Ulysse repart : Le voyage d'hiver
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je m'appelle jennifer leroi veuve française âgé de 66ans. n'ayant aucun héritier, depuis la mort de mon époux,
Par jenniferleroi, le 16.02.2018
je sais pas qui tu es pour juger un voyage où tu étais pas, mais cette histoire n'est pas une découverte de la
Par moi même, le 14.08.2017
tu es insupportables à lire ; il manque beaucoup de ponctuation ...de plus tu es comme beaucoup de jeunots qui
Par Cave Jacky, le 05.08.2017
t'as l'air de mieux t'y connaitre que moi en costard. tu peux faire ce que tu veux, broder des trucs, avoir de
Par ulysserepart, le 05.09.2012
euh excuse mois , tu dis faux , mais ou crois tu que les ''grandes marques '' se procure leur costard a 600 €
Par Akli, le 05.09.2012
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Date de création : 18.07.2010
Dernière mise à jour :
12.07.2011
87 articles
Le voyage continue et filera à travers l'Océanie pour finir aux Amériques.
L'aventure asiatique continue sur ces îles paradisiaques et si vous voulez un aperçu, jetez un oeil sur cet autre blog romancé en attendant la rédaction de la suite :
aj-worldtour.over-blog.com
A bientôt !
#E01D2A couleur next blog
Le métro trace et je suis scotché à ma montre. Si tout va bien je devrais arriver avec 20 minutes d'avance sur la fin de l'enregistrement. Miracle j'arrive en avance comme prévu, malgré cette course folle. Je me dirige vers le comptoir pour montrer mon billet. Simple formalité. On me demande mon passeport, le passeport gagnant, le français qui passe partout, on me demande mon visa, je dis que je rentre dans moins de 21j, on me demande mon billet retour, je réponds que je le prendrai sur place car je sais pas où je retournerais après les philippines, et l'hôtesse au sol me dit, vous ne pouvez pas embarquer si vous n'avez pas le billet retour.
Je dis que c'est pas possible, il me faut décoller sinon je suis bloqué ici, elle me dit d'acheter un retour avant la fin de l'enregistrement !! Comme si c'était un détail facile à régler.
Déjà que quand j'ai 1 mois d'avance j'ai du mal à me décider mais là il me reste 15 minutes pour le trouver. Je lui demande où est le guichet de la compagnie pour l'acheter et elle me montre le guichet central où une vingtaine de personnes font la queue et où sur les 3 filles au guichet juste une est présente. Mission impossble. Même s'il n'y avait personne il me faudrait au moins 5 minutes pour tout régler, mais là, il me faudrait griller tout le monde en disant que c'est une urgence, comme si eux étaient là avec tout le temps du monde.
Je réfléchis, quelques secondes car j'ai pas de temps à perdre et je trouve une solution bis. Internet !! Comme j'ai mon mini ordinateur et que le wi-fi est actif dans tout Singapour, je vais me connecter pour prendre le billet sur internet en 5 minutes. Sauf que le réseau de l'aéroport est codé. Je cours voir un garde et lui demande le code, il part me le chercher. J'ai l'impression d'être un candidat à la course au trésor, rien ne va assez vite pour moi et chaque secondes compte. Il revient, me le file et je procède à la transaction tout en prenant place dans la file d'attente au cas où ça marche pas.
J'arrive sur la page de Tiger Airways, la compagnie la moins chère et j'ai pas le temps d'en chercher une autre. Je tapote à toute vitesse mes coordonnées, la date de retour dans les 21j pour tard sans chercher des dates qui seraient peut être moins chères. Entre Singapour et Kuala Lumpur je décide de retourner sur Singapour qui semble la destination la moins chère et j'envoie. Pas le temps de réfléchir. Plus qu'à recevoir la confirmation du billet qui normalement prend 2 minutes, mais là j'ai beau regarder mes mails, pas le moindre message.
Derrière moi un gars joue de son téléphone portable et je me rends compte que si sa caméra était en marche il a pu filmer mon numéro de carte que je venais de taper sous ses yeux. Pas le moment d'être parano, l'heure tourne, il reste 5 minutes avant la fermeture de l'embarquement et toujours pas de message de confirmation. Tout d'un coup, le mail arrive, pour moins de 100 euros j'ai mon retour.
Pas le temps d'imprimer, je cours au comptoir et tends l'écran à l'hôtesse avec le billet affiché. Elle me regarde un peu interdite, première fois qu'on lui fait ce coup là.Je lui explique que c'est le billet, il est pas en papier mais il est réel, j'ai même le numéro de vol, de résa etc... Elle appelle l'hôtesse en chef qui lui fait signe de la tête. Elle me sourit et me dit que c'est bon et me tend ma carte d'embarquement.
J'ai encore du mal à croire que j'ai réussi mon coup. Derrière la file d'attente pour le guichet central ne désemplit pas et l'hôtesse ferme l'embarquement quelques secondes plus tard. Ouf !!
L'hôtesse faisait office de douane car après on ne m'a plus jamais demander de présenter ce billet retour. Elle m'aurait dit oui directement c'était pareil.
Je flâne un peu dans la zone duty free pour dépenser mes derniers dollars singapouriens à acheter des paquets de gateaux juste le temps de courir à l'embarquement où on appelait les derniers passagers d'urgence. J'allais pas échouer si prêt du but !! En plus la porte d'embarquement semble à l'autre bout d'un couloir interminable...
Arrivée au sprint à la porte C4 pour faire la queue 5 bonnes minutes encore. Je comprends pas pourquoi ils ont fait un appel d'urgence pour si peu. Quand mon tour arrive et que je tends ma carte d'embarquement, je reconnais l'hôtesse qui était au comptoir d'embarquement qui me fait un grand sourire en se souvenant de ma mésaventure.
Me voilà sur le tarmac, à deux doigts de monter dans l'avion, paré pour quelques heures de vol au dessus de la mer pour un pays qu'on m'a dit un jour être un paradis terrestre... Je m'offre pour quelques euros les philippines comme si je partais faire un Paris Toulouse et pourtant c'est tout un lot d'aventures que j'imagine même pas qui m'attendent au large de la mer de Chine. Elle est pas belle la vie ?
Bref début d'un nouveau voyage vers l'inconnu !

Elle c’est Tasha, hôtesse sur des vols domestiques aux Etats Unis. Son nom me fait penser à la bande dessinée du presque même nom : Natasha hôtesse de l’air. Elle profite de quelques jours de vacances et de billet à bon prix de part son métier pour découvrir Singapour et la Malaisie. D’ailleurs elle part pour Kuala Lumpur dès le lendemain matin.
Quand elle revient de la douche vêtue d’une petite serviette, je m'apprête à quitter la chambre à regret. Elle sort de son sac une boule de tissu noir qu’elle enfile, comme à la plage, par-dessous sa serviette. A peine le temps de lui dire que je vais lui laisser la chambre et de me retourner pour prendre mes affaires de toilette que je la vois habillée d’une jolie petite robe noire. Tour de magie que seules les filles savent faire. Monopoliser la salle de bain des heures ou se transformer en princesse en 3 secondes. Dans mon for intérieur je me dis que je vais devoir rivaliser d’ingéniosité pour trouver dans mon sac de rando de quoi m’habiller et sortir avec elle dans le Hi-Tech asiatique.
De toute façon c’est pas bien compliqué, dans tout ce barda de voyage la seule chose que j’ai pour sortir c’est ce que je m’étais fait sur mesure au Vietnam, c'est-à-dire une chemise blanche rayée de fines bandes marron, un pantalon à la coupe loose en lin marron assorti aux fines rayures et un autre en boule au fond du sac, aux tons bleu marine au style légèrement plus habillé. Le tout pour 40 euros chez un tailleur de Hoi An. Quant aux chaussures, entre chaussures de rando et claquettes, ce sont ces dernières qui auront le plus d’élégance.
Le pantalon bleu marine et t-shirt blanc me donne un look khmer campagnard et l’assortiment chemise sur mesure et pantalon marron me donne un semblant d’allure qui pourrait presque faire chic décontract’. Inespéré !!
Quand je rentre de la douche, le dortoir est vide, fort heureusement, car je me change laborieusement en tentant toutes les combinaisons possibles et inimaginables sans jamais être satisfait. Impossible comme elle de sortir de sous ma serviette la tenue magique d’un coup de baguette magique. Mais quand Tasha revient, son regard étonné me fait dire que j’ai fait le bon choix. Le vagabond citrouille qu’elle avait laissé s’était transformé tant bien que mal en jeune prince mais au carrosse encore un peu froissé. Cette fois Singapour est à nous. Elle me montre sur un plan que le quartier de Clark Quay est assez loin et me demande si on prend un taxi ? J’imagine la soirée dans laquelle je m’étais embarqué. Taxi et cocktails dans les bars branchés de Singapour qui me font penser que dès qu’une femme entre dans votre vie, les dépenses décuplent comme par enchantement. Un autre de leur tour de magie !! A la voir tout coquette et imaginant les soirées à l’américaine, je me dis que je vais avoir du mal à suivre avec mes 32 dollars restant mais que la sortie, même si elle me coutera sans doute une petite semaine de voyage dans un autre pays, en vaudra certainement le coup. C’est pas non plus tous les soirs qu’on sort dans Singapour avec une hôtesse de l’air juste pour soi.
Je tente tout de même une approche budget traveler pour éviter le taxi. Je lui dis que j’ai pas mal marché l’après midi et que l’endroit qu’elle m’indique semble très loin sur la carte, mais qu’une petite demi heure de marche nous en sépare en réalité. Je l’imaginais botter mon argumentaire en touche mais je la vois à ma grande surprise comme soulagée que je ne veuille pas prendre de taxi et acquiesce pour la longue marche. Sa simplicité m’enchante. Cinq minutes plus tard on tentait d’atteindre le quai des bars à pieds et dix minutes après, ayant sous estimé la distance, on entrait dans le premier métro.
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L’ambiance était légère et à la rigolade. Voyager simplement, même si on galère un peu plus crée des liens. Deux stations, un changement et un arrêt plus tard nous étions au cœur de la ville, économisant ainsi une longue balade en tongs et de précieux dollars. Quand on sort de la bouche de métro, c’est le calme absolu, pas le moindre bar, pas la moindre personne, l’équivoque totale. Il y a 4 sorties, on a juste dû prendre celle qui débouchait sur la mauvaise rue. Alors où se trouve la bonne ? Un passant passe, costar et mallette sous le bras, sûrement un gars qui rentre du bureau à des heures tardives. Il n’a pas la moindre idée de l’endroit que je lui demande. Tasha de son côté demande à une fille qui attend au feu et elle nous indique une avenue au loin. On la remercie en regardant d’un air dubitatif. On est tout de même censé être descendu à deux pas des quais. Tasha sort le plan d’un sac à main que je n’avais pas encore aperçu. On analyse la carte. Savoir où aller est une chose, savoir où on est en est une autre. Finalement on opte pour une rue à l’angle du bâtiment. Parfois on a l’impression d’être perdu dans la jungle urbaine et 20 mètres plus loin au détour d’une rue tout s’éclaire. Eclairé comme le pont qui se dévoile devant nous, illuminé des lueurs de Clark quay.
Les bars sont encore un peu loin mais on les aperçoit de part et d’autres du fleuve. La ville devient de suite plus animée. On passe près d’une petite boutique ouverte 24/24 et on achète un peu d’eau et un paquet de biscuit pour grignoter un peu avant de descendre sur les berges illuminées. Cette balade sous et dans les rues de la ville nous permet de faire un peu connaissance et mystérieusement le sujet de la discussion devient l’amour !! Elle était déçue d’une histoire passée et pensait arrêter sa carrière bientôt pour fonder une famille. Mais elle doutait de trouver le père. Quand une jeune et jolie hôtesse de l’air de 26 ans doute à trouver l’amour, on trouve assez facilement les mots qui vont la rassurer. Je découvrais un peu aussi de la culture américaine au niveau de la notion de romantisme et d’engagement. Tout a un temps et une planification, c’est la société qui vous dicte ses normes. Dans deux ans elle se veut mariée et maman y pas d'autre solutions sinon c'est le drame. Aussi simple que 1 et 1 font 2. Moi je lui vante les bien faits du célibat à la française, aussi clair que 1 et 1 font 11. Alors en déambulant parmi les lumières, le flot des jeunes cadres friqués qui sortent en soirée et les bars achalandés sous un dôme en forme de palmier géant, on philosophe un peu. L’ambiance est reposante. Rien de fou et bouillant comme dans certains quartiers de Bangkok. Ici on croise de jeunes occidentaux expatriés sirotant un verre de vin entre amis de tous pays ou qui se boivent une bière (à 10 dollars) avant de finir dans l’une des boites qui sont autour de nous. C’est comme un grand centre commercial à ciel ouvert sauf qu’à défaut de boutiques ce sont des bars, des restaurants et des boites de nuit. C’est pratique mais sans âme. Les rues de Madrid me manqueraient presque. A droite un pub irlandais, en face un restaurant « Bollywood », à côté prêt du jet d’eau, un bar aux allures de clinique où les sièges sont des chaises roulantes et où des perfs pendouillent au dessus des tables. Peut être leur façon de servir les verres. Peu de gens s’attablent au « Clinic ». Il doit rendre mal à l’aise. Chaque bar son ambiance et de ci delà des noms comme le « Zouk » ou le « Fashion bar » annoncent les boites de nuits gardées par un malabar en costar.
On fait le tour tout en bavardant. Les bars sont assez chers et les boites, en tongs, on n’y rentre pas. C’est bien le coup de mettre une chemise sur mesure et d’avoir les pieds nus. Qu’importe, au moins dans les allées on profite de l’ambiance et on s’entend parler. On finit là où on avait commencé, sur le bord du fleuve qui scintille. On s’boirait bien une petite mousse sans y laisser nos économies. Comme aucun bar n’avait retenu notre attention, je lui dis que si elle m’attend 5 minutes, je cours à la boutique ouverte toute la nuit et j’y achète deux grandes bières. L’idée tout comme le pont est lumineuse et 10 dollars plus tard je reviens avec deux canettes d’un demi litre chacune qu’on sirote au bord de l’eau avec un paquet de biscuits. On continue de bavarder sur l’amour, du moins son futur grand amour. Cette soirée prendrait presque un côté romantique et je m’aperçois que l’air de rien, je la séduis un peu et qu’elle se dévoile de plus en plus ; Un français en chemise sur mesure qui parle d’amour avec une hôtesse de l’air américaine en peine, là on est dans le cliché et ça doit marcher un peu. On refait un tour pour trouver un endroit pour danser un peu.
On zappe les night clubs discriminateurs de tongs et on jette notre dévolu sur un bar dansant, le Mama's caribbean bar à la devanture cubo-brésilienne, l’intérieur presque vide mais à la bonne musique. Alors juste à deux, on enflamme la piste quelques minutes, quelques pas de danse sur la braise et puis s’en va.
On venait de prouver qu’on pouvait passer une bonne soirée, boire et danser, pour moins de 10 dollars soient 7 euros, dans les quartiers branchés de Singapour. Mais il se fait un peu tard, le moment de rentrer. On passe devant la file de taxi qui attend les fêtards qui rentrent chez eux, remontons le pont, pensant rentrer comme on est venu, puis on hèle un taxi pour rentrer plus vite sauf qu’on ne sait plus le nom de notre rue. Même en indiquant les directions, avec les sens uniques, tout en étant à deux pas, on peine à se rapprocher. On dit au chauffeur de nous arrêter là on est sûr de se repérer et on finit en marchant. Le dernier quart d’heure juste elle et moi dans le silence de la nuit. On traverse un petit parc sans un mot, le pas lent, savourant le souvenir d’une soirée délicieuse. Je la regarde, hésite, me lance et l’embrasse comme dans une photo de Doisneau. Une chance sur deux, mais elle prend la pause comme sur la photo. Le temps se fige, comme sur le cliché. On continue le chemin bras dessus bras dessous, l’air imbécile, mais imbéciles heureux. Elle me dit qu’elle part dans quelques heures à Kuala Lumpur et me demande si je veux y aller avec elle. Mais j’en reviens le matin même et demain je m’envole pour les Philippines, pourtant pendant une seconde j’ai presque réfléchi. On trouve enfin notre rue et notre blanc hostel orné des trois premières lettres de l’alphabet. On s’endormira dans la même chambre, ce dortoir de 6 où tout le monde est assoupi depuis des heures. En chuchotant, sans trop parler et sans trop se voir on se dit au revoir avant de finir à l’américaine, moi dans le lit en bas à droite et elle dans celui en haut à gauche. Quelques heures plus tard qui semblent quelques secondes, il est 6h, Tasha s’éveille. Entre deux sommeils et deux ombres je la distingue aller et venir puis prendre son sac et disparaître, sans bruits ni lumière. Quelques heures plus tard je me réveille, la chambre, mise à part un drap froissé, n’a plus aucune trace d’elle. Je m’assois sur le bord de mon lit et me frotte le visage, pas même de gueule de bois en vestige de la soirée. Je songe. Peut être avais je tout simplement rêvé !
Il est 10h, même si je dormirais bien plus, je suis à une heure du check out, la libération de la chambre. Je cours à la douche avant de fondre sur le petit déj’ offert, des tranches de pain de mie avec du café ou du thé en libre service. Je dévorerais bien, mais faut penser aux autres alors j’engloutis 4 tranches de pain à la confiture tout en savourant la chaleur de la petite terrasse et du thé. Quand je reviens dans la chambre, je vois ma nouvelle voisine, du moins celle que j’avais pas encore vue, une jeune asiatique assise en tailleur sur son lit, l’air ailleurs. Je commence à rassembler mes affaires quand elle m’adresse la parole, me demandant qui je suis, d’où je viens, paroles d’usage dans les auberges. Je lui retourne la question et quand je lui demande d’où elle vient, elle me montre la direction du haut avec le doigt. Je lui demande si elle vient de la couchette du haut, elle me dit non de la tête et me fait signe plus haut de son doigt. Du premier étage ? Elle me dit encore non tout en agitant son doigt, alors je tente l’improbable, je lui dis « from space ? » (de l’espace ?) et là elle me dit oui. Je confirme, et lui dis « tu viens de l’espace ! » et elle acquiesce de son air toujours aussi songeur. Je me demande si je dois me méfier d’elle, si elle est vraiment extra-terrestre, si elle est folle ou si elle est dans un délire bien à elle. C’est aussi ça le charme des auberges, on croise de tout dans sa chambre.
Je repars, sans oublier de bien fermer mon casier. Je fais le yoyo entre les postes internet pour vérifier mon vol, la salle de bain pour finir de me laver et quand je reviens dans la chambre, mon extraterrestre est en pleurs, son portable ou objet laser à la main. Une peine de cœur sans doute. L’amour à distance surtout si elle compte en années lumière n’a pas du tenir le coup. Je lui parlerais bien pour lui demander ce qui ne va pas, mais elle a l’air un peu bizarre, un peu irréelle, comme sortie d’un manga (dessin animé japonais). Je repars, la croise dans les couloirs, l’air absente, je vague à mes occupations puis reviens pour boucler mes affaires et les mettre dans le range bagages à l’entrée afin de libérer la chambre. Elle est enfouie sous ses couvertures. La détresse d’un cœur brisé, comme quoi même les aliens sont humains.
Il est 11 heures passées et il me reste quelques heures avant de partir pour l’aéroport. D’après mes calculs, il me faudra quitter cet hostel au plus tard à 14h30 et au mieux à 14h. Je check mes mails au cas où j’ai des nouvelles de mes catalanes dont je ne sais ni si elles sont resté en Malaisie ou si elles me cherchent à Singapour. Rien ! Alors je pars découvrir les tours, les business et les commerces de cette ville qui intrigue tant et qu’on surnommait déjà au temps de la route de la Soie, la ville marchande au confins de l’Orient.
Mais la vraie signification de Singapour vient du sanskrit et veut dire ville du lion. Si son nom vient des lions ou tigres qu’on pouvait y croiser il y a longtemps, là c’est le côté roi qui lui donne encore raison. Marcher dans Singapour c’est comme marcher dans un Versailles asiatique. En guise de galerie des glaces : les grandes vitrines commerciales, en guise de palais : ses tours aux architectures modernes et avant-gardistes, en guise de jardins : ses espaces parfois verts toujours propres et entretenus. Reste à trouver l’âme de cette ville. Je remonte le quartier indien sous un soleil de plomb et excité à l’idée de découvrir cette ville où je ne pensais jamais venir. Malgré le côté tout neuf de la ville, je passe à côté de bâtiments aux architecture anciennes et sans doute prestigieuses. Je passe vite fait dans des galeries marchandes qui n’ont rien à envier à nos galeries européennes, mise à part qu’on en croise partout sans toutefois être omniprésentes.
Je longe le fleuve et retrouve les berges de la veille, le quartier de Clark quays beaucoup plus tranquile à cette heure. Les restaurants ont installé leur terrasse et attendent leur clientèle.
Je ne parlerais pas de touriste ici, même s'il y en a, les expatriés suffisent à faire tourner l'économie du pays.
D'ailleurs je bifurque vers le célèbre Business district le quartier des affaires qui fait se sentir tout de suite dans un autre monde et où le short et les claquettes font un peu tâche.
Tout autour de moi c'est tailleur et costume et l'élégance est de mise. Vu leur salaire, le prestige de leur entreprise et le prix du textile ici, ils peuvent bien se permettre d'être tous les jours bien habillé. Drôle de vie que celle de vivre ici, entre la solitude d'une ville axée sur les affaires, la vie surfaite des expatriés toujours à montrer leur argent et tout le continent asiatique dix fois plus pauvre à portée de main, de bus ou d'avion. Bizarre aussi de voir des occidentaux qui ne sont pas touristes mais stressés de la vie laborale qui se déroule sous mes yeux.
Pauses clopes par ci, pauses cafés par là, ils ont peut être tout l'argent du monde mais moi au moins je suis en vacances et en profite. Je les laisse à leur bureau et prends une avenue au hasard.
Je remonte l’avenue jusqu’à arriver à une barre d’immeuble plus vraiment Hi-Tech.

D’après mon plan, je m’approche du quartier chinois. C’est là que je pense trouver un petit bout d’Asie. Tout en testant les modes couleurs de mon appareil photos, je m’aventure dans les rues où pendent lampions et lanternes rouges.
Tout est écrit en chinois et les seuls occidentaux que je croise sont les touristes de passage. Ce quartier chinois me fait penser à Malacca, car à quelques encablures de distances se trouvent un temple hindou et son folklore et une mosquée désertée à cette heure.
Par contre je ne me souviens pas d’un temple chinois. Le seul temple chinois que j’ai vu était celui de la consommation. Marchés et restaurants qui s’enchaînent sur quelques rues bien populaires.
Je m’arrête dans un restaurant chinois pour grappiller un bol de riz et quelques viandes en sauces pour 4 dollars avant de repartir voir le reste de la ville. Je repasse par le quartier des affaires et continue vers les quais où je vois au loin la construction de trois énormes tours avec à leur sommet et pour les relier, une espèce de terrasse géante en forme de paquebot avec des palmiers... Sans doute un futur hôtel très haut de gamme avec une piscine olympique sur le toit.
Je retourne sur mes pas, retrouve le quartier des affaires et ses tours en miroir, toutes les rues se ressemblent et peine un peu à m'orienter sur le chemin du retour.
Je prends du retard, j'accélère le pas, prends le métro car je m'aperçois que je suis encore très loin de l'hostel et que j'aimerai visiter le quartier indien avant de rentrer.
J'ai même le temps d'indiquer le chemin à une jeune touriste qui cherche sa route (Singapour n'aurait presque plus de secrets pour moi) avant de retrouver l'endroit où j'étais arrivé la veille, mon bon vieux quartier qui est juxtaposé au quartier indien que je pars visiter au pas de course. C'est un peu le quartier pauvre de Singapour, plusieurs petits bazars de brics et de bracs, des restos pas chers et populaires même les fameux hostels que je cherchais en vain la vielle, un peu plus vétustes mais à un prix preque plus élevé que là où je suis, sont ici. Pas le temps de m'attarder davantage, un avion m'attend et il me reste une bonne dizaine de minutes pour rentrer car toutes ces petites rues en diagonales m'ont bien plus éloigné que je ne le pensais.
De retour à l’auberge je pense à imprimer mon billet d’avion, je suis dans les temps, il est un peu moins de 14h, ma mission est terminée dans la limite du temps imparti, plus qu’à lever le camp, satisfait. Mon avion est à 16h, pour être sûr je veux arriver pour 15h. Pour une fois je vais me rendre à un aéroport en mode balade. En jetant un coup d’œil à mes mails où est archivé le mail de la compagnie aérienne, je vois affiché un message de Jen, la catalane, qui me dit qu’elles sont sur Singapour depuis hier, qu’elles ne m’ont pas vu dans le bus et qu’elles ont trouvé un hostel dans le quartier indien et que si ça me dit, on peut manger ensemble et se retrouver pour manger vers 14h !! C'est-à-dire là !! Le pire c’est que je viens de passer par ce quartier il ya un quart d’heure et même probablement à leur auberge.
Je sais que c’est la dernière fois de ma vie que je vais les voir, alors faisant un rapide calcul entre l’heure de l’avion, le temps qu’il me faut pour courir là bas, parler 5 minutes et revenir, j’envoie un mail pour leur dire de m’attendre et que j’arrive, espérant qu’elles n’aient pas encore quitté leur hostel et me préparant pour le sprint final. D’un rapide coup d’œil sur le plan je vois que si je pars sans mes affaires, j’arriverais plus vite mais que repasser ici pour reprendre mes bagages me fera perdre du temps. Alors je pars avec mes sacs, et comme lorsque je suis arrivé, file sous leurs poids dans les rues de la ville en courant tant bien que mal. La tranquille balade à l’aéroport vient de se transformer en course poursuite pour ne pas changer. Le pire c’est que ce chemin je viens de le faire en sens inverse d’une démarche toute relax. Arrivé au point de rendez vous, mis à part l’ombre des bâtiments, toujours pas l’ombre d’une ibérique. Une fois de plus on s’est loupé et là si je ne pars pas de suite à l’aéroport, c’est l’avion que je risque de louper. Avec 20 dollars restant en poche j’aurais pu passer une autre journée ici et profiter de la soirée en leur compagnie, surtout qu’elle m’a bien plus cette ville et que j’aurais aimé encore l’explorer un peu plus. Je me promets qu’à mon retour des philippines, si je repasse par ici, de rester au moins 48h et d’y prendre le temps de vivre et même d’aller voir ce fameux zoo-safari si connu dans le monde.
J’accélère le pas. Mon but arriver dans les 10 prochaines minutes à la station Lavender (où je devrais déjà être) et filer à l’aéroport. La réceptionniste de l’hostel m’a dit qu’il fallait une demi heure pour s’y rendre.
Je devrais arriver avec 15 minutes d’avance avant la fermeture de l’enregistrement. Enfin si tout va bien.
Singapour, la pointe de l'Asie du Sud Est, pays d'escale dont on ne sait jamais si elle mérite plus de temps que de juste y passer, si ce petit dragon ne va pas manger tout cru notre porte monnaie et si traverser la Malaisie pour la découvrir vaut plus que d'avoir un nouveau tampon estampillé sur son passeport.
Dans mon imaginaire c'était la ville propre par excellence, insipide et faite d'immenses centres commerciaux où tout est trop cher. Mais à mon agréable surprise, cette ville est beaucoup plus que cela. Le passage par Kuala Lumpur m'avait habitué à une ambiance moins tumultueuse que les habituelles villes d'Asie et errer dans les rues de Singapour avec mon sac de voyage à la recherche de cet hostel dont je n'ai pas la moindre idée d'où il se trouve est, mise à part ces 20kg sur le dos, plutôt agréable. Les rues sont spacieuses, l'herbe est rase, les gens sont aisés et dégagent une certaine élégance que la misère de certains quartiers d'Asie ne permet pas. Peut être suis je trop habitués à ces gens en guenilles qui hantent les rues de ces métropoles asiatiques, nous courant après pour une course à trois roues et à trois sous.
Mais là je n'ai pas d'argent et pas de distributeur en vue. Quand je demande où je peux en trouver un, on m’indique des rues et des croisements et à leur tête je sens que c’est loin... bref, je suis bon pour marcher un bon bout avec mes kilos sur le dos. Je monte et remonte les rues commerçantes, mais rien, à croire qu’ils retirent jamais d’argent ici. Puis enfin, sur le trottoir d’en face, j’en vois un !! C’est comme apercevoir la terre pour un naufragé, je suis sauvé ! Reste à savoir de combien j’aurais besoin et trouver où dormir, mais au moins je peux manger. Cela m’étonne toujours tout ce que l’on peut chasser avec ce petit bout de plastique pas même tranchant et que l’on nomme carte bleue.
Je tourne et tourne en rond, sans la moindre idée où trouver ni chercher. C’est là que les guides de voyage et leurs bonnes adresses sont utiles. Mais je n’en ai point. Ni guide, ni carte, ni idée ou aller. Alors je marche à l’aveuglette, demandant parfois de l’aide mais en vain. Malgré la fin d’après midi qui approche, il fait bien chaud et mon sac commence à peser. Je demande à un café si je peux me connecter à leur internet, on me répond qu’il y a le wifi dans toute la ville jusqu’à la moindre rue. Alors je me pose sur un petit muret, sors mon petit ordi et utilise la technologie pour trouver mon chemin. Je capte le réseau, mais il faut un code que j’ignore encore. L’homme et la machine sont impuissants. Y a-t-il au moins une auberge dans cette ville ? D’ailleurs je ne sais même pas si je suis dans les bons quartiers mais l'endroit paraît bien animé et me plait bien. Il y a une mosquée bleue, des restaurants indiens, des petits cafés où je rêve de me poser un peu et où les gens viennent s'y poser à l'européenne devant un petit café crème. Manque juste un petit hostel. Les faciès changent aussi, outre les asiatiques, pas mal d’occidentaux vivent ici. Le paradis des expatriés.Une bonne heure après, avec 80 dollars singapourien en poche, soit 50 euros,on m'indique enfin une rue où un nouvel hostel vient d'ouvrir. Encore quelques rues à me perdre avant de trouver cet Eden. L'ABC backpacker hostel.
C’est par chance l’auberge la moins chère de la ville et elle n’en demeure pas moins d’excellente qualité. Tout blanc, tout propre, avec la climatisation pour 18 dollars la nuit en dortoir de six.Il change des hostels dans lesquels je dormais d'habitude, plutôt bohême ou usine à voyageurs qui transformaient l’endroit en bar pour l’occasion. Non ici tout est propre et discipliné. Peut être un peu trop calme et sans âme même, mais il est dans ce quartier que j’aime tant et semble l'endroit idéal pour se reposer au moins une nuit.Je suis de retour à la civilisation occidentalisée mais le peu que j'ai traversé comme un pauvre vagabond me fait penser que je vais aimer cette ville.
Cette ville me plait bien. Après l’avoir découvert un peu à pied, je pars manger comme me l’avait conseillé Steeve le new yorkais, dans un restaurant dont la spécialité est le riz Biryani. Un restaurant au nom de cette spécialité attire mon attention et même s’il est vide, je décide d’y rentrer. Il a l’air un peu plus classe que les restos populaires indiens du quartier, mais les prix restent plus qu’abordable. 4 dollars le plat !! Les femmes qui tiennent ce restaurant sont en train de manger quand je m’installe. J’ai l’impression de rentrer dans la cuisine d’une maison où on me propose de prendre une assiette et de m’asseoir. Elles me sourient, se demandant de quel pays je peux bien venir. La France fait toujours son effet et provoque les sourires rêveurs. L’une d’elle justement y a séjourné quelques temps mais n’ose pas parler avec moi en français. Je déguste mon riz à la saveur et aux serveuses fort sympathiques et quand je pars, un au revoir s’échappe de l’une d’elle, l’air de rien. Je me retourne et le lui retourne en souriant.
A mon retour à l’hostel, je découvrais les hôtes de ma chambre et ma soirée que j’aurais pensé monotone pris vie. Dans le dortoir il y a une américaine et un allemand qui se disent au revoir après avoir passé une belle journée ensemble à visiter la ville. L'allemand finit son sac en confiant à l'américaine qu'il espère bien sortir avec l'hôtesse de l'air de son vol et lui demande quelques conseils. Et pour cause, l'américaine est elle même hôtesse de l'air mais je le comprendrais un peu plus tard. Je m'en vais prendre une douche et à mon retour, l'hôtesse de l'air me demande si ça me dit de l'accompagner pour boire un coup en ville pour son dernier soir ici avant de partir pour Kuala Lumpur. Un peu que ça me dit ! Et c'est ainsi que cette nuit là, je découvrais Clarke Quays et ses bars enchantés.
Le trajet en bus est long, 6 heures. On change de bus 3 fois, une fois à la frontière Malaisienne, une fois à la frontière Singapourienne et entre les deux une zone neutre de transition avecpassage de douanes qu’on traverse en bus de ville. On pourrait presque s'y perdre, d'ailleurs on en a perdu 2 à la frontière,un couple de voyageurs, retardés à la douane pour transport de cigarettes (ce qui n'est pas trop autorisé). Moi j'avais peur qu'on retrouve de la drogue dans mes bagages pour une raison qui m'échapperait, mais ma dernière lecture sur cette jeune femme condamnée à mort mais n'ayant fait que 10 ans de prison après avoir été arrêté à l'aéroport de Kuala Lumpur avec une cargaison d'héroïne mise à son insu dans ses bagages, m'a fait refaire mon sac en entier la veille au soir. Mon sac traine tellement partout depuis des mois que qui sait ce qu'on aurait pu m'y laisser. Le couple de français m’avait demandé ainsi qu’à un jeune couple d’italiens de retenir le bus pour ne pas rester des heures à attendre le prochain. Entre aide entre voyageurs comme lorsque l’on fit temporiser le bus précédent qui allait partir sans nostransalpins. Mais le chauffeur me dit qu'ils prendront le suivant dans une dizaine de minutes car il ne peut plus attendre et on file sur les routes de ce nouveau pays.
Singapour est juste séparée de la Malaisie par un bras d'eau, le détroit de Johor, mais c'était le même pays avant qu'il ne demande son indépendance en 1965. Pourtant il diffère en tout. Ici c'est un mélange de Chine (pour son quartier et la majorité de sa population), d'Inde (pour ses restos) et de Manhattan (pour les affaires). Ce pays parti de rien et confronté à de multiples problèmes (chômage massif, émeutes ethniques, difficulté de logement, faibles ressources naturelles) est désormais montré en exemple pour son extraordinaire réussite économique, puisqu'il est devenu l'un des pays les plus prospère de la planète et fait parti des quatre dragons d'Asie avec Hong-Kong, Taiwan et la Corée du sud.
On y roule une petite demi-heure distinguant au loin les immeubles et les allées boisées vestige de forêts équatoriales et de jungle, avant que le bus ne me parachute à son terminus sans savoir où je suis. Je ne suis même pas au centre ville et j'ignore où il se trouve. Sans carte, sans plan, sans guide, sans la moindre idée d'où se trouve l'hostel le plus proche, j'erre avec mon sac à dos, de rues en rues jusqu'à trouver un endroit où me poser. Le sac se fait lourd, il fait chaud et là où je suis, j’ai l’impression d’être dans une nouvelle rue de Kuala Lumpur. Pourtant j’ai bien changé de pays et peut être même de monde. Me voici en classe business, me voici en plein cœur de Singapour !!
9h du matin, heure à laquelle je prends un bus en direction de Singapour. Je quitte Kuala Lumpur, cette ville qui sans attrait particulier, m'a retenu en son sein des jours durant sans avoir vraiment envie de la quitter. Sans savoir pourquoi, malgré la vétusté de l'hostel, la chaleur étouffante de la ville et ses deux seules tours pour véritables attraits, je m'y sentais bien et surtout posé.
Un peu comme ces naufragés du voyage qui s'accrochent à cette ville des mois comme Steeve ou Tom qui ont leur lit à l'année. Sans sortir de l'hostel, j'y ai fait mes soirées sur le toit jusqu'à pas d'heure, passé des heures à surfer sur internet dans le salon que ne quittait jamais Tom, dormi jusqu'à plus soif et lié amitié avec les voyageurs de passage. Parfois je partais découvrir Little India ou Chinatown si ce n'est le traditionnel Seven Eleven du coin ou le carrefour express pour faire quelques réserves ou pour manger. Quant aux grands soirs, je sortais photographier ces tours d'un troisième type en traversant ces rues endormies mais aux sonorités espagnoles avec Fernando le chilien ou Jen la catalane. Bref une halte bien agréable dans ce marathon asiatique où le corps et l'esprit apprécient de ne plus courir après les chimères de guides de voyage et de profiter juste de ne rien faire sans avoir envie d'en faire plus.
Mais il est temps de partir. Le voyage a son rythme qui nous entraine inlassablement vers d’autres pays. Pourtant je n'ai pas d'envies particulières d'aller à Singapour, si ce n'est voir de mes propres yeux cette ville qui est en elle même un pays et qu'on dit si propre qu'on se prend l'amende de sa vie si on jette son chewing-gum ou son mégot de cigarette dans la rue. Légende urbaine ou réalité ? Tous les avis divergent. Pourtant j'en suis trop près pour ne pas y aller faire un tour et m'en faire ma propre opinion. Alors histoire de satisfaire ma curiosité et me motiver à y aller, j'ai pris mon billet pour les Philippines au départ de l'aéroport de Singapour. Désormais, cette ville est une étape obligée de mon périple et ce à mon plus grand plaisir.On la dit centre commercial géant et cher au possible, mais j'ai bien envie de lui donner sa chance à cette ville et ce qu'en a dit Eric, notre amoureux des villes, sur le fait que c'est une ville faite pour l'ingénieur qu'il n'est plus, me donne à dire que je vais peut être voir la ville parfaite !!
Et puis je n'y reste que 24h, pas de quoi y perdre mes économies et de plus si mes chères catalanes que j'ai motivées à visiter Singapour ont réussi à prendre le bus, on devrait même plutôt joindre l'utile à l'agréable et s'y amuser un peu. Le problème c'est que dans le bus de 9h, il n'y a pas l'ombre ibérique de mes acolytes de la veille. Le bus part avec une heure de retard et quand je demande à quelle heure on était censé partir, certain ont un billet disant 9h30, d'autre 10h, bref si elles ont pris le bus de 9h, il semble que ce soit moi qui ne soit pas dedans. Comme elles n'ont pas de téléphone, les retrouver dans Singapour relève désormais de l’impossible, ah moins qu’une nouvelle fois, le hasard n’en décide autrement.
Pour profiter de mon dernier jour en Malaisie, je suis les conseils d'une fille de l'auberge et me rends à un temple indien dans le nord de la ville à une bonne demi heure d'autobus. Ce temple a la particularité d'être le plus important de la ville ou du pays, mais surtout il est peuplé de singes !
Le bus s'arrête au pied d'une montagne où le temple a été creusé à même la roche. A l'entrée un immense complexe religieux y a été développé et précède un escalier qui nous fait entrer dans la montagne gardé par une immense statue de bouddha.
Ce temple c'est le Batu Caves. Les hindous y amènent des offrandent, prient avec ferveur. Moi je tente juste de ne pas me faire attaquer par un singe qui vit ici en maître.
Je ne reste pas bien longtemps et repars dans l'heure en ville. Une surprise m'attend, un mail de Jen, la catalane qui me dit qu'elle est sur Kuala Lumpur après 15j sur les plages de Krabi et que si je suis dans le coin qu'on peut manger ensemble avec sa copine Vanesa. Je lui réponds que je prévois ce soir d'aller voir les tours une dernière fois et elle me dit qu'elle a envie de les voir aussi. Alors on se donne rendez vous dans le marché chinois devant son hostel dont elle me dit le nom. Le temps de me perdre une nouvelle fois dans les rues de la ville et d'être à la bourre, je traverses les allées achalandées à la recherche de son hostel. Il y a tellement de néons que je ne sais pas si je le trouverais facilement et même si je le trouvais, je ne me souviens plus vraiment du visage de Jen. Je demande à un chinois de m'indiquer où se trouve l'hôtel en question et il me dit qu'il est à l'autre bout. J'accélère le pas, traçant entre les badauds pour rejoindre la sortie de la galerie. Je slalome et passe devant une fille qui me regarde avec intensité, je la regarde aussi charmé par ce regard et je continue mon chemin en me disant qu'elle avait quelque chose d'espagnole dans le regard. Je me retourne, elle me regarde toujours et là je vais la voir car je viens de comprendre même si j'ai encore un léger doute. Non ça n'a rien d'un coup de foudre, c'est juste que c'était bien Jen qui pareil tardait à me reconnaître. La raison, j'avais les cheveux tressés quand je l'ai croisé en Thaïlande et là j'ai les cheveux en bataille. On se dit bonjour, surpris l'un tout comme l'autre de se tomber dessus presque par hasard et je regarde le néon au dessus d'elle, c'est bien l'hôtel qu'elle m'avait indiqué. Une chance car j'allais pas du tout là !! On se raconte nos vies vite fait en espagnol, on va rejoindre Vanesa qui nous attend à une table de la rue d'à côté et on passe un bon moment à bavarder.
J'apprends que Vanesa et le grimpeur coréen sont ensembles et qu'elle pense même le rejoindre là bas quelques semaines, je leur dis que je pars pour Singapour dès demain et vu qu'après Krabi, le béton de Kuala Lumpur leur parait un peu fade, elles me disent qu'elles sont partantes pour partir aussi. Alors on se donne rendez vous pour le bus de 9h que je prendrais demain. Avec Jen, on part tous les deux aux pieds des tours pour admirer une dernière fois ce spectacle sublime. Jen ne sait pas ce qui l'attend et pourquoi je suis si enthousiaste à l'idée de voir des tours de béton mais elle se laisse séduire par l'idée de visiter la ville de nuit. Pour gagner du temps on part en métro dont la sortie est à l'intérieur des Petronas towers, ce qui nous permet de voir les galeries et l'entrée des bureaux dans les hauteurs des tours avant de sortir sur le parvis toisé par les deux géants de lumière.
Une nouvelle fois, c'est un spectacle sublime. On a tellement du mal à en saisir la beauté qu'on commence par observer les reflets dans la fontaine avant de s'en approcher et de se laisser submerger par la scène.
C'est tellement irréel qu'on se dit qu'on va regarder ces tours comme au cinéma, allongé sur le sol à juste rêver de la réalité.
Jen est tout aussi sublime et enchantée et je passe une bien belle dernière soirée. On est tellement heureux d'être là que le temps passe à une vitesse lumière.
Les tours aux allurs de world trade center asiatique sont aux couleurs du Grand Prix qui est le sponsor de la course et surtout sponsor de l'écurie de Michael Schumacher dont le poster géant sur le pilier des tours nous regarde l'air vainqueur même s'il n'a jamais franchi la ligne d'arrivée.
On rentre même à pied sans que le chemin ne paraisse long, cette fois je connais le chemin par coeur. On fait un peu connaissance car depuis le début on parlait de ce qu'on voyait plus de qui on était. Elle me dit qu'elle a tout plaqué en Espagne après avoir acheté une maison avec son copain, mais qu'elle se sentait etouffer alors elle est partie quelques mois en Asie et que ça lui réussit plutôt bien. J'imagine la tête de son copain. On bavarde ainsi tout du long jusqu'au marché chinois vide à cette heure et je la laisse devant son hôtel. On se dit à demain dans le bus pour Singapour, même si quelque chose me dit qu'elles ne seront jamais levées pour y être. Si on pouvait faire Singapour ensemble, avec les tours et détours qu'il y a et en plus la revoir ça serait fantastique. Avant de rentrer je passe à l'oasis pour voir les têtes connues comme celle de Steeve le new yorkais qui joue de la guitare sur la toit. Je lui dis au revoir mais que peut être je reviendrais dans quelques semaines à mon retour des philippines pour prendre l'avion pour la prochaine destination puisque c'est l'un des aéroports les moins chers d'asie pour partir en Australie. Il me dit que Singapour c'est une bonne ville et d'aller manger dans un restaurant indien où la spécialité est le riz baryani. Son délice. Je suis un peu triste de quitter cette ville et après lui avoir serrer une dernière fois la main je retourne au Village, ma petite auberge qui ne dort jamais elle non plus pour ma dernière nuit en Malaisie
Donc le lendemain de retour pour voir les qualifications. Rien de passionnant, cette fois je suis à l'autre bout du terrain, bien loin de mon épingle à cheveux et de mes tribunes officielles. Mais une chose rend la journée attrayante et c'est bien car c'est la F1, c'est la pluie. Pour les pilotes en casse tête car le temps est à la fois, sec, orageux, la pluie est à venir mais on sait pas quand ni combien de temps et pour les qualifications déterminer le moment de prendre la piste par un temps comme aujourd'hui est des plus stratègiques. En milieu d'après midi la pluie arrive. Même par route mouillée ils lèvent pas le pied. Je regarde la balet des voitures dans leur gerbe d'eau tandis que je tente de m'abriter dans les toilettes publiques de l'averse qui semble partie pour durer.
Pour l'animation, Alonso nous fait l'honneur de faire un tête à queue juste devant nous en sortie de virage. 360 degrés et puis repart. Mais à part ça quelle idée de passer la journée ici. A la fin des qualifications, tout le monde remballe en deux temps trois mouvements et les stands aussi. L'ambiance de la F1 est vraiment spéciale, on a vraiment l'impression de voir des gens bosser et la journée de travail finie, on ferme la boutique. On sait même pas qui est en pôle. Faut dire qu'avec des billet à 20 dollars faut pas chercher à avoir le service.
Le lendemain c'est la course la vraie. Après toute une serie de courses de voitures comme les formules 3000 etc... et un nouveau passage de l'escadrille de chasse de malaisie, les voitures s'élance. Bien entendu de là où on est on voit rien et on attend 2 bonnes minutes de voir les premières voitures arriver. L'ambiance est bonne, les supporters de Ferrari, les allemands qui supportent Schumi, ceux qui viennent pour se poser sur l'herbe le temps d'une après midi, le circuit est rempli.


Les voitures arrivent en file indienne. Une file indienne à 250km/h sans distances de sécurité. A peine une fraction de secondes entre chaque voitures et ce pendant une paire de tour. A l'oreille on perçoit quand les écarts se creusent. De fractions de secondes, le bruit des moteurs s'espacent d'une seconde, puis au bout d'une dizaine de tour, de dizaines de secondes... pourtant tout le monde roule à plus de 200... et au bout d'une heure les premiers ont pris un tour aux derniers. On imagine à peine le niveau des premiers qui doivent être au taquet pour mettre un tour dans la vue à des types qui roulent en formule 1. Le pire c'est que le premier à 22 ans. Un gamin !!
De là où je suis je sais pas qui est en tête, qui a abandonné, qui a un tour dans la vue, c'est juste des voitures qui tournent et dont on se lasse de voir passer toujours dans le même virage. Pourtant cette course verra une prouesse d'Alonso qui ayant cassé sa boite de vitesse passe toutes les vitesses manuellement et tente de dépasser Button. A chaque tour à l'oreille j'entends qu'Alonso grapille centimètre par centimètre, puis deux tours avant la fin je n'entends ni ne vois Alonso: Casse moteur au moment du dépassement. Rageant !!
Quelques tours auparavant c'est Schumi qui nous fait l'honneur d'abandonner juste devant nous, il a cassé sa transmission et roule au ralenti. Un ralenti proche des 100km/h, puis s'arrête, sors de son cockpit, monte sur une motorbike à la grande joie du chauffeur malaisien qui pour une fois ne transporte pas des poulets, des sacs de légumes où je ne sais quel autre chargement mais une légende de la F1. Schumacher nous salue, on l'applaudit... On applaudit en fait tout ce fric mis en l'air. La F1 c'est quoi : c'est 70 personnes qui travaillent pour l'écurie le temps d'un week end, 1200 litres d'essence consommés et l'équivalent de 500 euros de dépenses au kilomètres sans compter le voyage de toute l'écurie et des voitures qui reviennent d'australie et qui partent pour la Chine. Le cout de ce grand prix pourrait nourir toute la malaisie pendant une semaine. Et tout ça pour abandonner sous nos applaudissements... Mais l'écurie de Schumi n'a pas tout perdu car Nico Roseberg leur deuxième pilote finira 3è et empochera les fameux points pour le championnat. J'ai quand même filé 20 dollars pour participer à l'effort de guerre.
La journée se termine sans qu'on sache qui a gagné, le tour de voitures qui nous font signe nous fait savoir que le Grand Prix est fini. J'ai encore du mal à saisir le concept de la F1, l'impression d'avoir participer à un concours de moteur et de roulage en file indienne. Voilà plus qu'à rentrer à Kuala pour voir le résumer à la télé et vu la horde de spectacteurs il faudra 2h avant de monter dans un bus, une heure de route et bien tard dans la soirée, je retrouve mon auberge toute tranquille qui vit bien loin de la fureur des écuries.
Avant de la retrouver, je rentre de l'arrêt de bus à pied, une demi heure de marche avec en ligne de mire, tout au bout, la lumière des tours.
En arrivant dans ma rue, je m'arrête dans les galeries marchandes et fait le tour de quelques rues où la douceur de vivre fait bon vivre.
Je me trouve tard dans la soirée une petite table qui sert encore à manger sur le trottoir. Y en a qui ne dorment jamais et travaillent du matin au soir pour quelques ringgits. Les temps sont durs, même les rats ont du mal à finir les fins de mois. Ca a du bon d'être touriste, on s'occupe de rien, on nous sert, on nous sourit et notre carte bleue bien garnie par rapport à ceux qui vivent ici reste paisible.
Je m'installe à la table, commande une soupe de nouille, loin de tout le strass de la journée et profite de ce moment simple servi par une vieille femme qui m'offre en sus un délicieux sourire. La froideur du monde de la F1, la chaleur des gens de la rue, les millions de dollars laissés sur un circuit pour quelques points, les quelques ringgits dans les rues de la ville pour quelques morceaux à manger. Ce monde n'est qu'un immense contraste, mais c'est ce qui fait qu'une personne comme moi peut voyager en pensant que la vie ici est simple et facile. Simple illusion d'une bonne carte bleue....
Si vous cliquez sur ce lien vous y serez comme moi... et vous verrez où je suis dans le monde !
http://www.youtube.com/watch?v=rSX7GaK1FS0
C'est donc ainsi que je me retrouve sur le circuit de Sepang à assister à mon premier Grand Prix de Formule 1.
Enfin vu les prix sur internet, je pense que je ne me ferais que les essais libres, je suis pas fan au point de mettre dans un billet l'équivalent d'un mois de vacances en Asie. Mais l'ambiance du week end donne envie de voir la vraie course surtout si c'est la seule fois dans ma vie que cette occasion se présente.
Là c'est les essais libres, plus une journée pour les ingénieurs qui règlent les voitures et les pilotes de tester la voiture.

Aucun enjeu mais le spectacle sonore plus que visuel est impressionnant. Je me mets dans les tribunes VIP (toutes gratuites aujourd'hui) à l'entrée d'une épingle à cheveux entre les deux plus grandes lignes droite où j'ai tout le loisir d'entendre les voitures descendre les rapports et leur vitesse de 300 à 70 sur 50 mètres et de relancer plein gaz 30m plus loin dans la ligne droite finale. Comme me disait mon père, ça fait PINPINPINPIN puis PIN PINPIN PIN dans un bruit assourdissant, les pilotes se prennent 5G, perdent 200km/H dans le freinage pour les regagner juste dans l'accélération suivante tout ça en 4 secondes. Et c'est que les essais, en course ils vont en plus tenter de se dépasser et d'y aller un peu plus vite. La F1 si chiante à la télé où tout se joue dans les stands prend ici un côté héroïque. Ces pilotes ne sont pas humains, mais pour eux c'est la routine et ils enchaînent les tours et les ingénieurs les règlages.
Moi j'ajuste juste mes boules kiès qui me permettent de garder mes tympans intacts. C'est bizarre le monde de la F1, on croirait un monde de strass et de paillettes alors qu'en vrai ça donne l'impression qu'ils font des réglages de moteurs en pleine campagne dans l'indifférence générale. La même chose que de voir des avions atterrir en les regardant depuis un champs. Pas de grands stades remplis, pas de communion avec la foule, juste des gens qui se promènent, lassés de voir les voitures tourner tout en essayant de comprendre qui est premier. Moi j'essaie juste d'imaginer ce que ça fait d'être derrière un de ces volants à ces vitesses spectaculaires où les trajectoires se prennent au millimètre. Je reste toute la journée n'ayant rien d'autre à faire et à la fin des essais un truc incroyable arrive, quelque chose qui fait encore plus de bruit que la F1.
Pour saluer les pilotes et boucler la journée, une patrouille de F18, avions de chasse de l'armée de Malaisie, nous fait quelques passages au dessus de nos têtes. A côté les F1 sont presque silencieuses. Ils finissent par un passage plein gaz au cas où il nous restait des tympans avant de regagner leur base.
Comment ne pas avoir envie de revenir... En sortant du circuit je passe à tout hasard devant le guichet qui vend les billets pour le week end avec qualifications et Grand Prix. Ca me tente mais mettre 100 euros pour une course que je peux voir à la télé et sans boule kiès me tentent beaucoup moins. Sauf qu'en regardant les prix, je peux avoir une place de merde dans l'herbe proche d'un un virage rapide pour 20 dollars !! soit 15 euros. Banco, je le prends, car je pourrais en plus voir les qualifications, c'est à dire la même chose mais en plus rapide avec chrono et tout. Je repars à Kuala Lumpur par le bus de ville, une bonne heure de trajet avant de retourner dans mon quartier. Je fais un rapide calcul, en fait j'en aurais pour plus cher de bus que de Grand Prix, mais bon c'est pas tous les jours qu'on est sur le circuit de Sepang avec les meilleurs du monde.
Je quitte la station de bus et marche comme quelqu'un qui sait où il va dans le chaos des rues. Enfin chaos, pour celui qui viendrait de débarquer et qui n'a aucun repère, pour moi qui suis déjà venu, c'est juste mon quartier. Je remonte la rue jusqu'au quartier chinois, je remonte l'allée du marché couvert, le même que j'avais remonté la première nuit quand je suis arrivé avec Natalia, et je monte les marches de l'oasis, le même hostel que j'avais eu la première fois. Je demande le dortoir, mais on me dit qu'il est plein et plein pour tous les prochains jours !! Quoi !! Mais si on me retire mon repère que deviens Kuala Lumpur. Alors je demande si ils ont le numéro d'un autre hostel sympa dont Jamie m'avait dit avoir passé du bon temps, hostel un peu gypsie avec des joueurs de guitare dans une auberge plus espagnole que Malaisienne.
Le gars de la réception me dit que c'est le même patron, appelle pour moi et me dit qu'il reste un lit. Je prends. Il me propose de m'emmener, il doit aller acheter des cigarettes et son débit de tabac n'est pas loin du "Village", ma nouvelle auberge. Il doit finir deux trois bricoles et me dit de l'attendre 5 minutes. J'en profite pour monter dans le salon qui fut mon antre pendant des jours et revoir les anciens, notamment Tom qui devrait être devant son ordinateur s'il n'a pas repris la route avec son vélo. Mais surprise, le salon est plein de nouvelles têtes qui ont fait de mon ancienne demeure leur nouvelle maison. Je jette un coup d'œil à la chambre dont la porte n'est qu'un simple rideau, au loin je vois mon lit qui ne le sera plus. Alors la seule chose que j'ai à faire est de me boire un thé que je me fais dans la cuisine et je m'installe à la grande table sans rien avoir à faire à part me sentir quelques instants de retour chez moi.
Mon voisin, allemand, engage la conversation et me demande si je vais voir les essais du Grand Prix demain. Là je comprends tout. Tout ce monde est là pour le Grand Prix de Malaisie qui a lieu ce weekend end. Connaissant le prix assez exorbitant d'un grand prix, je n'avais pas prévu d'aller le voir, mais qui sait si j'arrivais à avoir un billet pas cher, ça aurait été l'occasion. Imaginez voir le Grand Prix de Malaisie non pas à la télé mais sur le circuit de Sepang carrément. Combien de fan de F1 l'ont fait alors que moi, pas fan du tout, j'y serais !! Mais les prix que j'ai vus frôlaient les 150 dollars, et bon je préfère garder cet argent pour d'autres activités de voyage que de frimer devant les copains.
Donc mon voisin me branche sur la Formule 1 et me demande si je vais voir ces fameux essais demain. Je dis non. Il me dit qu'ils sont gratuits, alors je dis oui ! Il m'explique un peu le concept du weekend end. Essais libres et gratuits le vendredi puis qualifications et Grand Prix le samedi et le dimanche si on achète un billet. Bref même si les billets sont trop chers pour la course, je pourrais au moins voir quelques formules 1 s’essayer à 300 à l'heure pour pas un rond. Mais ne connaissant rien à la Formule 1 je me dis que si les places sont gratuites, toute la ville va y aller et seuls les premiers seront admis. Donc il va falloir être le premier à la porte du circuit, circuit qui est à une heure de la ville et essais qui débutent à 10h !
Le gars de l'hôtel vient me chercher pour m'emmener au Village, alors je remercie l'allemand et m'en vais. Sur le chemin je demande au gars s’il va au grand prix et il me dit qu'il a réussi à avoir un billet pour 50 euros. Merde, j'aurais du me renseigner un peu plus tôt et moi aussi j'aurais pu y aller.
Arrivé au Village, je vois ce que Jamie voulait dire. On dirait un truc de hippie, tout le monde à l'air cool et ami, on se croirait dans un appart géant, bref bon atmosphère commune, mais pas trop de coin pour être tranquille. L'Oasis me manque un peu déjà, pourtant il paye pas tant de mine que ça.
Je partage ma chambre avec un malaise, qui me dit qu'elle aime l'auberge mais que comme elle compte rester plusieurs semaines, elle aimerait un endroit plus tranquille. Je lui parle de l'oasis, elle me dit qu'elle rêverait d'y aller mais que pour elle c'est difficile d'avoir une place. La raison est assez bizarre, les auberges n'acceptent pas les locaux seulement les touristes !! What !! Ça me rappelle Cuba qui n'est pas pour les cubains mais pour les touristes.
Je lui dis que je retournerais de temps en temps à l'Oasis pour voir les anciennes têtes et que je me renseignerais pour elle. Elle à l'air d'en baver de tenter de réussir sur Kuala Lumpur en étant malaise. Elle s'est lancée dans un parcours du combattant, reprends des études, bosse à côté et je ne sais plus. Inutile de lui demander si elle va au Grand Prix, ce n’est pas dans ses priorités je pense.
Le lendemain à 8h je suis sur le pied de guerre pour prendre le premier métro pour Sepang, coin paumé où se trouve aéroport et circuit. Ca serait trop bête d'être si prêt du but et d'échouer si proche du circuit juste car je veux faire la grasse matinée.
Première chose trouver le bon bus qui va à la station de métro. Deuxièmement me rendre compte que le comptoir qui vend les tickets de métro pour Sepang, avec toutes leurs belles publicités et leurs hôtesses ouvre à 8h15 alors que le premier métro est à 8h et j’attends, laissant passer tous ceux qui ont leur ticket depuis au moins la veille !! Troisièmement faire une petite heure de métro qui nous emmène à une navette qui nous dépose au circuit. Tout ça pour 15 euros aller retour. J'espère juste que le circuit n'est pas déjà rempli. Mais non ! Je rentre aussi facilement que si je rentrais dans un centre commercial, passant les stands de t-shirts Ferrari ou Mc Laren, un petit musée d'anciennes formules 1 et tout d'un coup, le bruit des moteurs qu'on règle me fait courir vers les abords du circuit. Il n'y a rien, juste des ingénieurs et des mécaniciens qui règlent les moteurs. Le reste des voitures étant en kit à côté. Difficile à croire que dans quelques dizaines de minutes les voitures vont s'élancer alors qu'elles sont en pièces détachées et les moteurs pas encore réglés. En tout cas le bruit est suffisant pour que le tout, même sans mouvement soit impressionnant.

Je fais un tour pour voir le circuit en attendant, quand soudain dans les paddocks le bruit d'un moteur qui accélère et qui s'éloigne nous surprend. Cette voiture ne va pas partir seule. Alors je fais demi-tour et cours voir ce que j'attendais de voir… Les Formules 1 qui s'élancent pour quelques tours de circuit.

