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Date de création : 18.07.2010
Dernière mise à jour : 12.07.2011
87 articles


Thaïlande

climbing day 3

Publié le 10/03/2010 à 14:51 par ulysserepart

Dernier jour de grimpe et pour cela on va dans un autre coin de l'île, plus sauvage où on croise juste un couple isolé qui se fait quelques parois compliqués. Normal.

Mon prof me fait répéter les techniques de noeuds et m'explique la technique du multi pitch. Bref comment passer du statut de grimpeur à celui d'assureur à même la paroi. La confiance doit être de mise car si je me trompe dans mes noeuds et qu'il chute, il chute jusqu'au sol.

J'entame l'ascencion avec plus de facilité qu'aux premiers jours. Arrivé au premier anneau qui marque la fin de la paroi, je défais la corde et la refais pour assurer à mon tour. Il me rejoins facilement et il m'explique la suite des opérations. La première est comment grimper la deuxième partie qui commence par une stalagtite au dessus du vide et de continuer jusqu'à une niche qui surplombe la plage et ensuite de changer mes noeuds pour passer d'assureur, à grimpeur. Tout est sous contrôle et je le regarde agripper la stalagtite et se hisser au dessus du vide. Pendant ce temps je joue de la corde et du tendeur pour l'assurer aussi vite qu'il s'élève. Quelques minutes plus tard, il m'invite à le rejoindre. Si il me le demandait pas j'irais pas et redescendrais directement, la route à prendre étant vraiment impressionnante. Plus impressionnante que difficile car grimper la stalagtite même si ça impressionne est plutôt aisée, les prises sont bonnes et de se hisser tout en haut de la paroi, mise à part la hauteur et quelques passages moins évidents se fait sans soucis. Mais on a toujours l'esprit occupé avec les noeuds et les cordes hésitant à faire confiance pour se laisser tomber dans le vide. Je me hisse sur la corniche où mon prof est assis et m'attends l'air le plus détendu du monde alors que moi j'ai l'impression d'avoir bravé tous les interdits et que j'imagine même pas comme on va descendre de là. Il me fait regarder la vue qui embrasse toute le côté sauvade de la plage. Personne pour nous importuner, juste du vert et du bleu. C'est un de ces coins préférés et sans doute un des miens aussi. Etre là ça se mérite, c'est 3 jours d'entraînements, des efforts, de la technique et on savoure d'autant mieux. Cette plage de Krabi sera un des endroits de mon voyage que je vais garder comme un magnifique souvenir.

Une fois reposé, on prend la direction inverse, vers le bas, toujours plus impressionnant et toujours en multi pitch. On redescend par la stalagtite, on refait et défait les noeuds pour s'assurer mutuellement et une fois en bas, juste l'impressoin du devoir accompli. Un truc nouveau de fait, d'appris et c'est avec plaisir qu'on reprend le chemin du retour. D'ailleurs il nous faut rentrer car la marée monte et notre chemin retour ne peux se faire que par marée basse. Peut être qu'on se fait une autre paroi histoire de, mais la formation est terminée. Je peux dire que j'ai fait partie des grimpeurs de Tonsaï beach et si j'avais le temps et l'équipement, je resterai bien pour acquérir un tout autre niveau que celui de débutant. En tout cas je sens que mon corps s'est fortifié et que je me sens tout simplement vivant de toutes ces activités de plein air. J'ai l'impression que j'ai appris en 3 jours un mois de club tant on nous fait confiance et qu'on nous fait faire des choses rapidement. Je pense à Agnès fan d'escalade qui aurait adoré être ici. Je me dis que si un jour on se réconcilie, c'est l'un des endroits où je l'emmenerai avec grand plaisir et on y resterait 15 jours minimum le temps d'atteindre un niveau digne de ce nom.

J'ai du être l'un des premiers élèves de ce jeune moniteur d'escalade. Il me dit de ne pas dire le prix qu'il m'a fait car il a un peu tué la concurrence mais avait besoin de lancer son business, il me raconte un peu sa vie où il était moniteur à Koh Phi Phi mais à du en partir pour cause de mauvaises fréquentations il me raconte aussi quand il vivait à Krabi (ville) et qu'il était comme dans un gang et qu'il a arrêté après s'être pris une balle dans le ventre et qu'il a décidé de s'en sortir à travers l'escalade et qu'il compte bien réussir ici à Tonsai maintenant qu'il est bon. Je lui fais confiance, car il mérite d'être connu ce bougre. En tout cas il aura permis à ce séjour d'être des plus réussi...

Koh Phi Phi

Publié le 08/03/2010 à 08:10 par ulysserepart




Ce matin j'ai rendez vous à la plage de Railay à 8h pour embarquer sur un petit bateau à destination des îles de rêve. Tout le sud de la Thaïlande est réputée pour ses plages magnifiques et ses montagnes qui sortent des eaux au beau milieu de la mer Andaman. Ces îles (koh en thailandais) sont connues dans le monde entier et les touristes ne manquent pas. Ca a le bon coté, île où l'on ne s'ennuie jamais comme celle de Koh Phangan réputée pour ses fêtes, îles idylliques comme Phuket ou Koh Samui, mais le flot de touristes amène aussi le moins bon comme les plages surfaites, remplies de résidences hôtelières et dénaturées comme Pataya.

 

 

 

Mais chacun y trouve son compte à défaut d'authentique on y trouve la belle vie pas chère. Finalement ma plage de grimpeurs aux allures d'ïle sauvage où seuls ceux qui peuvent grimper le rocher d'entrée sont admis me plait bien.

La balade en bateau est agréable et le groupe aussi. On est une dizaine à bord à profiter d'une journée de farniente, même si un dizaine de bateaux sont partis à différentes heures depuis bientôt une demi heure. On fait plusieurs petites iles, on nous montre des grottes aux chauve souris, des ilets qui donnent envie de s'arrêter mais où nulle âme de vit et on s'arrête dans les grosses îles où sont déversé un flot continu de touristes toutes les demi heures. Lassant, je fais un tour histoire de me dégourdir les jambes mais on dirait un parc d'attraction au lieu d'une plage. On visite Koh Phi Phi, plage célèbre pour avoir été le théatre du film "la plage" avec Di Caprio et c'est vrai que sans tous les touristes, ce serait le paradis. Mais j'en fait partie alors je ne peux me plaindre.

 

 

On n'en voit qu'un bout et on fait du snorkling avec masque et tuba dans des coins qui ne manque pas de poissons en tout genre.

 

 

 

On fait deux haltes snorkling le matin avant de s'arrêter sur une autre grande plage sur une autre grande île où un buffet nous attend. Enfin c'est certainement toujours l'île de Koh Phi Phi mais sur un autre versant. Je ne demande pas mon reste et profite de chaque plat jusqu'à en avoir sommeil. Après m'être servi comme un prince, je pars me tenter une petite sieste à l'ombre que je pourrais trouver, car le soleil tape fort et notre bateau ne part que dans une demi heure. Le soleil brûle et je me mets à l'ombre d'un muret le temps d'embarquer. On repart, on visite Monkey Island, une ile remplie de singes qui vous apprivoisent si vous leur donnez à manger. J'ose pas débarquer, peur de me faire mordre pour une raison que j'ignore, mais je préfère voir ces primates sauter sur mes compagnons plutôt que sur moi. Chaque visite est chronométrée, 10 minutes par ci, vingt minutes par là, c'est ça le tourisme de masse, mais ça me va au moins on visite plein de choses et j'ai pas de raisons de rester sur Monkey Island. On lève l'encre pour faire une ultime session de snorkling au large d'une île avant de finir sur une merveille de sable blanc aux eaux chaudes et cristallines. Le genre d'endroit qui me fait regretter de pas avoir mon appareil photo juste pour rendre jaloux les copains (les photos de ce post viennent d'internet et ne sont pas de moi). On y reste une bonne demi heure même si j'y resterais bien la journée complète. Je m'allonge dans l'eau et profite d'un moment où on se rend compte qu'on est tout simplement heureux. La vie ne peut que difficilement être plus douce. Je sais pas où je suis, mais après toutes ces heures de bateau j'ai l'impression d'être au bout du monde, loin de tout. Le jour décline et il est temps de rentrer à Krabi. Je sors de l'eau, profite de quelques fruits qu'on offre sur le bateau et goute les embruns et l'air marin tout le long du retour. Je suis content de ma journée, j'avais fait une bonne affaire en faisant le tour des agences la veille et pour 700 baths après ristourne, l'équivalent de 12 euros, j'ai eu une journée de rêve, et encore le meilleur est à venir dans les petits bars en bambou de Tonsaï beach où la nuit réserve toujours son lot de surprise.

Quand je débarque sur la plage, il fait encore trop jour pour retourner à mon bungalow alors je repars sur la plage de Pranang, là où j'ai perdu mon appareil photo pour, on ne sais jamais, le voir réapparaître. Je ne me remets toujours pas de sa perte. Alors je sillone la plage, belle au soleil couchant et qui n'a rien à envier à ses consoeurs des îles voisines. Je vois un petit bateau qui arrive avec une mariée et je vois les convives en pantalon de lin blanc qui arrivent aussi sur la plage. Le mariage tranquille sur une plage de rêve. Le mariage leur coutera l'équivalent d'un bon restau en Europe pour six personnes, sauf que là ils sont une bonne vingtaine a festoyer. Les costumes en lin sont certainement fait chez le tailleur du coin en deux jours pour une trentaine d'euros, y a juste la robe de la mariée qui tout en étant simple ne semble pas sortie d'un atelier local. En tout cas, c'est magnifique à voir et le petit coin de plage avec quelques chaises décorées où la messe se tiendra ressemble à un happy end de film américain. Pourtant malgré tout ça, un nuage de pluie se pointe. C'est balaud !! Mais bon la fête sera bonne quand même et la pluie pas trop de la partie.

Le soleil est couché et je décide de rentrer à Tonsaï beach. En repassant par la plage de railay où les restaurants ont mis les petites tables sur la plage et quelques flambeaux et coussins pour s'installer sur le sable devant de délicieux cocktails et des bons repas à trois francs six sous. Je me pose et regarde l'ambiance de cette plage qui me rappelle ma première fois sur une île thailandaise au large de Bangkok (koh samet) il ya quelques années. Elle change de notre plage des grimpeurs car au moins ici il ya une belle plage et nous on a de beaux rochers. Nous la fête on la fait dans les bars de bambou attenants à la plage mais pas sur la plage. Pas de restaurants touristiques, pas de repas au flambeau, juste la bonne franquette.

Je décide tout de même de repartir, il fait nuit et il me faut encore grimper le gros rocher qui me sépare de ma plage.

Je marche jusqu'au bout de la plage, là où il n'y a plus de lumière ni personne et là, impossible de voir l'entrée de la colline. Il y a deux façons de rentrer à Tonsai, par la mer quand elle est à marée basse et qu'on peut passer sur les petits rochers (sauf que là c'est marée haute) ou par ce gigantesque cailloux mi jungle mi falaise sur lequel il faut crapahuter, mais qui necessite d'y voir clair, notamment pour voir le passage avec une corde pour s'aider au début et je sais plus où il est. On a presque envie de dire "Sésame ouvre toi" " et découvrir le passage secret. Quelques lampes torches se font voir, des gars qui faisaient le chemin en sens inverse et qui me permettent d'entamer l'ascension. Cette fois la nuit est bien tombée et la voute des arbres ne fait que renforcer l'impression d'obscurité. Heureusement j'ai ma petite lampe frontale avec moi pour voir où je mets les pieds dans cette colline de rochers. Il faut bien 10 minutes pour venir à bout de cet obstacle de roches et une chose me tarabusque. La lueur de ma lampe torche devient de plus en plus faible et les piles sont en train de rendre l'âme alors que j'ai changé les piles il ya 3 mois et ne m'en sert que pour lire de temps en temps. Sacrées piles mongoles !! Si la lumière s'éteint, je suis incapable de mettre un pied devant l'autre et avec les rochers, les trous, les racines etc... c'est la chute et la blessure assurée. J'active le pas alors qu'il me reste encore un bon bout à marcher. Ma lampe qui normalement éclaire sur 50m éclaire à peine à deux mètres. J'ai beau connaitre le chemin, avec deux mètres de visibilité je me demande si parfois je suis bien dans le bon sentier et pas dans un légèrement à côté un peu plus escarpé. Je distingue les lueurs de Tonsai, mais elles sont encore loin. 300m à vol d'oiseau, mais de nuit, une barrière infranchissable. J'espère que les piles tiendront le coup sinon je suis bon pour dormir sur place, à l'endroit même où ma lampe s'éteindra, seul à la belle étoile. Je croise une lampe torche en sens inverse, au pire je pourrais suivre la personne et attendre sur l'autre plage que d'autres repartent vers ma plage et les suivre, mais je mise le tout pour le tout et continue. La route semble interminable et enfin j'arrive à une portion où il fait un peu plus clair. C'est la fin, il reste deux rochers à passer et une paroi où il faut se faufiler mais les lueurs de la plage éclairent un peu le chemin. Je me faufile et marche au clair de lune sur la plage qui a repris son air de fête. Un bon moment d'angoisse qui me fait penser à changer mes piles pour la prochaine fois.

Je retrouve mes habitués et mes habitudes. Le petits restos aux nouilles sautées (à force les cuisinières me connaissent), le petit bar où je retrouve les habituels grimpeurs et celles qui viennent juste pour voir les autres grimper. Je m'y arrête prendre une petite bière et en allant aux toilettes, je passe près des catalanes de la veille. Pour une raison de wc occupé je parle avec Jen, très jolie espagnole qui me dit être là pour 4 jours et a qui je dis qu'elle y restera 15 jours car personne ne veut partir de cette plage. Je lui dis que je pars pour Kuala Lumpur dans deux jours, elle me dit qu'elle aussi, qu'elle veut aller voir le grand prix de formule 1, elle me donne son mail pour qu'on s'y retrouve au cas où. Sa copine Vanesa semble sous le charme d'un grimpeur coréen tout en muscles le jour sur ses parois à tenter des trucs impossibles tandis que les filles bronzent sur la plage juste à côté. C'est pas gagné qu'elles quittent cette plage dans 4 jours et de mon côté rien qu'à penser aller à quitter ce lieu paisible rempli de jolies filles, de grimpeurs excellents, de convivialité et d'ambiance roots pour la mégalopole malaise de Kuala Lumpur, c'est prequ'avec à contre coeur que je vais reprendre la route, mais j'ai pas le choix, mon visa expire dans 3 jours et il me faut partir. Donc no regrets !

La nuit se passe comme les autres nuits, sous les étoiles, au son de la musique et quelques chang beers pour se rafraichir. La vie est un bonheur à savourer sans modération. Demain je fais ma dernière journée d'escalade et mon moniteur a de nouvelles choses encore à m'apprendre, notamment le multi picth, l'art d'assurer son partenaire en plein milieu de la paroi quand on grimpe à deux et de grimper ainsi des montagnes jusqu'à leur sommet.


la nuit des grimpeurs

Publié le 07/03/2010 à 18:47 par ulysserepart

Le soir à Krabi, c'est une autre ambiance qui s'éveille. Quelques grimpeurs finissent leur paroi sur le bord de la plage, plus pour parfaire leur technique que pour grimper. Ce qu'ils grimpent est presqu'impossible mais à les regarder ça semble facile. Tout est dans l'équilibre comme me disait mon maître à grimper.

Les lumières du bars éclaires la plage, la musique prend place et tout le monde profite d'un repos bien mérité. Souvent je vais au petit restau de la rue, enfin rue... sentier de sable d'à côté et qui mène vers les bungalows où l'on dort. Là je commande toujours le même plat qui m'enchante, des nouilles sautées au poulet pour l'équivalent d'un euro. Souvent j'y rencontre des gens qui mangent seuls ou à deux et avec qui on discute un peu. Puis je remonte le sentier de sable et passe devant quelques bars en bambou sympas où parfois je m'arrête boire un coup. J'y ai rencontré nicolette, une allemande d'une quarantaine d'année qui était venue grimper toute seule. Récemment divorcée elle était psychothérapeute en allemagne et là vient grimper 15 jours. Elle n'a aucun plan que de grimper mais semble prendre plaisir à être à Krabi. Elle me dit qu'elle grimpe en salle dans son pays (d'ailleurs à la regarder ça ne m'étonne pas, fine et toute en muscle) et qu'elle cherche des coéquipiers pour l'accompagner sur les rochers. On discute un peu car c'est la seule au bar et je lui présente mes voisins de bungalow qui ne seraient pas mécontents d'avoir une nouvelle équipière de grimpe. On se croisera souvent avec Nicolette, que ce soit à ce bar où au petit restau où je vais chaque soir. Je ferai aussi connaissance d'une charmante slovène mais qui part le lendemain à l'aube, de Fabio et Sheila, une jolie espagnole et son copain Italien qui semblent cools de la vie mais bientôt sur la rupture car Fabio continue son voyage et Sheila reste et qui profitent des derniers instants comme des gamins. On se fera quelques soirées ensembles. Les soirées au royaume des grimpeurs a du bon, pas de jeunes fous qui se mettent minables chaque soir, mais des gens qui savent faire la fête et grimper le lendemain. Je recontre aussi une américaine plutôt hippie du moins aux poils qui sont sous ses bras et à sa couche sur la plage, elle semble plutôt roots, elle me présentera le lendemain une future docteur avec ses dread locks de rasta, une polonaise au nom de Maya, qui après les présentations ne me quittait plus d'une semelle. Une autre américaine qui nous faisait une démonstration de hoola hoop et quatre barcelonaises que j'avais rencontrées et avec qui j'avais plaisir de bavarder un peu en espagnol constituait mes connaissances de Krabi. Sur les 4 barcelonaises, deux revanaient d'une retraite bouddhiste où le principe est de ne pas parler et de méditer 5h par jours et ce pendant 10j. Autant dire un truc impossible pour des espagnoles. Elles me dirent que beaucoup abandonnait en cours de route, mais elles ont tenu le coup et se sentent différentes maintenant après ce temps d'introspection. En plus les repas étaient frugals et végétariens, l'hébergement dans le temple tout simple, une latte sur le sol et une couverture avec extinction des feux à 9h et début de la journée à 5h. La méditation fatigue tellement que bien souvent elles ne demandaient pas leur reste et s'endormaient avant 9h. Le plus étonnant de l'histoire, c'est que les 10j furent gratuits, le genre d'expérience qui mérite d'être faite. Un mexicain adepte des jeuns et des diéts en tout genre leur prit l'adresse. Bref chaque soir est cool et amène son lot de rencontre en tout genre et parceque ce coin de plage isolé par sa montagne qu'il faut escalader a une clientèle bien à elle que j'appelerai: le peuple des rochers et comme m'avait dit Bruno, le guadeloupéen, c'est une ambiance de grimpeurs bien sympa, tranquillement festive et qui donne peine à quitter. J'avais prévu d'y rester que quelques jours mais j'y passerai bien des semaines.

Une fois fatigué des parois escaladées, des discussions en anglais, des verres, de la musique et des nouilles au poulet bien garnies, je rentre à mon bungalow et m'endors sans demander mon reste. D'ailleurs demain c'est vacances, je ne grimperai pas, trop fatigué et besoin de récupérer physiquement, alors j'ai réservé une escapade en bateau vers les îles paradisiaque de Koh Phi Phi, là où fut tournée la plage, mais je ne ferai pas seulement cette île, on visite tout un lot d'île, de chicken island à monkey island, que du farniente en perspective entre le bleu de l'eau et le bleu du ciel.

climbing day 2

Publié le 07/03/2010 à 13:55 par ulysserepart

Si le premier jour m'a laissé voir les différentes techniques de noeuds, de longes et de grimpe en tête, ce deuxième jour va servir de consolidation de tous ces acquis.

J'aime à mes temps perdu faire les noeuds, les défaire, répéter les gestes qu'il me faut connaître par coeur car une fois sur la paroi la moindre erreur peut être fatale, surtout quand au sommet et juste longé avec ma corde de vie et un mousqueton, je retire la corde qui servait à m'assurer de mon baudrier pour faire un nouveau noeud qui me permettra de descendre en rappel pour moi même.

Ce jour là on part aux falaises de Diamond Cave. Des groupes sont déjà en train de grimper, c'est sûr que nous on est jamais les premiers, mais qu'importe, le but n'est pas de trop en faire mais de bien faire et l'escalade a vite fait de nous prendre toutes nos forces surtout quand on ne maîtrise pas trop.

On s'installe au pied d'une paroi et histoire de m'échauffer je grimpe assuré par la corde que mon prof vient d'accrocher. Ensuite je refais la même paroi mais en tête, c'est à dire avec la corde derrière moi. Là chaque erreur et c'est la chute sur un bon mètre. Je grimpe tant bien que mal jusqu'à l'anneau final où je fais et défais mes noeuds afin de pouvoir redescendre en rappel. A chaque fois la même appréhension de mal faire et cette fois ci je merde totalement dans mes noeuds qui me feraient tomber en chute libre si je descendais ainsi. Enfin je vois que j'ai mal fait mais ne sais pas où j'ai merdé. D'en bas, mon prof me crie les gestes à faire, me dis quand je passe la corde du mauvais côté dans les mousquetons etc... finalement je retire tout et refais le noeud et descends épuisé de la paroi. On en refait une juste à côté, toujours impressionnant au début avec quelques passages difficiles, mais l'habitude et la technique font leur effet et je tente des choses et adopte des postures plus efficaces qui me permettent d'atteindre le sommet et de faire en deux temps trois mouvements, les noeuds qu'il faut pour redescendre.

Mon prof qui a appris sur le tas a une parfaite maîtrise de toutes les techniques et quand il me fait des démonstrations de grimpe, il est carrément balaise. D'ailleurs tous les profs, malgré leurs airs baba cool sont des vrais balèzes et grimpent parfois pieds nus et parviennent à bout de paroi qu'il me faudrait 6 mois avant de passer. Faut dire qu'ils grimpent tous les jours et que la compétition sur ces plages est rudes et qu'ils doivent être au top pour conserver les clients.

Nous on se fait une pause au bar d'à côté, on se fait une partie d'awalé avec des règles thailandaises que je peine à comprendre avant de continuer sur une paroi plus difficile, que mon prof grimpe sans soucis pour m'accrocher la corde et m'assurer. Je la grimpe avec difficulté, souvent aidé par la corde pour me reposer ou atteindre quelques prises, mais où je peux tester les techniques d'équilibre propre à l'escalade. Une fois en haut, je retire la corde, fais mon noeud et descends en rappel par moi même. Je commence à prendre de l'assurance et même à me croire bon. Mon prof me dit de grimper cette paroi en tête. C'est juste un niveau au dessus de ce dont j'ai l'habitude de monter et l'avoir fait assuré par en haut était déjà pas évident alors en tête, c'est un vrai défi, mais je le relève et refais mes noeuds en conséquences. Lui me dit qu'il veut tester si il est toujours aussi rapide sur cette voie et me demande de l'assurer quelques instants. Il ne grimpe pas, il court et saute sur la paroi. Il avale l'obstacle en 1 minutes et le fait même deux fois de suite avant d'être à bout de force. Y a pas à dire, il y a du niveau. Moi je vais mettre 10 bonnes minutes à la limite de l'épuisement. Rien que commencer sur la partie en dévers est compliqué, puis à mi hauteur, c'est les jambes flageolantes et les bras tremblants que je tente de ne pas tomber vu le manque de prises. Je tombe plusieurs fois, les bras sans forces, mais mon prof continue de me prodiguer ses conseils et de me motiver à mettre mes pieds là où je pensais pas pouvoir les mettre. En fait le secret est de pousser avec les jambes et de monter les pieds, même sur prises à peine en relief mais les chaussons accrochent hyper bien, de coller le corps à la paroi et d'aller chercher de la main une prise plus haut, toujours plus haut. Parfois on n'en trouve pas et on chute, parfois on en trouve une et on peine à s'accrocher, parfois sans comprendre pourquoi on grimpe deux mètres d'un coup après avoir tenter l'impossible.

Je suis souvent à me balancer au bout de la corde après être tombé à tenter plusieurs fois de passer un morceau dont je ne vois pas la solution. Et puis on tente un truc nouveau sans y croire et la peur au ventre et c'était la solution. C'est avec joie et fierté et quelques peurs que j'arrive en haut après avoir pensé maintes fois abandonner, mais j'ai eu mes moments de grâce où je prenais le risque de chercher des prises improbables qui me permirent de poursuivre l'ascension.

Je descends en rappel, épuisé mais heureux, incapable de grimper la moindre paroi supplémentaire. Cette journée m'a donné envie de grimper toute la semaine, mais je sais que je vais avoir besoin de me ménager et de prendre un jour de repos comme me le conseille mon prof pour récupérer des efforts des deux derniers jours et c'est vrai que je sens mes bras commencer à se tétaniser peu à peu.

C'est ce que j'aime avec mon prof, c'est qu'on est peut être pas les plus sérieux au niveau des horaires, mais je suis seul avec lui et il me fait confiance pour me faire faire des choses ou des parois que j'aurais pas forcément fait avec un autre groupe. Bref je suis satisfait de faire équipe avec lui, en plus on est pote et le soir souvent on passe un peu de temps ensemble.

On rentre à notre plage non sans passer la plage de Railay où les touristes bronzes sans relâche et où deux thailandais aux allures rastas, distants de 80m, jouent au freesbee avec une maitrise certaine. Ils parviennent toujours à éviter les gens et à viser juste. Les héros de la plage qui seront les héros au bar la nuit venus... Comparé au reste du pays, ils ont la belle vie. Pas simple, mais belle.

On arrive à notre roc qui nous sépare de notre plage sauvage. La marée est basse alors on contourne par la mer. Sur la plage toutes les falaises sont remplies de gars fortiches qui sans grimper très haut font des parois qui ne sont pas verticales mais penchées en dévers vers la plage qu'ils grimpent comme des araignées. Rien qu'à les regarder on apprend. Jamais en force, tout en souplesse. L'art du bon geste que j'aimerais apprendre mais il me faudrait rester des semaines entières sur cette plage et il ne me reste que deux jours. On part trinquer une bière bien méritée pour notre journée. Après l'effort, le réconfort. La nuit tombe et notre plage revet peu à peu ses habits de lumière.

Climbing

Publié le 06/03/2010 à 10:35 par ulysserepart

 

Au cours de la nuit, le rendez vous a changé, de 9h on est passé à 10h et de 10h on se retrouve sur la plage à 10h30. Motif, on s'attendait pas au même endroit. Si la technique de XXX semble irréprochable, sa ponctualité professionnelle ne semble pas du même niveau. Quand on se salut, il me dit qu'on va prendre le petit déjeuner et le repas du midi. Mon pti déj était déjà pris et je pensais que le repas du midi, comme pour les autres guides était compris. Je négocie le repas du midi, il fait un peu la moue et me dit oui. C'est vrai qu'on avait négocié un bon prix, mais avec les mêmes offres que les autres.

Donc une fois rassasiés et le repas du midi commandé et emporté on se dirige vers la plage de Maui Thai dite des "un deux trois" (one two three), camp de base des apprentis grimpeurs. Je commence par monter assuré par la corde qui venait du dessus, puis sur une paroi facile, après m'avoir enseigné l'art de crocheter les mousquetons et d'assurer ma ligne de vie en faisant les nœuds qu'il faut une fois en haut, j'entame ma première paroi de la journée à grimper en tête. Puis une deuxième bien plus dure, mais qui me met dans le cœur du sujet, les jambes tremblantes et les bras flageolants, à tenter d'accrocher mes mousquetons sans tomber et d'y passer la corde à bout de bras pour continuer l'ascension. L'essentiel de la journée se passe au sol, à m'enseigner les nœuds, comment gérer la corde, les mousquetons et je pratique toutes sortes de nœuds sur un tronc d'arbre où je répète jusqu'à leur parfaite maîtrise, les mouvements qui me feront être en sûreté sur la paroi. Je grimperai 3 ou 4 parois ce jour là, parfois en tête pour pratiquer en condition réelle ce que je savais si bien faire sur le tronc de l'arbre, parfois en étant assuré par le haut pour prendre plaisir à grimper sans risques et tenter les techniques de l'escalade.

C'est peut être pas beaucoup de parois pour une journée, mais je suis épuisé. Mes bras sont vides de forces et on part faire une ballade sur une autre plage sur laquelle il me dit qu'on visitera une grotte et qu'il m'apprendra la technique du rappel.

La plage de Pranang est la plus belle de Krabi, juste du sable blanc, de l'eau bleue et des falaises qui sortent de l'eau. Notre première halte sera dans une petite grotte dédiée à une déesse ou princesse indienne. Ce sont les pêcheurs surtout qui lui font offrandes et pas n'importe quelles offrandes. Des offrandes qui me rappelèrent celle que firent un jour les mongols de Karkhorin à une montagne. Dans cette grotte, des centaines de sexes d'homme taillés dans le bois entourent la statue de cette divinité. Au fond de moi je me dis que c'est une drôle de façon d'honorer une divinité princière par des hommes qui la font passer, de part ces présents, pour une sorte d'obsédée sexuelle. Pourtant j'ai pas envie de me moquer, je sais pas mauvais pressentiment, c'était juste une pensée amusante et je la prends en photo. Cette photo je ne la verrais jamais et sera la dernière de mon fidèle Sony DC10. J'ai refait la scène des dizaines de fois dans ma tête mais rien n'y fait. On remonte la plage, parlant de la vie avec XXX au milieu des corps blancs et à moitié nus étendus sur le sable et de ces thaïlandaises qui couvertes de la tête au pieds vendent souvenirs, boissons et noix de coco à l'ombre de leur parasol, puis on passe un petite clairière attenante aux falaises et on passe quelques voies d'escalade qui ne sont pas de mon niveau, pour grimper dans la grotte. XXX me fait passer dans un étroit passage qui débouche sur une vue magnifique de la plage, de la mer et des collines alentours. La photo idéale. Sauf qu'en mettant la main dans ma poche, je n'ai saisi que du vide. Panique, mes mains vont de poches en poches, la sentence est brutale : je n'ai plus mon appareil photo, mon fidèle ami. Et il est sûrement là sous mes yeux, mais 40m plus bas. Je dis à XXX de m'attendre là, je pars faire le chemin en sens inverse pour le retrouver. Reste à trouver quels pas sur la plage furent les miens et retrouver des réminiscences des endroits précis où je suis passé alors que j'avais la tête à la conversation. Un aller retour en vain qui me refit passer près de la grotte aux pénis géants me fit penser que c'est peut être un acte surnaturel de cette statue pour avoir osé en sourire, de plus je le sentais, mais je pensais plus au fait que la photo soit loupée. La plus vraisemblable explication est que marchant avec mon baudrier, les harnais ont du empêcher mon appareil photo de s'enfoncer dans la poche de mon short qui est tombé quelques mètres après que j'eu pris la photo et fut ramassé par un chanceux ou juste subtilisé par un des marins pêcheurs qui ne perdent pas une miette de ce qui se passe sur la plage, vu qu'ils passent l'après midi à attendre la prochaine marée. Mais l'histoire laisse une part au surnaturel, puisque demandant aux touristes qui se posaient près de l'endroit si ils ont vu quelque chose, personne n'a rien vu et à leur visage, ils étaient sincères. Alors stupide ou victime du divin ? toujours est il c'est que je m'en suis beaucoup voulu, pourquoi ai je pris cette photo, pourquoi n'ai je pas retiré mon baudrier (car je savais pas l'enlever et je trouvais ça cool de marcher sur la plage comme si j'étais un super grimpeur, mais un super grimpeur marche sans baudrier), pourquoi même ai je pris mon appareil photo et pourquoi n'avais je pas retiré les 3 cartes mémoires que je n'utilisais pas de la sacoche de l'appareil. Cette journée qui était si belle, s'en trouve gâchée et la beauté de l'endroit et la joie d'y faire du rappel est ternie. Je retrouve XXX et passe la minute suivante à jurer. Un appareil c'est comme un troisième œil quand on voyage, une mémoire. Ca me fait réfléchir à la place de l'appareil photo pour le voyage. Sans, on a plus de temps pour admirer le paysage, mais sans on ne peut ramener chez soi ces petits bouts de voyage. Je me sens comme amputé d'un membre mais je me fais une raison et je suis XXX dans l'obscurité la plus complète, à prendre des échelles, à évoluer dans cette grotte éclairée à sa lampe torche et on débouche sur une nouvelle fenêtre sur ce lieu de paradis. La plage de Tonsaï entourée de montagnes et de jungle. Elle fait penser aux films de King Kong et serais à peine étonner de le voir surgir. C'est dans ces moments là que le manque de mon appareil photo se fait cruellement sentir. XXX m'explique la technique du rappel. Au lieu d'être enjoué à l'apprentissage de cette autre technique, j'ai l'esprit qui parcourt la plage à se demander ce qui a bien pu se passer entre la dernière photo et la perte de l'appareil. Finalement je me retrouve accroché à la corde, écoutant cette fois les dernières recommandations sur la façon de me laisser glisser tout en rebondissant sur la paroi. La descente est superbe, je rebondis de rocher en rocher et atterris au pieds de la falaise où un groupe d'allemand affronte la paroi mais dans l'autre sens, en la grimpant avec des devers vertigineux. Au bout de leur corde, une nana qui lutte avec la gravité et qui pendouille en attendant de reprendre des forces. Le temps que XXX me rejoigne elle a atteint le sommet, accroché la corde et les bras ballants, se laisse redescendre par ses potes en quelques secondes. Un dernier regard à cette vue qu'on jurerait secrète tant le chemin fut escarpé pour y parvenir, avant de traverser une petite clairière, de passer les rochers à marée basse permettant de contourner la fameuse colline entre Tonsai et Railay beach et on retrouve au soleil couchant notre fameuse plage où se reposent, une bière ou un cocktail à la main, tous les grimpeurs et les admiratrices des grimpeurs. Je les vois comme autant de belles photos perdues. Alors je regarde en photo perdues les quelques grimpeurs qui profitent des dernières lueurs du jour pour se faire plaisir. Ca à l'air facile de les voir faire, mais les falaises qui bordent ce petit bout de plage font parties des plus difficiles du site.

L'esprit vidé, je regagne mon bungalow. Je ferais mon deuil de photos devant un bon pad thai, et en dessert une petite bière au bar reggae, où à chaque fois que je passe, le barman m'appelle par mon prénom alors que j'ignore son prénom et que je lui dis tous les jours, "ok je passerais peut être" mais sans jamais passer.

Krabi

Publié le 04/03/2010 à 06:34 par ulysserepart

 

A partir de là, rien de ce qui se passe n'était prévu dans le voyage initial. Le plan était de décoller pour l'Australie depuis Bangkok et d'y rester une semaine, quinze jour (car trop chère). En vérité l'Australie je ne la verrais pas avant plusieurs mois et j'y resterais plus d'un mois. Alors que s'est il passé entre Bangkok et Sydney ?? A vrai dire, c'est que pour aller en Australie j'avais pas vraiment fait les démarches administratives (qui prennent 10 minutes sur internet) pour avoir le droit d'entrer et comme je suis assez dans la procrastination dans mes grandes décisions (procrastination =  remettre à plus tard), je choisis de prendre le temps de la réflexion sur ces 10minutes d'internet dans le sud de la Thaïlande que je ne connais pas, là où on dit que sont les plus belles plages avec leurs décors de rêve donnant sur les eaux du golf d'Andaman où l'on voit des montagnes sortir de l'eau. Le sud de la Thaïlande est vaste et les îles multiples, alors pour poser mes guêtres, je fais confiance au conseil de Bruno, le jeune antillais rencontré dans le bus en passant la frontière thailandaise, que je recroise un soir par hasad dans un bar de Khao San Road et qui me recommanda dans le sud, Krabi et la plage de Tonsaï Beach, paradis des grimpeurs à l'ambiance plutôt baba cool. Elle est moins spectaculaire que ses voisines mais l'ambiance de part la présence du petit monde de la grimpe est cool et détendue. Alors let's go !

Je m'étais prévu trois quatre jours de relax total, c'est en fait plus de 8 jours que je passerais avant de m'arracher du lieu non sans peine. Bus de nuit depuis Bangkok, changement de bus à 6 h du matin au milieu de nulle part, attente d'un bateau qui semble ne pas venir puis débarquement sur une plage aux allures d'île vierge. Une fois débarqué, l'eau jusqu'au genoux et les sacs au dessus de nos têtes, on est à Railay beach, la plage des touristes qui veulent juste plonger et bronzer sur le sable. La plage des grimpeurs elle, est à 20 minutes de marche de là, et avec 20kg de bagages sur les épaules à arpenter la plage en plein cagnard, c'est trempé de sueur que j'arrive là où l'île semble s'arrêter sur un mur de rocher sans voir pour autant la moindre indication pour Tonsaï beach. Et j'ai beau regarder partout, la plage s'arrête sur une falaise de 20m de haut qui s'enfonce dans la jungle. Je demande mon chemin et on me montre cette colline de rochers escarpés remplie d'arbres. C'est là ! Je vois quelques personnes en descendre ce qui confirme la direction à prendre. C'est donc pas une légende, c'est vraiment une plage de grimpeurs ! Accéder à Tonsaï beach par ce chemin, autant dire que la sélection entre les bronzeurs et les grimpeurs se fait là (et ceux qui connaissent le coin y accèdent en bateau). Donc avec mes 20kg de sacs à dos j'entame l'ascension, j'attrape les cordes qui sont censées aider à se hisser et je grimpe le rocher et les petits chemins bien raides qui semblent ne jamais s'arrêter de monter. 10 minutes plus tard, entre randonnée de montagne et d'escalade je suis de l'autre côté, là où sur les falaises des jeunes gens jouent aux araignées et grimpent des murs qui semblent impossible à affronter. Ici c'est Tonsaï beach, le 4eme endroit au monde réputé pour ses spots d'escalade et là où viennent passer leur vacances les grimpeurs du monde entier en manque de sensations et de bon vivre. Tandis que je tente de trouver un endroit pour loger, je croise Oliver, un jeune anglais, qui me conseille les bungalows où il est installé. Je le suis, encore un peu de grimpette dans la jungle avant de poser mes 20 kilos dans une petite cabane en bois qui sera ma chambre pour les prochains jours. La seule contrainte de cette chambre (voire de ce bout de plage), c'est qu'il n'y a pas d'électricité entre l'aube et le soir.

Ici tout n'est que grimpette, paradis pour les filles qui voient défiler à longueur de journée des gars plutôt musclés qui jouent de leurs muscles pour s'élever sur des parois de niveau encore plus élevé. Maintenant que je suis sur cette plage, je me demande bien ce que je vais faire. C'est si dur d'y accéder que je vais pas y bouger de si tôt. Il y a juste quelques paillotes qui font office de bar, une plage pas si terrible que ça et des falaises magnifiques. Quant à ses occupants, ils grimpent à la fraîche ou font la sieste à longueur de journée à moins qu'ils aillent bronzer sur les plages alentours dont certaines, à quelques km en bateau, sont juste des cartes postales (notamment l'île de "La plage", le film). Mes voisins, un australien et un canadien me proposent de grimper avec eux. Le seul problème c'est que je n'ai ni matériel et encore moins de niveau. Ils me disent que c'est pas grave, qu'ils me prêteront tout, mais j'ai pas envie de les ralentir en paniquant sur des rochers qui sont pour eux le b.a ba de l'escalade. J'ai l'impression que si on ne fait pas d'escalade sur cette plage on est un extraterrestre errant dans l'inconnu. Alors le premier jour, je ne fais rien, à part manger et dormir et regarder au crépuscule les falaises où se suspendent des types balèzes satisfait de leurs efforts. Le deuxième jour je fais un peu la même chose, sauf que je fais le tour des écoles d'escalade pour trouver celle qui pourrait me plaire. Plus que l'école, c'est un mec que je trouve, un jeune qui tient sa boutique d'escalade et qui m'enseignera sa discipline. On parle de tout et de rien, il me traite en ami et me fait les meilleurs prix de toute la plage. Il a besoin de lancer son business. Le soir il me prête des chaussons d'escalade et on part faire du "boarding" sur une falaise qui donne sur la plage. Le principe du boarding est de grimper à un mètre de haut et évoluer de gauche à droite pour parfaire ses techniques de grimpe sans cordes ni mousquetons. Lui est comme une araignée, il grimpe partout, fait des aller retours impressionnants, même des sauts. Moi j'ai du évoluer sur un mètre avant d'avoir les doigts tétanisés et une douleur dans mon doigt sectionné par le ventilateur qui se réveille. Trop dur ! Il me dit que ce n'est pas une affaire de force mais d'équilibre et de jeu de jambes. Je reste cloué au sol tandis qu'il évolue sur le mur avec l'agilité d'un singe. Y a pas à dire, il est bon et c'en est assez pour que je le choisisse comme prof pour le lendemain matin. On finit la soirée à jouer au billard, on mise la prochaine tournée de bière, et moi qui suis souvent si nul au billard, je fais ce soir là des coups impressionnants. Je suis en état de grâce et je le sens. Lui qui semble plutôt bien jouer est impressionné, mais pas tant que moi. Je fais mouche à chaque fois sinon je loupe de très peu. Je mène, et sur une boule qui s'arrête à 2 millimètres du trou je perds sur la dernière. C'était trop beau pour être vrai et j'en suis pour régaler la tournée. On se donne rendez vous à 9h le lendemain matin, je m'en vais manger dans une petite paillote bon marché au bord de la plage  avant d'aller regarder quelques séries sur mon ordi et me coucher. Demain commence la leçon d'escalade dans l'un des meilleurs cadre du monde pour apprendre à grimper et quitte à être là, j'ai pris le cours de 3 jours censé me faire passer du nul que je suis à un grimpeur en tête capable d'assurer son collègue en étant suspendu à même la paroi grâce à la technique du multi pitch. Demain je cesserai d'être un extraterrestre perdu et marcherait comme tout ceux de la plage avec un jeu de corde et de mousquetons autour de moi, droit vers les falaises.

Bangkok folies

Publié le 02/03/2010 à 10:07 par ulysserepart

Je visite les temples où on tente de m'arnaquer comme il ya 5 ans. Mais je vous expliquerais plus tard, un français se fait passer pour un touriste pour nous ameuter dans une boutique où on se fait arnaquer sur le prix des choses; Il est de mèche avec le chauffeur de taxi et se font leur comm'. Là c'est un jeune qui est trop heureux de me voir car je suis français comme lui. Je sens le truc à plein nez et croiser un français à Bangkok n'a rien d'exceptionnel et encore moins de quoi s'extasier. Il me dit que c'est son dernier jour et qu'il bosse avec son père dans l'art et qu'il passe 6 mois en Thailande et le reste entre l'Inde et la France. Bizarre que pour un dernier jour alors qu'il passe sa vie ici, il visite un temple pas bien grandiose. Il me baratine comme si sa vie m'interessait et j'attends qu'il me propose un plan pour faire des affaires. On sort du temple sans trop voir le temple, pris par sa conversation et on s'approche de la sortie. Je manque même de lui demander quand est ce qu'il me parlera d'un bijouterie où les bijoux sont en solde. On se dit au revoir et me dit que si ça m'interesse, il y a des soldes spéciales dans une bijouterie où son père fait affaire. Comme par hasard, y a des affaires à faire dans les bijoux et il me file le tuyau; Je lui dis que je connais le coup et que j'irais pas. Il fait son air étonné, il me demande si j'ai perdu de l'argent, je lui dis que j'ai triplé mes gains, là il est vraiment étonné. Je lui dis que je connais sa combine et de laisser tomber. Il s'empresse de me dire aurevoir puis s'en va mais il m'a profondemment énervé. Le problème c'est qu'ils travaillent en réseau. A peine on monte dans un tuk tuk où on visite un temple que le chauffeur appelle un contact qui met en place le piège. Alors m'embrouiller avec le gars, même menteur à plein nez risque plus de m'apporter des ennuis qu'autres choses. Je continue la visite énervé et quand le chauffeur me dit qu'on va s'arrêter dans une bijouterie je lui dis qu'on s'arrête pas. Il insiste, je sais que sa commission se joue ici, mais je lui dis que c'est encore moi qui décide. Il me dit que ça me coûte rien, de juste y aller et revenir mais je veux même pas avoir affaire à ces gens là et je lui dis de continuer. Il me déposera au temple suivant et me laissera là. Tant mieux. La ballade m'a couté 50 baths mais si on se laisse avoir elle peut coûter beaucoup plus.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je change d'hotel aussi pour un plus petit, plus insalubre mais à 3 dollars. Je retourne à l'ancien hotel une rue plus loin pour capter l'internet et envoyer mes mails. Je recroise Julia et Alexia qui ne sont pas encore parties. On part manger ensemble et Julia m'offre un truc pour me rafraichir, une petit brique de "Milo", une boisson au lait chocolatée qui leur rappelle l'Australie.

Cette fois c'est vraiment les aurevoirs.

 

 

 

 




 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

je me paume la nuit et rentre à pieds du tailleur en me trompant de bus

 

 

 

 

 

 

Le lendemain pour mon dernier jour, je pars finir d'acheter quelques pantalons sur mesures chez un tailleurs à 2 quartiers d'ici puis je vais visiter le palais royal qui est une merveille; Des dorures, un bouddha en émeraudes, un palais doré. Sans doute le plus beau que je n'ai jamais vu. Je recroise Treasa mais sans Robyn ainsi que le jeune Guadeloupéen. Je recroise aussi l'ancien chauffeur de tuktuk qui il ya 5 ans m'avait fait le même coup que cet après midi avec un faux touriste français. Tuk tuk Charlie n'a pas changé et fait toujours ses tours miséreux comme si la vie n'était qu'une éternelle routine. 5ans qu'il fait le même coup !!



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le soir je saute dans un bus de nuit et quitte enfin cette ville qui m'horripile de plus en plus, tant pour son quartier de voyageurs qui vivent entre étrangers à faire la fête sans cesse croyant être des baroudeurs tout comme le gigantisme de cette ville polluée qui nous emprisonne de béton. La thailande est belle et ses trésors sont à quelques heures de bus à peine. Demain matin je me réveillerais du côté de Krabi

 

 

 

 


Alexia future PRF

Publié le 01/03/2010 à 10:17 par ulysserepart

 

Ce petit déj' a duré des heures. Julia est venue me rejoindre entre deux assiettes de riz cantonais, de pains grillés, de céréales et de fruits. On discute de tout et de rien, de voyage sans doute, de sa révélation pour le Cambodge et de la nouvelle vie qu'elle s'apprête à vivre. Au loin deux filles passent et une me sourient comme si on se connaissait. Ce sourire me trouble un peu, il était si familier. On continue de parler avec Julia une bonne heure quand une fille que je vois du coin de l'oeil mais que je reconnais être celle qui qui m'avait regardé en souriant, entre dans le hall, traverse la salle et vient me demander dans un timide sourire si je suis français et si je peux l'aider à planifier son séjour en Thaïlande car avec son amie qui nous rejoint peu après, elles ne savent comment gérer leur séjour dans ce pays. Elle c'est Alexia de Toulouse et son amie par un fait étrange s'appelle Julia. Exactement comme moi et la suédoise. Quand Alex et Julia rencontre Alex et Julia.

Ma première question était de savoir comment elles savaient que j'étais français alors que je ne leur avais jamais parlé et qu'elles n'ont jamais entendu mon accent anglais qui confondrait n'importe quel français. Leur réponse fut que mes gestes m'ont trahi, ma façon d'hausser les épaules ou de bouger les mains étaient typiquement française. C'est vrai que moi aussi parfois je reconnais un français juste à ses mimiques si différentes du reste du monde. Et ce pourquoi elles sont venues me parler, outre le fait que j'étais français était que quand elles sont rentrées dans l'hôtel, je souriais, et alors qu'elles étaient un peu déboussolées et déprimées par Bangkok et son tumulte. Ce sourire leur avait paru comme un phare sur l'océan asiatique sur lequel elles étaient venues s'échouer. Version légèrement romancée.

Je me souvenais les avoir déjà vu traverser le hall de l'hôtel le matin même, de cette jolie rousse qui me regardait en souriant comme si elle me reconnaissait d'avant et je leur souriais car je les trouvais jolies et agréablement surpris qu'elles me sourient. Elles ont l'air vraiment désolées de sembler perdues alors qu'elles viennent d'arriver, mais tout ce qu'on leur propose est hors de prix et organisé, alors qu'elles rêvent de voyager en toute liberté. Bref je les trouve encore plus jolies.

On les invite à s'asseoir à notre table et on discute ainsi des heures durant. Elles reviennent d'un périple en Indonésie avec des aventures rocambolesques dignes d'un roman d'aventures, elles vivent en Australie où elles travaillent quelques mois comme beaucoup de jeunes le font avec un visa de travail où ils travaillent dans des fermes à la récoltes des fruits, ou dans les villes dans divers petits boulots. Enfin petit boulot, pas temps que ça pour l'une d'elle, mais ce jour là je saisi juste qu'elle sont travailleuses temporaires en Australie. Elles se sont rencontrées à Sydney dans un hostel pour voyageurs et comme elles y sont restées des semaines voir des mois, elles ont eu le temps de faire la fête ensemble, de faire connaissance et un jour de décider de partir toutes les deux deux mois en Asie, laissant le boulot et pour Alex une belle place de côté.

Moi et Julia, du moins Julia surtout, raconte le Cambodge et sa révélation. Alors quand elles nous demandent si on connaît Bangkok, moi et Julia on connaît un peu, Julia pour y avoir atterri un mois auparavant et moi pour y être venu quelques années auparavant. On leur dit de partir au Nord à la frontière du Laos, le sud étant des plages qui n'ont rien à envier à Bali d'où elles reviennent, puis unanimement, et pour en débarquer et savoir qu'un voyage authentique est encore à vivre, on leur conseille de prendre un bus vers la frontière qui est à quelques heures d'ici et de partir dès le lendemain pour le Cambodge. Coût du bus et du visa 30 euros et ensuite, c'est la porte ouverte à un monde surprenant et d'aventures humaines dans un décor qui sent encore la vieille Indochine et la vieille Asie. On leur en a tellement parlé avec des yeux pétillants et Julia est tellement persuadée d'y avoir vécu l'expérience qui a changé sa vie, que Julia et Alexia sont convaincues d'y partir et retrouvent le sourire d'avoir trouvé une solution à leur voyage asiatique pour aller le continuer sur les bords du Mékong, au coeur de la civilisation khmers. Demain soir si elles le décident, elles dormiront à Battambang, là où on conduit des trains en bambou, où j'ai failli perdre un doigt et où la vie peut changer à tout moment.

Après 3 bonnes heures de discussion on décide d'aller faire un tour et d'aller voir du côté de la bouillonnante Khao San Road, enfin. Je retrouve ma vieille Bangkok, la Mecque des voyageurs, carrefour obligé de ceux qui traversent l'Asie et Khao San Road, si c'est la première fois qu'on voyage et première chose qu'on voitde l'Asieen débarquant de l'aéroport, ressemble à un paradis touristique aux airs d'aventure, car on y trouve de tout, massage, restaurant, café branchés, tatouages, tressage de cheveux, manger dans la rue, fête 24h sur 24, mais quand on revient de la vraie Asie avec un peu d'expérience, tout semble faux, outragement touristique dans un décor oùtout est facile avec desvoyageurs qui prennent la Thaïlande pour une Ibiza à moindre prix et qui font les beaux dans la rue car ils pensent vivre l'aventure. Je comprends que Bangkok peut parfois déprimer car on se sent décalé, pas par la culture thaïlandaise, mais par la culture occidentale de ces jeunes qui font la fête du soir au matin sans vraiment voyager, sans vraiment rencontré la culture du pays, mais qui disent le faire. En tout cas j'y suis moi aussi. On passe devant une rue qui éveille mon attention. Des bouts de ma mémoire se connectent et se font entendre. Oui je suis devant la rue où la première fois que je mettais les pieds en Asie, le taxi m'y avait déposé.

 

 

Et quelques mètres plus loin, l'hostel avec sa piscine sur le toit où j'avais passé quelques nuits. Début d'un voyage pas comme les autres entre Thaïlande et Laos en voguant sur le Mékong au milieu de villages lunaires.

Le décor de cette rue n'a pas changé, les tuks tuks parqués au coin de la rue, la banque au coin opposé, les bars, les gens dont un chauffeur que je reconnais… depuis toutes ces années Kao San Road est restée la même alors que ma vie à moi a complètement changé depuis y être passé. Si j'avais su la première fois que je marchais dans cette rue que j'y serais revenu en faisant le tour du monde après avoir quitté Toulouse quelques mois plus tard pour aller vivre en Espagne pendant 4 ans… et surtout si j'avais su que j'aurais vécu tout cela sans celle qui marchait à mes côtés ce jour là alors qu'on semblait partis pour une longue balade… Mais elle aimait pas la marche ;-)

Je reste immobile les yeux grands ouverts face à ce coin de rue qui ne parle sûrement à personne, mais je regarde comme si un rêve prenait réalité, comme si cette rue n'avait existé que dans mes pensées, comme si j'avais rêvé Bangkok. Je regarde les gens qui marchent dans la rue et je suis sûr qu'inconsciemment je m'attends à me voir déboucher au milieu des passants. C'est surtout Alexia et les Julia qui m'attendent alors je jette un dernier regard pour continuer mon chemin et laisser cette rue et ses souvenirs derrière. On continue pas très loin, on s'arrête quelques mètres après pour manger ce que Julia rêve de manger depuis hier soir. Du pad thaï. Pour 20 baths on a sa part de poulet sauté sur des noodles qui nous fait le plus grand bien. 20 baths c'est 50 centimes d'euros, y a pas à dire, Bangkok c'est le paradis du voyageur qui rêve de vie facile.

Alexia ne mange pas et pâlit à vue d'œil. Depuis ce matin elle avait un peu l'estomac en vrac, mais là, alors qu'elle ne fait que boire de l'eau de la bouteille de sa copine Julia depuis qu'on est sorti, elle se tord de douleur. Julia avait préparé une bouteille d'eau du robinet pour son usage personnel et Alexia pensant à de l'eau minéral en avait bu la moitié. Sauf qu'en Asie et la plupart des pays du monde, l'eau du robinet n'est pas potable et alors qu'elle était déjà pas en forme, s'intoxique plus qu'autre chose. Quand alexia l'apprend elle est sur le point de craquer et en veut à son amie de l'avoir empoisonné alors qu'elle la savait déjà mal en point. Julia se confond en excuses, ne savant pas qu'elle allait boire cette eau qui à elle ne lui fait rien. Je conseille à Julia de pas trop boire les eaux du robinet, l'eau non potable tue parfois, enfin si on en bois tout le temps. Je tente de rassure Alexia qui se confie un peu et j'apprends un peu plus sur elle et ce qu'elle ne peut pas manger. Elle est décomposée mais tient toujours le coup. Je lui propose qu'on la raccompagne en taxi à l'hotel, mais elle ne veut pas et dit qu'elle continue la balade avec nous. On se lève de notre mini table de trottoir et on remonte un peu la rue. Sur le chemin j'achète quelques bananes que je lui offre, lui disant que d'un ça la nourira un peu car elle n'avait pas encore mangé et de deux que c'est bon pour ce qu'elle a et qu'elle ira mieux. Ses yeux se remplissent d'une immense gratitude et me sert quelques instants dans ses bras. Je lui dis que j'ignorais qu'on pouvait faire autant plaisir à une fille avec un régime de banane, alors qu'on s'embête à leur offrir des bagues. Elle sourit d'un de ses jolis sourires qui illuminent votre journée. On marche jusqu'à un temple ou une avenue puis, ayant assez vu, on hèle un tuktuk et on rentre à la maison.

Julia termine ses bagages puis nous quitte pour rentrer à Stockholm. On se dit au revoir et la remercie pour m'offrir la nuit. Elle dit qu'elle reviendra, que sa vie a changé et que le Cambodge l'appelle déjà. Je lui souhaite ce fabuleux changement qui la transcende tant, mais de retour en Suède, qui sait si le désir de changement ne disparaitra sous les neiges.

 

 


Le soir tandis que j'écrivais un peu sur les tables du bas, Alexia qui passait par là, me tient compagnie. On parle littérature, poésie, musique et elle me fait découvrir quelques uns de ses artistes favoris Tom Waits, David Gray, Ray la montagne, Lhasa, Philip Glass. Elle est encore un peu convalescente mais va beaucoup mieux. Après deux heures de passionnantes discussion, il est l'heure qu'elle aille se coucher et moi d'écouter tranquillement et plus attentivement ces quelques nouveaux artistes tout en rédigeant quelques lignes de plus. On se dit au revoir et elle me dit que si un jour je passe en Australie et qu'elle y est encore (elle part en mai), de le lui dire et pourquoi pas d'en faire le tour ensemble en louant un van comme la plupart de ceux qui traverse ce pays. Oui l'idée me plait, un vent d'aventure traverse mon esprit. Je lui dis que c'est pas avant quelques mois, d'ailleurs je n'ai pas la moindre idée de quand ni comment aller dans ce pays mais la remercie de cette charmante et délicate proposition. Je la regarde s'éloigner et peut être disparaître à jamais. L'Australie, même depuis l'Asie est si loin qu'elle en est presque encore utopique. Demain elles sont censer partir pour le Cambodge dès qu'elle trouve un bus pour y aller. Ciao petite rousse flamboyante...

Bangkok

Publié le 28/02/2010 à 18:50 par ulysserepart

 

Je passe la frontière à pieds. Un entre deux mondes où en quelques mètres on change d'univers. Je fais la queue avec Bruno, le guadeloupéen qui me dit que c'est le dernier jour de son visa cambodgien et donc dernier jour pour quitter le pays. Je lui dis qu'il n'a pas peur d'arriver en retard. Moi j'ai deux jours de rab on est le 28 et étant arrivé le 30 janvier, j'ai jusqu'au 30 de ce mois ci, mais quand je regarde mon visa cambodgien, je vois qu'il prend fin aujourd'hui même. Je pensais avoir deux jours d'avance et je suis tout juste au niveau du temps pour passer le frontière, mais quelle est cette malédiction du retard ? Heureusement par le plus grand des hasards, je suis à la frontière ce jour là. Au pire j'aurais du payer pour les jours restés en trop. Comment est ce possible de m'être trompé de deux jours dans mon calcul. Etant arrivé le 30 janvier au Cambodge, je devrais partir le 30 fév… et oui il n'y a que 28 jours en février et la fin du mois est aujourd'hui. N'empêche que quelque soit le calcul, il manque deux jours pour faire 30. Bref, je passe deux postes frontières avant d'avoir mon visa gratuit pour 15 jours dans le pays. Je suis déjà venu en Thaïlande quelques années auparavant et je ne compte pas y rester plus que ça, juste un transit voir quelques jours avant une nouvelle destination que j'ignore encore. Australie ? Malaysie ? je ne sais pas encore, j'ai juste 15 jours maxi pour y réfléchir (la Thaïlande donnant quinze jours de visa gratuit si on arrive par les terres contre un mois si on arrive par les airs). De l'autre côté de la frontière, un mini bus nous attend. Le genre de minibus qui est bien de l'extérieur, mais une fois entassés à l'intérieur, on ne sait qui a la meilleure place, tellement tout est exigu. On prend la route et là, habitués aux routes déglinguées du Cambodge, on roule subitement dans un autre univers. On roule à gauche, mais surtout on roule sur une autoroute, et autour de nous, que des vans, des 4x4, les plaques d'immatriculation sont customisées, les panneaux d'autoroute nous guident tout du long, bref on dirait l'Amérique. On passe des chemins de terre et des paysans pauvres, au luxe de la Thaïlande. On vient de faire un saut dans le futur, dans un pays aux infrastructures rutilantes. Pas étonnant que les cambodgiens s'y soient réfugiés du temps des khmers rouges. C'est incroyable ce que sépare une simple frontière. Plus que deux pays, deux mondes. L'un est développé, voué au tourisme, l'autre se remet encore de ses blessures et vit à une époque qui paraît ancienne (mais où personnellement on se sent plus heureux). On roule quelques heures sur cette autoroute. Dans le minibus, des français qui vivent ici, plaisantent sur la vie à Bangkok. L'un est videur dans un bar, l'autre je l'ignore et y a le jeune guadeloupéen qui lui est totalement vacancier. D'une oreille distraite j'écoute les us et coutumes et les dangers de la ville et de la vie thaïlandaise. Oui il ya des gens qu'on ne retrouve jamais, des touristes qui sont très stupides et que les thaïlandais n'aiment pas, mais que si tu les respectes, sont des gens merveilleux et ce français préfère de loin vivre en Thaïlande plutôt qu'en France. Ca c'est une chose qui n'est pas rare. Tous les français qui ont vécu un peu à l'étranger ou qui voyagent un peu ne veulent jamais revenir en France. Ils peuvent traverser des contrées sauvages, vivre dans des pays inconnus, leur plus grande terreur est de revenir dans le conformisme de la France. Peur d'être absorbé par l'ennui, peur de redevenir français de mentalité, eux qui heureux à l'autre bout du monde goûtent à la liberté. Mais de quoi avons nous peur vraiment ? La France est un merveilleux pays, qui fait notre fierté quand on en est les ambassadeurs à l'étranger. Ah la France, quelle chance d'en être, elle fait rêver de part sa démocratie, de part ses révolutions, de part son Histoire, sa culture, sa cuisine, sa langue, ses français et ses françaises. Pourtant à part pour le fromage et le vin, peu de ses expatriés si fiers de leurs racines une fois partis, ne veulent la retrouver. La France qui fait rêver les voyageurs, c'est cette France du petit bar de Pékin où tous se retrouvent et s'aiment pour faire la fête sur des rythmes populaires. La France c'est ces bars sur la grande avenue de Phnom Penh à l'architecture coloniale qui flattent la puissance de la lointaine métropole. La France c'est cette petite rue où on trouve un bar où chante encore parfois Edith Piaf et où on boit des bouteilles de pastis et de rhum dont on ne se lasse jamais de vanter les mérites. L'élitisme français est dans les bars d'expatriés qui font de leurs enclaves exotiques une arche de Noé où on retrouve un peu de tout ce qui nous manque et où tout paraît sublimé. Comme dans la caverne de Platon où dansent sur les murs des ombres qu'on veut prendre pour la réalité. La France a tellement rayonné par le passé, qu'elle projette encore son ombre jusqu'au confins du monde. C'est quand on sort de la caverne pour voir la réalité, quand on rentre au pays, on est si déçu de ces attentes manquées, qu'on veut juste courir au fond de sa taverne et continuer d'admirer les ombres, bref en repartir. La France tu l'aimes où tu la quittes, mais c'est quand tu l'as quitté que tu l'aimes vraiment.

Sur ces pensées, Bangkok la furieuse approche. On est sur le périphérique de la ville, où défilent voitures et souvenirs. Julia me propose toujours de rester avec elle et de partager sa chambre dans un hôtel du quartier de Samsen. J'ai bien envie de retrouver le quartier de Khao San Road, non pas pour son tumulte, mais car c'est le quartier des voyageurs où j'avais dormi la première fois que je débarquais en Asie. Mais je n'y ai rien de réservé. Finalement, je joue la sécurité et descends en même temps que Julia quand le minibus fait ses multiples arrêts au centre ville.

Julia a aussi persuadé deux canadiennes, deux sœurs d'une cinquantaine d'années de venir avec nous dans le même hôtel. L'hôtel est de bonne qualité, mais même en partageant la chambre à deux, je paye plus que les guest houses de Khao San Road. Au moins le quartier où on est est moins furieux en touristes et plus tranquille. Mais Julia me fait une deuxième faveur. Comme son avion le lendemain est tard dans l'après midi, elle garde la chambre un jour de plus, pour pouvoir s'y reposer durant la journée même si elle n'y dormira pas. Ce qui fait que pour rien, j'ai la deuxième nuit pour moi tout seul.

La route nous ayant épuisé, on ne sort pas. Julia est encore sous le charme du Cambodge et n'a que faire d'arpenter les rues de Bangkok. On fait juste deux rues pour trouver de quoi manger, cette bonne cuisine thaïlandaise dont les saveurs se font sentir dans toute la rue et pour un euro et des broutilles, on mange du poulet satay, avec des germes de soja, quelques légumes, des épices délicieuses, du riz et ce fameux poulet. Je retrouve les odeurs lointaines de Bangkok.

De retour à l'hôtel, une fois la douche prise, il ne restait plus qu'à se coucher. J'allais donc réaliser un rêve pour beaucoup, dormir avec une grande suédoise aux allures de sauteuse en hauteur qui dans sa tenue de nuit avait une forme encore plus olympique. Pourtant la nuit ne s'est pas passée comme on pourrait le penser. J'avais envie de faire de l'internet ! Geek ! Elle me dit que je peux rester en faire dans la chambre, histoire d'avoir de la compagnie car l'ennui guette dans ces hôtels sans âme. Raison aussi pour laquelle elle veut partager la chambre. Mais je serais plus à l'aise sur les tables du bas. Puis une demande de skype avec la famille se fait entendre. Ma famille est en Suisse chez Mathieu pour venir rendre visite au petit Maodez. Donc je quitte la chambre et je vais dans la salle du bas pour converser une heure durant, peut être moins, peut être plus, toujours est il que je suis resté en bas toute la nuit à surfer entre skype et internet. Vers deux heures du matin, je monte me coucher. Elle dort à poings fermés. Niveau compagnie, j'aurais été zéro. Je m'allonge sur mon côté du lit et me réveille quelques heures plus tard, juste pour profiter du petit déjeuner à volonté. Il est 9h, Julia s'éveille, juste le temps de lui dire bonjour, de prendre ma douche et de disparaître une nouvelle fois dans la salle du bas faire face à mon énorme petit déjeuner. Fin de la nuit dans le lit d'une suédoise.