorité. Une femme devant le salon me demande si je suis intéressé. Je dis que je ne fait que passer. Sa fille qui tient le salon sort et me demande si je veux entrer. Je dis que non. Je demande tout de même le prix. C'est un peu cher par rapport aux autres, mais la masseuse me jure que ça les vaut. Elle lance son salon et à besoin de clients. Je lui dis que je comprends mais que je préfère économiser 7 euros pour autre chose. Oui 7 euros c'est ridicule, à ce prix là j'aurais du y courir, mais c'est pas la première fois que j'en fais donc je commence à en être un peu blasé. La masseuse est très sympathique et malgré le fait que je ne serais pas son client, on bavarde un peu. Je lui demande son nom, elle me dit qu'elle s'appelle New York ! Ah !! ben moi c'est juste Alex. Elle me dit en rigolant que son vrai nom c'est Ny ! Là je comprends pourquoi elle se surnomme New York. Elle est vraiment sympathique et enjouée et sans lui promettre de repasser, je lui souhaite une bonne suite pour son salon. Je continue ma recherche de centre hospitalier. Sur internet j'ai lu le nom de la rue, mais pour la trouver c'est autre chose. Pas qu'Hoi An soit très grande, non elle est très facile à parcourir, c'est juste que j'ai pas pris le plan et que je tente de m'en souvenir de tête. Je tourne dans les rues, demande mon chemin et arrive enfin à ce grand hôpital. Je demande pour faire faire un rappel. Je montre mon ordonnance pour avoir le flacon de Rabobax. Premier hic, ils n'en ont pas en pharmacie. Ah !! La pharmacienne me dit qu'il y a un deuxième hôpital où je devrais en trouver. Il est au bout de la rue principal, pas loin de ma petite tailleuse.
Je retraverse la petite ville, arrive dans ce vieil hôpital et demande en espérant qu'ils en ont, le vaccin en question. L'infirmière que je croise me dit qu'ils en ont mais que la pharmacie est fermée, de repasser demain à la première heure. Je lui demande si elle est sûre sûre qu'ils l'ont car je dois à tout pris le faire demain. Elle me dit que oui, que c'est courant qu'ils fassent ce genre de vaccin ici. Je ne doute pas qu'ils ont des vaccins anti rage, mais je veux exactement celui que l'on m'a déjà inoculé il y a deux jours. Elle dit de pas m'en faire et de venir demain matin. Je n'ai d'autre choix que de croire en son optimisme. L'hôpital est assez vétuste. Il fait vieil hôpital asiatique, comme ceux qu'on voit dans les films de guerre. Une sorte de dispensaire. Je suis content de n'y avoir à faire qu'une piqûre.
Ma journée est enfin finie. Je rentre et part à la recherche d'un petit restaurant pour manger autre chose qu'une soupe de noodles. Je marche dans la rue de l'autre côté de l'hostel. En cherchant où m'attabler je vois Yula de l'autre côté de la rue qui regarde son guide et qui cherche à tous les coups un endroit pour manger. Mentalement je lui envoie une onde qui lui dit de lever la tête, de me voir et de se joindre à moi. Mais le réseau télépathique ne fonctionne pas trop ou est encombré et elle ne capte pas. Elle part vers la vielle ville. Moi je reste aux abords de l'hostel par fainéantise et me pose dans un des restaurants au lumières attirantes. Je commande du poulet au curry et le déguste religieusement. Une fois le plat et mon thé vert engloutis, je pars me balader dans cette rue en guise de marche digestive. Je fais juste l'aller retour. En chemin je croise une fille, une européenne qui sanglote sur le trottoir. Je poursuis mon chemin. Au retour elle est toujours là, sanglote toujours et crie je ne sais quoi à un gars dans la rue. Un gars, européen parlemente avec un type dans un hôtel. A tous les coups ils sont en galère. Je m'arrête et lui demande ce qui ne va pas. Elle me dit qu'ils avaient réservé une chambre et quand ils arrivent y a plus de place mais que l'argent a été encaissé et ils savent pas où aller. Enfin c'est ce que je tente de comprendre entre deux sanglots.
Je lui dit de pas s'en faire, il y a des hôtels dans toutes la rue et à très bon prix. Je leur file l'adresse de mon auberge. Elle me remercie. Enfin un sourire. Il est l'heure d'aller dormir.
C'est aujourd'hui le dernier jour, le soir est arrivé, le dernier coucher de soleil sur Hanoi, un dernier au revoir à ses vieilles rues, son lac, son nord, son histoire et cette rue des voyageurs. Mon dernier souvenir sera ce restaurant que j'ai trouvé près d'un des lacs où ils m'ont servi un crabe dit soft shell (la coquille se mange). Je savais pas ! au début je me suis dit mais y a rien à manger, c'est ça les bons restaurants, le minimalisme ! En plus j'arrivais pas à le décortiquer. Mais une fois que j'ai compris que la croûte se mangeait, ce fut tout bonnement divin. J'en aurais bien repris un autre. Hanoï fut bien culinaire pour cette dernière après midi. Hanoi bientôt plus qu'un souvenir. Le bus est là. On est venu me chercher devant l'hostel et on nous mène en mini van dans une rue où quelques bus attendent. Fallait savoir que c'était là !!
On prend place dans un bus à couchettes comme je n'en avais pas encore vu. Sûrement un de ceux que Maïa et Anne avait pris en Chine pour aller à Hong Kong. Le bus est composé de lits superposés. Faut pas être trop grand ou trop gros pour y prendre place, c'est même légèrement petit. On se cale comme on peut pour trouver sa position et tenter de trouver le sommeil.
Je me suis préparer la parfaite soirée. Il est 20h et j'ai la nuit devant moi. Je me suis pris quelques paquets de biscuits pour la route mais surtout pour le film. Je mets l'ordi sur mes jambes et me regarde un film français, première étoile, avec des antillais qui vont au ski. Film bien sympa et agréable soirée puis je mets mon masque anti lumière et mes boules quiès pour trouver le sommeil. Je regarde et imagine le paysage qui défile. Je perçois les lumières de quelques lampadaires sur la route qui griffent les vitres du bus et quand c'est la nuit noire juste la lueur des phares que l'on croise. Nous voilà pour une longue nuit de bus. Juste à se laisser aller. J'espère que le chauffeur ne piquera pas du nez tout comme ces motorbikes et ces camions que l'on croise sur la route. C'est long une nuit à conduire sur les routes du Vietnam. Dans le bus, tous sont des voyageurs comme moi. A deux lits de moi une fille que je serais amené à revoir, tout comme la fille qui est juste derrière moi. Mais trop occupé à me passer ma petite soirée ciné gâteaux, je ne les remarque pas. A deux mètres de moi il y a les toilettes aussi, mais quand je veux y aller, la porte est bloquée fermée. Je pourrais pas tenir bien longtemps. Obligé de demander au chauffeur de s'arrêter en pleine nuit pour que je puisse me soulager la vessie.
Enfin je me laisse glisser dans le sommeil et c'est à l'aube qu'on arrive à la première ville des quatre villes que me permet de faire mon ticket. Open ticket. Il y a un bus par jour et je n'ai qu'à prévenir la compagnie de bus quand je veux partir.
Cette première ville où je descends est Hué, l'ancienne capitale du Vietnam et qui est riche en histoire et en monument, du moins avant qu'elle ne soit bombardée. Une ville magnifique à découvrir si ce n'est le temps qu'il fait. Il pleut et le temps ne semble pas être prêt à se lever. Du gris du gris du gris avec de la pluie. Je prends possession de mon nouvel hostel juste là où nous arrête le bus, un hostel affilié avec le backpacker hostel de Hanoi. Là c'est le backpacker hostel de Hué !! Une affaire qui roule.
L'hostel est vraiment sympathique, loin de l'ambiance effervescente de celui de Hanoï, un air de maison coloniale et tout en extérieur. Vraiment agréable si ce n'était la pluie ! Alors j'en profite pour manger et écrire.

Dans l'après midi je décide de partir sous la pluie faire la visite de la ville. Je n'y reste qu'une journée alors autant en profiter.
Sur le chemin un vieil homme et son vélo-taxi (un vélo side-car en quelque sorte) me propose ses services de guide. Je refuse mais me dit qu'il va me montrer tous les coins que je ne verrais jamais si j'y vais tout seul et qu'il serait dommage de les louper car c'est une ville qui vaut le détour. Comme son prix est bon, je décide de faire le tour de la ville avec lui.
C'est vrai que la vieille ville est belle, toute fortifiée (c'était une ancienne ville royale) et à l'intérieur des remparts, toute son histoire et ses vestiges de guerre.

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On fait une bonne heure voir plus de tour et quand il me dépose, tentant de changer le prix de départ pour ses services, en gros un pourboire de 100%… je rentre à l'hostel pour me poser au chaud. Sur le chemin je longe un muret où sont exposés de la vaisselles, des bibelots, des souvenirs de guerre. Je regarde hâtivement quand mon regard se pose sur un briquet qui semble daté de la guerre, un briquet de l'armée américaine avec le nom d'une ville du vietnam, un hélicoptère et quelques mots en anglais au dos, gravés tel un poème. Un élément du paquetage de jeunes soldats sans doute. Il semble tout vieux et rouillé. En même temps il est sous la pluie. Le cadeau idéal pour un ami qui attendait qu'un jour un hélico le tire de la jungle du Vietnam (de Toulouse). Je demande le prix et on le vendeur me dit 100 000 dongs. J'ai pas envie de claquer un billet de 100 000. En même temps c'est un cadeau. Je tente de négocier en vain, il me dit que son prix est déjà bas et m'en vais. Il ne me rappelle pas. Il est dur en affaire.
J'en trouverais d'autres. Je traverse un grand pont qui sort de la vieille ville pour rentrer à l'abri.
Je regarde chez tous les commerçants pour ce briquet. Ils en ont tous, décidemment, mais aucun avec l'hélico et ce poème. Le poème disait un truc comme
Le plus douloureux n'est pas de tomber d'une colline ou au combat, mais c'est de tomber amoureux !
L'amour c'est la jungle parfois et on guette l'hélico qui va nous ramener à la maison…
Enfin c'est à ça que ça m'a fait penser. Comme je ne l'ai pas retrouvé je retourne voir le gars qui vend les briquets sur le petit muret. Il est parti. On me dit de revenir demain. Le hic c'est que mon bus est à 8h du matin. J'espère que comme tous les vietnamiens, il commence sa journée aux aurores. Sur le chemin je m'arrête devant une cuisine ambulante tenue par deux femmes.

Je demande ce qu'elles font de bon et me laisse tenter par un plat de riz avec des trucs dedans. Manger dans la rue c'est comme manger gratuitement parfois. C'est bien bon mais dans le plat y a une espèce de viande que j'identifie pas vraiment. Je leur demande ce que c'est mais elles me répondent en vietnamien. Tout ce que vous voulez mais pas du chien et je sais qu'ici ils en sont friands. Je fais la moue. Elles rigolent. Elles me disent de le manger, c'est sûrement le meilleur et le plus cher du plat, mais je leur fais la tête de celui qui n'y touchera pas. Elles rient encore plus. Je dois leur paraître bien difficile à ces asiatiques. Je dévore le riz et les légumes et laisse toute la viande. De base, la viande dans la rue, je fais pas trop confiance, mais encore moins quand je l'identifie pas. L'une des femmes me prends le plat et m'échange la viande contre une deuxième ration, un peu plus petite mais sans viande. Elles sont vraiment supers. Je me régale une deuxième fois, leur dis quelques mots et m'en vais. C'est si agréable de rencontrer des personnes si gentilles. Les vietnamiens me plaisent bien.
Arrivé à l'hostel, on se retrouve entre étrangers. Tous plus blancs becs les uns que les autres. C'est le problème avec les hostels backpacker et les hostel en général, on est à part du vrai monde qu'on est venu découvrir. Là c'est ambiance bar et à celui qui parlera le plus fort en anglais. C'est l'happy hour et le patron offre sa bière à chacun puis les bières sont à moitié prix. Moi je me mets à une table avec mon ordi et tente d'écrire mes souvenirs tibétains. Je suis dans ma bulle. Alors ça picole par si par là. Au loin je distingue un jeune qui est complètement fin fait. Il tient à peine debout mais continue de boire sa bière. Des gorgées qu'il regrettera. C'est toujours un peu la honte quand on est le seul bien bourré et que tout le monde vous regarde avec pitié. Entre temps il repeint les chiottes qui sont hors d'usage. En même temps il dort dedans. Quelques minutes plus tard c'est à 3 mecs dont le gérant du bar, qu'ils le trainent pour le monter dans sa chambre et le coucher sous le regard des autres de l'hostel. Lui il est repéré, c'est clair. Y en a qui savent vraiment pas boire et y a même pas de soirée à fêter et y a que de la bière à boire… Combien s'en est il enfilé et que fêtait il ? La joie d'être backpacker en Asie ?
Je continue d'écrire quand tout d'un coup à la table d'à côté où une petite dizaine de personne s'amuse autour de quelques verres et d'une guitare, une fille se retourne et me demande si je veux les rejoindre. Je dois moi aussi lui faire pitié, seul à ma table, les écouteurs sur les oreilles et le nez dans l'ordi à parler à personne. J'ai pas trop envie non plus de me sociabiliser et de jacter en anglais, alors je lui dis que tout est okay. Elle est anglaise et qui dit anglaise dit un peu pompette. Elle a un chapeau qui n'est pas à elle, mais elle a une tête à porter des chapeau. Elle est jolie aussi, marrante et très avenante. Malgré mon refus de les rejoindre, elle continue de me parler car elle sent que je suis pas anglophone et se demande d'où je viens. Je lui dis le mot magique, de France ! Ah bonjour monsieur !! Je m'appelle Robyn !! and that's it !! elle n'en connait pas plus mais au moins elle a fait l'effort et m'a montré qu'elle aimait bien ma langue, je veux dire le français ;-) Elle me dit avec un accent légèrement alcoolisé qu'elle adorerait parler français et enchaine sur un tourbillon de phrase. Elle me plait bien, je veux dire, elle est un peu éméchée mais est tout à fait lucide, c'est même très agréable de bavarder avec elle. Elle a même complètement délaissé sa table pour ne parler qu'avec moi. Elle me dit qu'elle s'est mise à l'espagnol et qu'elle revient d'Amérique du sud qui est son plus beau souvenir de voyage. Elle fait le tour du monde. On bavarde un peu en espagnol, mais juste un peu. Ses mots sont "Lo siento, no puedo hablar mucho español" (désolé je ne parle pas beaucoup espagnol). Mais son accent anglais est tout à fait charmant. Alors finalement on parle anglais. Elle me dit qu'elle m'a déjà vu, dans le bus qui venait d'Hanoï et qu'elle se demandait de quel pays je pouvais bien venir. C'était donc elle qui était à deux lits derrière moi. Pourquoi ne l'ai je pas repéré. J'adore son style. Je lui dis que je pars demain et que je vais sur Hoi An. Elle me dit qu'elle reste un jour ou deux de plus ici puis qu'elle partira vers le sud aussi. Elle pense y aller avec d'autres en motorbikes. Woa !! Le trip aurait pu être génial de retrouver les vibration du guidon sur le bitume. Je lui souhaite bon courage et de bien en profiter. Peut être se recroisera t'on. Au bout de la table une fille se met à chanter du blues. C'est son amie, une écossaise, Treasa, qui a une voix en or. L'un des gars qui a repris son chapeau fait des accords à la guitare et elle pousse les râles du blues. Tout le monde l'écoute. Robyn et Treasa se sont rencontrées sur la route et depuis voyagent ensemble. Un sacré duo !! Deux fêtardes invétérées mais qui savent boire et ça fait toute la différence. Ca donne l'air plus intelligent. Ce qui me marque surtout chez Robyn c'est son intelligence émotionnelle, sa facilité à lier contact et à être comme un poisson dans l'eau partout. Du moins ce que j'imagine. Son personnage me plait et la remercie pour m'avoir permis de la rencontrer. Je suis un peu autiste parfois, comme là où je retourne à mon Tibet et la laisse partir avec le reste de son groupe, tous bien gais dans les rues de Hué. Moi après un peu d'écriture, je partirais me coucher. Dans ma chambre un allemand que je retrouverais aussi dans d'autre chambre. Le monde du voyage est petit. On fait finalement tous plus ou moins la même chose. Si backpacker c'est sortir des sentiers battus, le fait est de constater qu'on en sort de moins en moins.
Le lendemain à 7h30 après un rapide petit déjeuner, je cours sous la pluie, passe l'endroit où je m'étais arrêté manger, traverse le grand pont et me dirige vers le petit muret avec un billet de 100 000 dongs. Le vendeur me dit qu'il ne négocie pas, son prix est déjà au minimum. Je lui dis que je suis venu acheter à son prix. Mais je feinte, je lui demande si en échange il peut pas m'offrir un petit cadeau. Il m'offre un médaillon d'un soldat vietnamien. Je lui demande si le briquet est un vrai. Il me dit que non. Si il était vrai, c'est pas 4 euros que j'aurais payé mais 60 minimum. Mais il a l'air suffisamment rouillé et vieilli pour paraître vrai. Après tout ce briquet vient du Vietnam c'est le principal, la symbolique est là.
Je salue le vendeur et cours en sens inverse pour prendre le bus. Prochaine étape, Hoi An, la ville des petits tailleurs et l'une des seules villes du pays qui n'a pas été bombardée pendant la guerre. Une ville dont l'histoire de ses murs a été préservée et que je m'en vais découvrir.

Enfin voici le jour de mettre fin à ce doute, cette légère angoisse de me dire que je viens peut être de consommer la moitié du temps qu'il me restait à vivre. Que ferais je si il me restait 7 jours à vivre ? Quelle chose incroyable ferais je, quel rêve accomplirais je ? Pourtant j'en vis déjà un. Alors il existerait des rêves dans les rêves ! Eternels insatisfaits que les doux rêveurs.
Je repère sur le plan de mon guide le chemin à suivre pour trouver ce fameux hôpital. J'ai choisi l'hôpital français car je sais que les service de santé français sont des meilleurs au monde et que l'étant j'aurais tord de m'en priver. Le prix s'en fera sûrement un peu plus sentir, mais combien vaut la vie ?
L'hôpital est à l'autre bout de la ville, il faut passer un parc, longer d'autres lacs… Au moins je verrais du paysage !
Je comprends ce que me disait Cathy la veille quand elle me disait ne pas voir où j'habitais quand je lui disait que je vivais près du lac. Pour moi un lac dans une ville est déjà suffisamment rare pour qu'il soit unique. La ville en contient pas moins de 20 ! Le mien, le lac D'Hoan Kiem est le lac de l'épée restituée. Une légende raconte qu'une épée est sortie des eaux et a permis à Lê Loi de chasser les chinois. Devenu empereur, il s'est rendu près du lac où une tortue dorée est venue la lui reprendre, il n'en avait plus besoin. Au milieu du lac, outre l'épée restituée qui serait au fond des eaux, on peut encore observer le temple de la tortue, interdit au public. Mystère !!
Les rues sont assez sympathiques dans ce coin de la ville, moins touristiques, plus locales et en revenant. Je reviendrais y faire un tour. Je regrette juste d'avoir mis mes nouvelles claquettes acheté à une boutique dans la rue. Des vraies fausses. Sur les chaussures pas moins de trois marques. Sur la semelle intérieure, extérieure et sur les lanières juste trois marques différentes. Je les ai eu à 6 euros mais je suis sûr que j'aurais pu les avoir pour 4. En tout cas, en ce moment, le cuir de la lanière me cisaille la peau entre les deux orteils et m'empêche presque de marcher.
Après une longue marche j'arrive enfin à l'hôpital.

On sent le style français, bâtiment tout blanc, tout propre. Le temps de remplir les papiers d'assurance, de dire que j'ai oublié ma carte d'expatrié et de m'entendre répondre que la ristourne ne se fait que si on montre la carte, je m'en vais voir le docteur Isabelle. Fort à parier qu'Isabelle est le prénom et pas le nom. Je vois une jeune femme en blouse passer dans le couloir. Je suis sûr que c'est elle. J'attends qu'on m'appelle et on me conduit à son cabinet. C'était bien elle. Décor succin, un bureau, quelques instruments et l'espèce de lit où on s'allonge. Je lui explique mon cas et ma rencontre infortune avec ce chien du village de Sapa. Elle fait les grands yeux quand je lui dit la date de la morsure. Une semaine !! le mieux est de venir dans les 3 jours pour que ce soit efficace. Elle me dit que j'ai peut être trop attendu pour faire un simple rappel et que je dois faire un rappel un peu plus lourd. Elle me décrit ce que je risque de devoir subir, j'espère n'être pas si en retard que ça car ça à l'air de faire mal. Elle n'est pas trop sûr et elle appelle une consœur pour confirmer la marche à suivre. Elle regarde ma cicatrice. Belle cicatrice. Elle me dit que le simple rappel devrait faire l'affaire. Elle me dit que je devrais néanmoins faire deux rappels. Un aujourd'hui et un dans 3 jours. Le seul hic c'est que la veille j'ai réservé mon départ d'Hanoi pour le centre du Vietnam et je pars demain soir !! Je lui demande si je devrais le faire moi même ? (style) Elle me dit surtout pas et me donne le nom d'un hôpital sur Danang où je pourrais le faire faire. Justement une ville où je m'arrêterais pas !! On discute un peu, me parle un peu du Vietnam, me dit qu'exercer la médecine ici c'est loin d'être comme en France. Je me demande quelle vie elle a ici sur Hanoi. Pourquoi vouloir être médecin dans un pays où il faut lutter pour avoir ce qu'en France on a de suite, d'exercé son métier à un niveau en deçà que si elle était resté à Paris alors qu'elle semble en début de carrière. Apprécie t'elle sa vie sur Hanoï. Moi je ne fais que passer mais elle c'est devenu sa résidence. Est elle heureuse et épanouie comme mes voisins. Questions que je ne lui poserais jamais, sauf si on se buvait un bière au Bia corner.
Elle me fait l'ordonnance, on se sert la main en se souhaitant du bon pour la suite et je passe à la douloureuse. Pas la piqûre, la note : 90 dollars !! J'enverrai les frais à mon assurance de voyage espérant qu'elle me rembourse. La piqûre en elle même dura 10 secondes. Ce n'est pas la docteur Isabelle qui me la faite. Une fois la consultation faite, je passe à la caisse au rez-de-chaussée et m'acquitte du montant, puis vais à la pharmacie 20m à côté pour prendre mon vaccin, puis vais au bout du couloir chez les infirmières qui me délivrent du mal. Un petit pansement et dehors. Sauvé !
Dans 3 jours je serais définitivement débarrassé de cette éventuelle rage. Monsieur Pasteur, je ne me suis jamais intéressé à vos travaux, mais aujourd'hui je vous dit un grand merci d'y avoir consacré votre vie pour sauver la mienne.
Sur le retour, j'observe un peu plus les quartiers que je traverse et qui s'étend le long des rails. Je me souviens d'une chose que me disait Chloé. A Hanoi y a un quartier par métier. Les forgerons, les cordonniers etc… et là fort à parier que je traverser le quartier des ébénistes.

Tous les 5 mètres je vois des ateliers où des menuisiers et ébénistes s'affairent à donner formes à toutes sortes de meubles. Si un jour vous voulez un lit ou une armoire, commander votre bois exotique dans l'un des magasin de la ville et donner le leur à tailler, ils vous feront un meuble de luxe pour deux fois rien. Faudra juste le faire affréter par cargo !!
En rentrant à l'hostel je passe devant l'ambassade du Cambodge. Elle était toute proche. J'ai payé 35 dollars pour m'éviter de subir l'administration locale et de parcourir toute la ville. Mais là c'était à cinq pâtés de maison. J'aurais pu économiser pas mal car le vrai que je verrais imprimer plus tard sur mon visa est de 20 dollars. 15 euros de perdu pour ne pas avoir fait ces 500m qui me séparaient des services consulaires khmers.
En continuant mon chemin je passe une énième fois et l'une des dernière fois dans la rue perpendiculaire à mon auberge où se trouve des bâtiments au style français et colonial et une cathédrale. L'un des visages de Hanoi qui peut surprendre parfois.
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Demain est donc mon dernier jour dans cette ville qui marqua le début de cette nouvelle aventure d'été, à suivre le soleil dans cette suite de tour du monde. Juste quand je commençais à bien l'apprécier. Mais c'est ainsi de voyager, on tourne et ouvrons des pages chaque jours sinon on n'avancerait jamais. Je repense à ce que me disait Eva ou Elodie en Chine. Vaut il mieux traverser plein de pays ou de bien profiter de juste quelques uns. L'appel du nouveau même si on n'a jamais vraiment tout vu de l'ancien est je pense le plus fort. Enfin pour moi et pour l'instant.
Pour ces derniers moments dans cette ville au doux charme asiatique, je pense que j'irais du côté des lacs que j'ai vus aujourd'hui. J'ai lu qu'on pouvait y trouver de très bon restaurants à des prix plus qu'abordables. Cinq euros pour un bon plat dans un restaurant au décor distingué, ça vaut bien de marcher un peu. Demain pour notre au revoir, Hanoi sera culinaire.
La journée ne fut rien d'autre que de profiter et de errer dans Hanoï. Je lis qu'une des choses pittoresque à voir sur la culture vietnamienne est un théâtre où se fait un spectacle de marionnette sur l'eau. Je regarde sur le plan, il est aux abords de la vieille Hanoï, au nord du petit lac. Je me balade le long des berges où je vois un couple qui pose pour des photos de mariage. La mariée dans une robe rouge en soie est magnifique.

Je m'assois au soleil sur le bord du lac à regarder les gens seuls, assis l'air pensifs, sur les bancs et les couples qui passent avec leur démarche amoureuse. Je continue ma balade quand soudain je croise un couple qui m'interpelle.
Je me retourne, la fille se retourne, puis son gars. C'est sûr on se connaît, mais d'où ? Je fais défiler en mode avance rapide mes souvenirs. Je trouve pas. La fille me montre du doigt d'un air interrogateur (ce qui en mime veut dire "on se connaît !"). Je les rejoins, on se dit bonjour et on cherche le pourquoi du comment nos têtes nous sont familières. C'est Amandine qui nous resitue. Le transsibérien !! On s'est croisé entre la Mongolie et la Chine, on voyageait dans la même voiture. J'étais assis prêt des toilettes et quand elle attendait que la place se libère, ben j'avais le temps de la voir. Ou quand on se dégourdissait les jambes en marchant dans le petit couloir qui longe les compartiments. Un moment avec elle et son copain on s'est parlé, lui est brésilien mais parle français et elle ben made in France aussi. Juste quelques mots pas plus, mais se croiser dans ce fameux train marque les esprits et nos visages étaient gravés et preuve qu'on devait se revoir. Ca tombe bien car ils comme un fait exprès, ce soir ils vont à un spectacle de marionnettes, les marionnettes sur l'eau. Justement je cherchais le théâtre pour le voir et ils me disent qu'ils vont à une représentation dans 2 heures. Moi qui croyait que c'était en plein air et gratuit, c'est un vrai truc de pro ! Ils me montrent l'endroit, juste de l'autre côté de la rue. Je cours acheter mon ticket et leur dis à tout à l'heure pour le spectacle. Ca tombe bien, il est à vers 19h et me laisse le temps de me rendre à l'opéra à 20h pour rencontrer mes anciens voisins.
Je retourne à mon hôtel pour me changer et prends quelques gâteaux locaux à une jeune femme qui me sourit sous son grand chapeau pointu.

C'est plus la curiosité de nouvelles saveurs qui me fait regarder un peu trop ces biscuits et de la faire engager la négociation. A peine le temps de dire un mot qu'elle me montre tout son assortiment. Les commerçantes asiatiques sont toujours d'un sourire avenant qui nous donne aussi l'envie de sourire et je lui prends deux biscuits et une photo. Un peu avant d'arriver à mon hostel, je croise un vendeur de rue avec qui j'échange quelques mots en français parfois et qui me demande si je veux acheter un guide sur le Vietnam. Je lui dis que non car il je le lui ai déjà acheté il y a 15j. Il me demande si je veux celui pour le Cambodge. Je lui dis que j'en ai acheter un à un gars dans la rue hier, un faux pour 6 euros (au lieu de 25 pour un vrai neuf). Il me dit que pour le même prix il m'aurait filer un vrai. Damn !! Je me suis fait avoir la veille, en même temps je l'ai eu au prix que je l'estimais, c'est l'essentiel. Pour info on reconnaît le vrai du faux en regardant les plans des villes et des petites rues. On voit tout de suite si ce sont des photocopies ou pas. Le reste est trop bien reproduit pour toujours le distinguer. Je monte à ma chambre et prends l'air sur le toit qui est à l'étage au dessus où sèche ma lessive. Personne, j'ai tout l'espace pour moi et je marche entre les antennes, les fils à linge et je m'approche de la corniche. Sous moi, 6 étages de vide.
Impression quelque peu vertigineuse. Je regarde les appartements d'en face. De l'autre côté de la rue, sur la petite terrasse de l'hostel backpacker, certains sont en train de se pavaner sur des petits fauteuil à savourer l'apéro et à dragouiller aussi. Dans ce genre d'hostel pas besoin de sortir se confronter à la ville, tout est dedans !! Ils me voient au dessus du vide et attire leur attention.
Peut être voit il une sorte de Batman asiatique qui surveille les rues depuis les toits de la ville ou un fou qui est à un pas de faire basculer sa vie. On se salut et je retourne à mes habits qui finissent de sécher puis part me changer. Il est l'heure d'aller au théâtre des marionnettes.
Le spectacle raconte les légendes vietnamiennes. En vietnamien, mais on peut comprendre car une dame entre chaque scène explique en anglais ce que l'on va voir. D'un côté de la scène un orchestre folklorique traditionnel et deux choristes qui font la musique et les voix de l'histoire. Ma frustration est que ce que je vois le plus du spectacle est la tête d'un gars 3 rangs devant moi, juste le plus grand de toute la salle qui me scinde la scène en deux et me cache le milieu. Assez énervant. Ah moins que ce ne soit la rage qui monte !!
Le principe des marionnettes sur l'eau est assez insolite et nécessite un long apprentissage pour les marionnettistes. C'est un art qui se pratiquait dans certains villages du nord. Premièrement les marionnettistes sont dans l'eau jusqu'à la taille (ce qui un temps fut cause de problème de rhumatisme) et sont cachés derrière le décor. Avec de longues baguettes placées derrière leur figurines, ils font évoluer ces pantins de bois qui sont de vrais pièces d'art qu'il faut refabriquer tous les 5 mois à cause de l'eau qui les détériore. Donc les marionnettes dansent sur l'eau. C'est sans ficelle, juste de l'imaginaire. La seule chose qui n'est pas imaginaire est cette tête, ce cou avec ce col de chemise à carreau avec un petit pull sur les épaules juste en plein milieu de mon champs de vision.

Il est allemand j'en suis sûr. A t'il besoin de se tenir droit comme un piquet ? J'arrive pas à me concentrer sur le spectacle. A la fin de la représentation je rejoins Amandine et Felipe dans la rue. On s'échange quelques mots et nos adresses pour rester en contact et lire nos blogs respectifs puis je file vers l'opéra.
Un doute m'assaille quant à mon imminent rendez vous! Est ce que je les reconnaitrais ? J'ai juste de très vague souvenirs de mes anciens voisins qui datent de plus d'une décennie. Pas trop le temps de me poser la question, à peine arrivé qu'un 4x4 s'arrête et je vois descendre un homme en costume dont la tête m'est familière. Synchronisation parfaite. L'accent corse avec lequel il s'adresse à moi me fait comprendre qu'il m'a reconnu et moi de même. Puis sa femme toujours aussi charmante descend et me dit bonjour. On se dit bonjour comme si on c'était quitté la veille.Daniel et Cathy !!Sans savoir que je m'en souvenais, il n'ont pas changé par contre moi si ! Dans les secondes qui suivent un scooter s'arrête et en descend leur fils, Pierre Jean, le mec cool, les cheveux longs et ondulés comme ceux de ceux qui voyagent. Les parents reviennent d'une soirée à l'ambassade où les expatriés français étaient conviés, ce qui explique leur tenue et leur élégance. On se cherche un endroit pour se boire un coup. C'est Pierre Jean qui suggère l'endroit, le Beer Corner dit Bia Hoi Corner. En français le coin de la bière. Les parents préfèreraient un endroit un peu plus tranquille, mais se laissent tenter par le choix de leur fils. C'est un truc pittoresque que je dois voir de la ville. On part en voiture et on descend dans le vieux Hanoi. Sur le trajet on parle d'un autre voisin et ami qui nous a permis de nous retrouver. Patrick ! Il me demande si il fait toujours du théâtre et s'implique toujours autant dans la vie municipale. Je lui dis que je pense que oui. Mes voisins se demandent pourquoi il n'est toujours pas maire depuis le temps. J'avais jamais pensé à cela mais il en aurait bien le style. Ils me disent que ce qui les impressionne le plus chez lui c'est que dans son garage on y trouve de tout. Quelque soit le sport que vous voulez faire, il vous en sort l'équipement pour. Je me dis qu'à chaque fois que je le vois, c'est vrai qu'il sort toujours de son garage. Un garage à la Géo Trouvetou sans doute. Je sens dans ses mots qu'il a une profonde estime pour lui et sa famille. Pas pour rien que son fils ainé soit devenu le parrain du leur. D'ailleurs il me dit que ce qui lui ferait le plus plaisir serait de les voir débarquer à Hanoi. Pendant ce temps on suit on suit Pierre Jean et son scooter dans les ruelles de la ville pour trouver ce coin et s'installer sur de petites chaises d'enfants où on se commande nos bières. Effectivement la bière coute 60 cents et tous les voyageurs qui connaissent le filon viennent s'enfiler des bières toute la nuit sur le trottoir de ce petit corner. On nous sert un grande bière, ça va on ne se fout pas de nous.Tandis qu'avec Cathy on se remet en mémoire les brefs souvenirs de notre ancien lotissement,Daniel commande à une femme dans la rue quelque chose à manger. Il parle en vietnamien mais avec un accent corse. Il semble heureux de vivre ici, à l'air de s'être intégré au pays et de se sentir comme un poisson d'en l'eau. D'ailleurs il me le dit, leur qualité de vie ici est formidable. Il est major pour la mission militaire de l'ambassade et il y a dix ans, ils ont décidé de quitter la France et Sarry, mon village. Depuis leur parcours est impressionnant. Roumanie, Paris, un autre pays je ne sais où et le Vietnam. Quand on dit que l'armée fait voir du pays ! Il est enthousiaste et à l'air de bien profiter de la vie sur Hanoï. Il plaisante en vietnamien avec les femmes qui passent et qui nous proposent à manger. Il négocie dans une langue inconnue pour moi mais ça marche. Son principe, ne jamais chipoter pour 10000 dongs (50cents) mais ne pas hésiter à diviser le prix si on nous fait le prix touriste. Je leur raconte un peu mon début de voyage dans ce pays, leur esprit business etc… et il me dit que le vietnamien peut te filer sa chemise par gentillesse, mais t'entuber de 10 dollars juste après par business. Le vietnamien est un malin et un patriote hors pair. Ils ont botté les fesses aux chinois, aux français et aux américains. Donc c'est pas des petits touristes qui vont faire leur loi ! Ce sont les maîtres ici et nos dollars n'y changeront rien. Il me parle du musée de la guerre qui propagande l'idée révolutionnaire et qui fait passer les français et les américains comme des diables et des gros perdants. En même temps c'est pas si faux. On parle aussi de ce trip à moto et il me dit qu'ici il a découvert une nouvelle façon de conduire. La conduite ici se faire dans un mouvement pisciforme. On se déplace comme des poissons, tout en évitement, jamais de coups de frein ou d'à-coups. On adapte sa conduite à ce qui se passe devant et derrière, les autres adaptent leur conduite à la nôtre et on previent qu'on passe à coup de klaxon. Easy ! Si on regarde bien, les motorbikes roulent toutes dans un zigzag symphoniques, se frayant un chemin dans la fluidité encombrée de la circulation. Un truc qui fonctionne ici mais qui en France provoquerait des râlements et des insultes incessantes.
Cathy, la mère, partage aussi le même enthousiasme et me confirme qu'ils n'ont pas l'intention de rentrer en France. Ils n'y retournent que quelques semaines par an pour voir et faire le tour de leur famille. Mais pour le moment l'appel du large est toujours le plus fort. Elle me parle des envies voyageuses de leur fils et veut qu'il écoute un peu mon expérience. Une de mes impressions est que pour voyager il faut de l'argent car chaque jour creuse un peu plus le compte en banque, que la route est encore longue, je dois faire attention pour dépenser juste et que j'ai bossé une paire d'année pour pouvoir me payer ce voyage. Et là on attaque le vif du sujet. Pierre Jean est un artiste voyageur dans l'âme d'à peine 20 ans. Son rêve, partir et vivre de la musique sur les routes du monde. Ce qui n'est pas trop le rêve des parents. Son grand frère est parti il y a deux ans, 6 mois en voyage avec un ami et a fait un film, mais il tente encore de le vendre. Donc que le deuxième veuille suivre ce parcours de bohème ça coince un peu. Mais Pierre Jean a de la suite dans les idées et semble bien savoir où il va. Je le connais pas, mais le peu que je vois de lui me fait penser qu'il attire la chance et les bonnes choses. Son parcours international et son ouverture d'esprit en fond un parfait candidat au voyage. Un moment il s'absente et va voir une fille qu'il a aidé un jour passé. Une rasta un peu hippie qui boit un coup avec des blacks (suffisamment rares dans la ville pour les remarquer). J'apprends qu'il y a un coin black sur Hanoi où ils se retrouvent tous. Pierre Jean revient. Ils ont parlé zik. Une artiste elle aussi. Il a le contact et la débrouille facile et je sens qu'il fait parti de ceux qui peuvent y arriver même si tout semble désespéré. Il dégage une très bonne énergie. Mais les parents veulent surtout qu'il finisse ses études, qu'il bosse un peu et qu'ensuite seulement qu'il parte voyager si tel est son désir. Lui les seules études qui le branchent sont les beaux arts, mais on n'y rentre pas comme ça. De plus dans un an s'il passe ses examens, il devra continuer en France et quitter cette vie exotique et facile parfois à l'autre bout du monde pour affronter seul la réalité et la mentalité de la France. Fini de vivre en zigzag ! Un autre soucis en perspective. En tout cas il n'a pas envie de rentrer en France. Je sens que je devrais axer mon discours de voyage sur le fait de pas tout plaquer trop vite. Bref sa tête d'artiste nous quitte, il rentre à la maison et nous on part dans un autre endroit, choisi par les parents cette fois. Ils remercient un brin ironique leur fils pour son choix de bar sur le trottoir, mais on apprécie bien de boire et manger pour trois fois rien. On se commande une autre tournée de bière avant de partir. Amusant de se dire que juste avant ils étaient à une soirée à l'ambassade et d'être là à boire et manger dans la rue avec eux sur ces petites chaises au milieu de voyageurs hirsutes venus commencer leur soirée. C'est ça Hanoï.
On part ensuite dans un bar très classe dans un des hôtels de la ville qui est juste à côté. L'endroit suggère les mots, luxe calme et volupté. On se commande un chocolat, un thé et un irish coffee. L'endroit est justement plus leur tasse de thé et en prime on voit la ville d'en haut. On est au 3ème étage. Ils me disent que la prochaine fois de venir dormir chez eux, ils ont une grande maison et de la place. Mais je ne reste plus très longtemps sur la ville et de là à revenir ici, il faudra plusieurs années et qui sait où ils vivront cette fois. Je leur dis que demain je fais la visite de l'hôpital de Hanoï pour mon rappel anti rage. Cathy qui travaille dans le milieu médical me dit que pour mon vaccin, si je n'ai pas de carte d'expatrié, je vais douiller et payer quelque chose comme 70 euros au bas mot !! Quoi ! pour une piqure et ce maudit chien !! Elle me dit de dire que je l'ai oublié et peut être de ne payer que 20%. J'apprécie le tuyaux. Ca vaut bien le coup d'économiser un euros chaque jours pour les claquer bêtement. Je verrais bien demain. Le serveur arrive avec nos boissons aux fumées odorantes. On savoure nos cafés et chocolat et on finit de passer une très agréable soirée, on parle de tout et de rien, du soucis d'être parent, du plaisir de voyager (et vice versa). On est les derniers clients et on sent qu'ils attendent pour fermer. Ils travaillent pas moins de 12h par jours alors on compatit et on rentre. Quand ils me ramènent à mon hostel, ils me souhaitent de continuer à bien en profiter. Je leur souhaite de même à ces éternels jeunes qui parcourent le monde en famille et en travaillant. Ils me disent de motiver leurs amis de venir découvrir Hanoi maintenant que je connais un peu. Ils sont plus qu'attendus. Je n'y manquerais pas. De mon côté je leur souhaite bon courage pour la suite avant de les s'en aller, mais pour combien d'années cette fois ?J'ai l'impression qu'être parents d'artistes en herbe ne doit pas toujours être une partie de plaisir. L'éternel conflit générationnel, les parents qui pour les enfants ne comprennent rien à la vie et les enfants qui pour les parents ne connaissent rien de la vie. Ils ont encore une fille plus jeune et ils n'ont pas fini je pense de devoir rester jeune pour comprendre une autre nouvelle génération.
Je me dis que c'est con de n'avoir parlé plus souvent à ces voisins car je les aime beaucoup et sont assez exceptionnels dans leur genre ! Mais il y a dix ans, je leur aurais parlé de quoi ? Je me sens un peu plus faisant partie de cette ville et me sens complètement en voyage. Un voyage outre les paysages, ce sont surtout les gens qu'on rencontre et l'expérience qu'on partage avec eux qui le font. Cette soirée fut un très agréable voyage dans la vieille Hanoï. Je m'endors heureux, dans ce grand dortoir vide où cette nuit encore, je suis le seul roi.